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Piratage de BD en France : BDz répond à BDZ Mag
Berger, Bergère...
Par Mathias Daval, le vendredi 17 février 2012 à 17:13:06 - 1 commentaire
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Voilà deux semaines, ActuaLitté se faisait l'écho d'une contre-étude menée par BDZ Mag, qui contestait passablement celle menée par le MOTif, sur l'état du piratage de la BD de nos jours. Le contre-journal se faisait fort de démontrer que l'étude du MOTif comportait des lacunes ou des erreurs, attaquant directement son auteur, Mathias Daval.
Dans un droit de réponse, ce dernier a tenu à éclaircir non seulement sa position, mais surtout mettre quelques petites choses au clair.
Le MOTif est un observatoire qui a vocation à produire des études utiles aux professionnels du livre. Nous n'apprendrons peut-être que peu de choses aux “spécialistes” du piratage, mais, avec nos études “EbookZ” et “BDZ”, notre ambition est de fournir des éléments d'information aux professionnels du livre, de façon neutre et documentée, pour prendre la mesure du piratage (et notre conclusion précisément, est que le piratage de livre n'est pas aujourd'hui du même ordre que celui de la musique ou des films, même si la BD est tout de même particulièrement concernée).

Votre approche et la nôtre sont différentes, mais force est de constater que nous parvenons aux mêmes estimations chiffrées.
En accord avec le MOTif, nous avons depuis le début de nos travaux sur le piratage appelé publiquement, notamment sur les forums spécialisés, à participer à ces travaux sous forme de commentaires, apports critiques, etc. Votre réaction est ainsi pour nous intéressante. On peut même dire que vous avez fourni une analyse réellement détaillée et à ce titre elle mérite quelques remarques. Une précision importante pour commencer : ce que vous avez lu n'est que le résumé de l'étude complète qui sortira mi-mars et qui, dans certains cas, pourra éclaircir vos interrogations, notamment sur le référencement Google de l'offre pirate, et aussi sur l'avis des professionnels — et tout particulièrement des auteurs, que vous prétendez défendre.
- Vous suggérez que nous décrivons les teams comme une "mafia organisée"
C'est faux, nous montrons au contraire qu'il s'agit d'abord d'équipes de passionnés, qui n'ont pas d'intérêt mercantile. Tout le contraire d'une mafia. Qu'elles soient organisées et suivent, pour la plupart, des process précis de numérisation et diffusion, vous ne pourrez pas dire le contraire.
- « Je dirais qu'il y a dans cette étude une volonté sournoise de démontrer aux auteurs de BD qu'ils sont victimes de méchants pirates (...) »
Vous trouverez dans l'étude complète des extraits d'entretiens menés auprès de différents professionnels. Les auteurs sont tout à fait conscients du phénomène et en tirent leurs propres conclusions concernant leurs relations avec leurs éditeurs. Béhé, Olivier Jouvray, Trondheim ou Wandrille, pour ne citer que 4 exemples différents, ne témoignent en aucune façon d'auteurs effarouchés par le piratage mais ont un avis à faire entendre. Les éditeurs aussi sont pragmatiques.
- Le nombre de teams ?
Notre propos sur le nombre de teams n'est pas le fruit d'une supposition gratuite. Certaines sont en sommeil, parfois relatif, mais le nombre de teams de BD est très largement supérieur à celui des teams de livres, et contrairement à ce que vous affirmez, nous incluons le manga. Cela rejoint votre remarque concernant le streaming : nous soulignons dès le début que nous parlons de mangas lorsque nous parlons de streaming.
- Qui est l'« internaute moyennement averti » ?
Tout dépend de la définition que l'on donne à "averti". Toutefois, il est exagéré d'affirmer que les fichiers torrent soient réservés aux internautes aguerris. Notre objectif en définissant ce critère était surtout d'exclure l'IRC, les newsgroups et les FTP privés qui, eux, sont réellement quasiment inaccessibles à des internautes lambdas.
- "Quelles compétences a l'auteur de l'étude pour juger de la qualité d'un fichier" ?
Il ne s'agit pas ici de parler de compétences : notre classement de la qualité des fichiers, tel qu'il est détaillé de façon identique depuis l'étude « EbookZ 1 » de 2009, est une méthode, cohérente, de noter les fichiers afin d'évaluer le confort de lecture et le rapport au texte/fichier originel.
- L'estimation de l'offre que vous avancez est similaire à la nôtre.
40 000 BD pour nous et 45 500 scans selon vous (mais si l'on en soustrait les 3 700 magazines que nous avons nous-mêmes exclus, nous tombons d'accord sur l'évaluation chiffrée — qui porte uniquement sur l'offre, et non pas sur les livres téléchargés). Vous répartissez cette offre globalement entre 20 300 BD franco-belges, 10 200 comics et 8 200 mangas, alors que notre estimation est respectivement de 24 000, 8 000 et 8 000. S'il est très difficile de donner une estimation exacte, il est possible de tenter une approximation réaliste. Vous la confirmez ainsi.
Nous n'avions pas évalué le nombre de BD pirates entre 2 000 et 3 000 dans notre première étude comme vous le prétendez, mais parlions, en 2009, de 3 000 à 4 500. Nous ne passons pas de ces quelques milliers à 40 000 scans (“ils s'aperçoivent qu'il y a en réalité près de 40 00 scans”) : nous prenons le soin de préciser que nous avons filtré les liens morts, le P2P insuffisamment partagé, etc.
- "On voit ressortir l'argument qu'un téléchargement égale une vente perdue"
Il n'est à aucun moment question de ceci dans notre étude. Nous invitons les lecteurs à aller vérifier d'eux-mêmes sur www.lemotif.fr où toutes les études sont disponibles.
Mathias Daval pour le MOTif
Par Mathias Daval, le vendredi 17 février 2012 à 17:13:06 - 1 commentaire
Mots clés :
piratage -
bande dessinée -
France -
livre numérique
Publié par bdzmag
Il a raté sa vocation le Mathias c est politique qu'il aurait du faire.......
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