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Jeunesse : Étudiants et jeunes diplômés priés de banquer à Montreuil
Payer plus pour travailler plus
Par Nicolas Gary, le mardi 25 octobre 2011 à 10:49:47 - 9 commentaires
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Dans 36 jours s'ouvrira le Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis, plus connu sous le petit nom de Salon de Montreuil. L'occasion de découvrir toute la production jeunesse existante, et pour les auteurs, de venir à la rencontre des éditeurs. Oui, mais...
Pour cette édition, un espace et un pass 'Jeune Talent' ont été mis en place, dans des conditions qui font hurler de colère plusieurs auteurs. C'est qu'en effet, deux formules sont proposées :
Pass « Jeune Talent "
Pour présenter son book à des directeurs artistiques (3 rendez-vous maximum).
Mercredi 30 novembre, jeudi 1er, vendredi 2 et lundi 5 décembre.
Frais de dossier : 10 euros
Pass « Jeune Talent Plus »
Ce pass comprend l'inscription aux rencontres DA aux dates ci-dessus
+ 1 worshop conduit par un illustrateur confirmé ou 1 work in progress, pour partager l'expérience d'un artiste ou d'un éditeur inscrit dans la profession.
Samedi 3 et dimanche 4 décembre.
Frais d'inscription : 30 euros (voir l'intitulé)
Au choix donc, 10 € ou 30 € pour venir présenter son travail, l'un présentant des frais de dossier, l'autre des frais d'inscription, comme le note justement ActuaBD. De quoi effectivement faire scandale, et pas simplement pour les tarifs pratiqués. Quid des auteurs 'Pas Jeunes Talents' dans ce cas de figure ?
De qui se moque-t-on ?
Contacté par ActuaLitté, un scénariste nous précise que l'on marche sur la tête. « Alors que les auteurs sont dans une situation financière exécrable, voilà que maintenant, ils doivent raquer pour tenter de bouffer ? Mais on se fout de la gueule de qui ? »
En matière de journée professionnelle, seuls les bibliothécaires, enseignants ou documentalistes profiteraient d'une situation confortable ? Personne ne remet en question leur importance pour la découverte ou la prescription d'ouvrages, mais quid, une fois de plus, des auteurs ?
D'autant plus, nous signale-t-on que les noms de personnes qui doivent assurer ces rendez-vous sont soigneusement secrets.
L'autre pan du scandale provient de cette note : « Pour favoriser ces rencontres, le nouvel espace "Jeunes talents " propose deux formules de participation destinées aux étudiants en École d'art et jeunes illustrateurs diplômés depuis 3 ans maximum. » Ceux qui ne rentrent pas dans les critères auront à contacter le Salon pour de plus amples informations.
Chose que nous avons faite, en contactant le Salon. Pour le moment, personne ne souhaite répondre, mais une communication officielle, détaillant cette initiative, devrait intervenir sous peu, nous assure l'organisation.
Attente, attente, attente...
Mise à jour :
Une réponse a été apportée par l'organisation.
Mise à jour 2
Retournement de situation :
il aura fallu moins de 24 heures pour que les organisateurs décident finalement de faire machine arrière. Les commentaires sur Facebook auront eu raison d'une méthode franchement peu appréciable.
Et en attendant, il reste toujours la Grande Défriche...

Par Nicolas Gary, le mardi 25 octobre 2011 à 10:49:47 - 9 commentaires
Mots clés :
Montreuil -
salon jeunesse -
auteurs -
rencontre
Publié par Le PiXX
en réponse à Tazzio Paris
Courage ?
Chevrotine, ouais !
Publié par Tanxxx
la réponse "officielle" du salon sur leur facebook (à ce jour, pas de réponse par email)
"Quelques précisions concernant le nouveau pass jeune talent :
Les rencontres entre illustrateurs et directeurs artistiques ont été
imaginées pour profiter de la présence sur le Salon de très nombreux
directeurs artistiques et d'illustrateurs encore plus nombreux. Organiser ces
rencontres n'est pas chose facile : l'espace est contraint, le temps
également, sans parler des moyens financiers. Aucun organisme public ou privé
n'a pour mission de soutenir cette initiative, qui n'est pas un forum pour
l'emploi mais un lieu de rencontre entre professionnels. Si cette rencontre
peut dans le meilleur des cas déboucher sur des engagements, des commandes,
nous avons constaté qu'elle est surtout appréciée des jeunes illustrateurs
pour les conseils reçus des directeurs artistiques.
D'où l'idée de mieux recevoir ces jeunes, tenter d'être plus utile,
plus précis dans les propositions qui leur sont faites, notamment pour ceux qui
sont fraîchement diplômés. Le pass « jeune talent » répond à cet
objectif.
