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Visiteurs d'Angoulême : mieux vaut compter les bulles du Festival
clic !
Par Nicolas Gary, le mardi 14 février 2012 à 11:45:14 - 3 commentaires
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Spiegelman, quelques bulles bien blanches et surtout, une fréquentation en hausse, tout cela est bel et bon. Évidemment, le Festival international de la BD à Angoulême réunit les passionnés et les amateurs, mais maintenant que la trêve des confiseurs est levée, il serait bon de se poser les questions éternelles.
Eternelles, car sans réponses. 9e Art+, la société qui organise le Festival, contactée par les soins de ActuaLitté, estime manifestement peu utile de nous répondre, alors il ne restera que les faits pour comprendre un peu la situation du Festival.
Car en fin de manifestation, ce qui importe à la presse, c'est d'avoir des chiffres. Or, ces chiffres de fréquentation, depuis des années, ils sont lancés, sans vraiment que l'on sache dans quelles conditions ils sont comptabilisés. La réponse est assez simple, et tient en une photo, prise au débotté par les soins de la rédaction.
Stupéfiant, non ? On comptabilise non pas les entrées, mais les sorties, à l'aide d'un appareil qui semble sorti de l'exposition internationale de 1889. Tout porte à croire qu'Eiffel lui-même a pu recourir à cet appareil. Mais ce qui est étonnant, c'est qu'en effet, on ne compte que ceux qui sortent : exposants, visiteurs, ou autres, un clic et tout roule.
Or, Angoulême, ce sont avant tout des financements publics, qui viennent en soutien aux organisateurs, qui chaque année crient au loup, et menacent de ne pas pouvoir réaliser le Festival, si l'on ne leur apporte pas une aide financière substantielle... Ce qui a l'occasion de provuqer de petites frictions avec les élus et les autorités régionales, comme le souligne très bien La Charente Libre.
1+1 = ?
Inutile de revenir dans le détail des montages de sociétés dirigées par le grand patron de Neuvième Art + et de son autre société Partnership consulting, elles sont très bien détaillées dans l'article de nos confrères. Mais ce qui retiendra l'attention du journaliste vigilant, c'est cette déclaration assez sidérante : « J'en ai assez de tout ça. Tous les comptes sont à disposition des financeurs s'ils le désirent. Je n'ai rien à cacher et si le festival était une mine d'or, ça se saurait. L'an dernier, si l'État n'avait pas été là, l'événement n'était plus là ! » Cela date du printemps 2011, et on doit ce cri de colère à Franck Bondoux.
Pas banal, comme cri d'alerte. Surtout que, si l'on se fie aux propos dudit Franck Bondoux, la fréquentation est en hausse,a vec cette année 2150.000 visiteurs - tout en soulignant qu'aucun vrai moyen de contrôle n'est mis en place, rapporte ActuaBD.
La chose est amusante : le festival annonçait l'an passé plus de 200.000 visiteurs, mais entre-temps, les finances n'ont pas évolué... Alors, allons-y pour un simple exercice de calcul mental : lorsque Jean-Marc Thevenet était en poste à la direction du Festival, les chiffres donnés étaient également de 200.000 visiteurs, et à l'époque, on annonçait déjà 25.000 entrées payantes, et 40.000 dont la provenance était assez floue. Voire, comme on le dit si bien « sans qu'aucun vrai moyen de contrôle ne soit mis en place ».
Fort bien.
Mais donc, cette année, Angoulême affiche 215.000 visiteurs, et pour leur donner le bénéfice du doute, mettons même 220.000 puisque le chiffre devait être officialisé.
- 220 000 x 15 euros (entrée payante) = 3,3 millions €, a priori
Or, si l'on ajoute en vrac
- 1 500 000 euros de sponsors
- 1 000 000 euros de subventions
- 1 500 000 de vente de stands
on arrive à une addition de 7,3 millions de chiffre d'affaires, pour un budget qui serait moitié moindre. Ou presque (3,5 millions € pour le Festival). D'où la question que l'on se posera légitimement : d'abord, comment annoncer 210, 215 ou 220.000 visiteurs, en assurant que l'on ne contrôle pas réellement la fréquentation ?
Et corollaire : si 210, 215 ou 220.000 visiteurs sont réellement venus, alors comment se fait-il que l'on clame haut et fort que sans les subventions publiques, le Festival n'aurait-il pas pu avoir lieu ?
Que t'en semble, lecteur ?
Par Nicolas Gary, le mardi 14 février 2012 à 11:45:14 - 3 commentaires
Mots clés :
Angoulême -
Festival de la BD -
fréquentation -
visiteurs
Publié par Bédénaute
Et encore, vous n'avez pas bien vu car les agents postés à l'entrée des bulles comptent les sorties, en effet, mais aussi les entrées !! N'oublions pas qu'un seul visiteur put aller et venir dans une même bulle (et donc être compté plusieurs fois) mais aussi parcourir l'ensemble des autres bulles dans les mêmes conditions.
Publié par public
Les contradictions que vous évoquez sur les chiffres sont très parlantes.
Mais vos chiffres sur les autres sources de financement sont faux:
- les sponsors ne représenteraient que 450.000€ environ, selon la version papier de l'article de Charente Libre cité;
- en revanche, les subventions représentent bien plus qu'un million d'euros: c'est à plus de deux millions d'euros que se monte l'addition pour le contribuable;
- les locations de stands représenteraient 450.000€;
- la même source annonce une billetterie à hauteur de 450.000€, soit plus proche de 30.000 visiteurs payants (selon votre raisonnable moyenne de 15€ par entrée).
Donc, nous avons deux solutions:
- soit le chiffre de 220.000 visiteurs est juste et alors 190.000 visiteurs ont payé en liquide, lequel s'est littéralement "évaporé" des comptes, mais alors à qui a profité cette "évaporation"? sous quelle forme (des valises?);
- soit il faut s'appuyer sur la billetterie et alors on ajoute quelques entrées gratuites (350 journalistes, quelques centaines d'auteurs et éditeurs, quelques enfants de moins de sept ans) pour arriver à un total d'environ... 50.000 visiteurs?
Dans les deux cas, on réclame des subventions, donc l'argent du contribuable en s'appuyant sur un mensonge. Je vous laisse trouver le mot qui définit le mieux cette pratique.
Publié par Moggio
Merci pour votre article. À partir du moment où le contribuable est obligé de financer une partie plus ou moins importante de la tenue d'un événement (sans, d'ailleurs, nécessairement le fréquenter...), il faut douter plus qu'à l'accoutumée de la fiabilité de tout chiffre justificatif publié par la ou les collectivités publiques qui se trouvent derrière. Et la plupart des cabinets d'études qui produisent ce genre de chiffres sont recrutés par cette ou ces collectivités (toujours avec l'argent du contribuable) pour dire à qui commande l'étude ce qu'il veut entendre (et c'est bien sûr aussi dans l'intérêt de ces cabinets de le faire).
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