À tort ou à raison nous avons estimé nécessaire de mettre en place des
services supplémentaires auxquels correspondent les frais de dossier contestés
: pour répondre aux critiques que nous avons reçues sur l'encombrement des
rencontres, un accueil digne de ce nom dans un espace convivial sera proposé
où chacun pourra patienter tranquillement, consulter des revues
professionnelles et des publications, se voir offrir un café. En contrepartie,
une demande inscription ferme avec une participation aux frais de 10€ est
demandée. Les sommes sont minimes, leur nombre fait qu'elles rendent
possibles les améliorations souhaitables. Quant aux ateliers et workshop, ils
ont été spécialement conçus dans l'intention de compléter la formation de
jeunes illustrateurs, dans la suite des modules développés depuis l'an
dernier dans d'autres domaines et qui s'apparentent à des formations
professionnelles.
En espérant que ces éléments vous permettront de voir dans quel esprit nous
avons mis en place cette évolution, et restant à votre écoute, recevez,
Madame, Monsieur, nos meilleures salutations.
L'équipe du Salon"
Publié par HerbeDeProvence
Normal et logique, c'est la loi de l'offre et la demande. Il y a beaucoup plus d'offres de dessinateurs BD que de lecteurs, donc...
Publié par Ftisy
HerbeDeProvence : Normal de faire payer des gens qui cherchent un emplois s'ils veulent en trouver un ? Et bien... Vous aimeriez payer le patron chez qui vous déposez un CV, vous ?
Qui plus est, c'est faux, il n'y a pas plus d'auteur que de lecteurs, dieu merci, puisque pour commencer, tous les auteurs sont AUSSI lecteurs. Ajouté à ça les lecteurs non auteurs, et le compte est aisé.
La loi de l'offre et la demande, c'est déjà de payer moins cher les illustrateurs puisque ils sont nombreux, donc pas difficile à trouver. C'est déjà assez handicapant comme ça. On va pas rajouter 36 tares à ceux qui dessinent sous prétexte qu'ils font un métier intéressant. Que je sache, faire médecin c'est pas chiant, yen a beaucoup et c'est quand même bien payé.
Donc moi en ce qui me concerne, je tiens à adresser mon sincère mépris à ceux qui font payer des gens pour des rencontres avec des éditeurs. Ya des tas d'autres salons qui arrivent très bien à se passer du financement des illustrateurs sans argents, preuve que ce n'est pas impossible.
On se fout de nous.
Publié par tannie
Je suis tombé sur l'article par pur hasard et j'ai vraiment un peu de mal à comprendre le problème.
Je n'ai absolument aucun mal à concevoir qu'un festival puisse être gratuit pour de jeunes créateurs: cela ne me semble être ni un scandale ni une mauvaise chose. Et je conçois sans problème que pour de jeunes créateurs multiplier les apparitions à 10 ou 30 € euros chacune puisse être un handicap.
Ce dont j'ai plus de mal à comprendre c'est pourquoi CE festival devrait donner la gratuité aux jeunes créateurs. Où est le scandale à faire payer ceux qui utilisent la notoriété d'un festival ? il me semble que c'est monnaie courante et c'est un principe qui amène les exposant et le public à se rencontrer (tout deux payent pour l'exposition). Par ailleurs l'organisateur à des frais qu'il ne souhaite pas supporter. Qu'il soit gentil ou méchant est vraiment sans intérêt: c'est son choix. Peut être faut-il prévoir un ou des festivals spécialisés pour les jeunes créateurs mais c'est un autre débat.
Il est d'ailleurs presque TOUJOURS nécessaire de payer pour montrer son travail (allez vous renseigner sur les conditions d'exposition place du Tertre: vous pourriez avoir des surprises ... il y a-t-il un coût associée à une galerie ? frais de location, personnel, ...). Dans nos sociétés il existe de très important coûts et il faut bien se poser la question de comment et à qui les refacturer et il ne me semble pas que refacturer les coûts à ceux qui utilisent ces services soit un scandale.
Je conçois que mon point de vue va paraitre peut être décalé par rapport à ce qui s'exprime ici dans ces colonnes mais la véritable question que nous serons aménés à nous poser collectivement est de savoir quelles sont les activités que nous souhaiterons subventionner (la santé ? la retraite ? le chomage ? les jeunes créateurs de Montreuil et d'ailleurs ? le développement durable ?) et quelle sont celles qui devront trouver leur propres financement (les loisirs ? la culture ? l'art ?).
Dernier point, il n'est effectivement pas nécessaire de payer pour bouffer par contre il faut souvent avancer des frais avant de conclure une affaire, qu'elle soit commerciale ou artistique d'ailleurs. Mais cela c'est la réalité: pas un scandale ...
Lorsque je suis arrivé en France dans les années 60, il existait encore des bidonville au nord de Paris et il y avait encore des gens qui avaient FAIM. Maintenant si j'ai bien compris le scandale c'est que cette exposition ne soit pas gratuite pour les jeunes créateurs. Le retour de baton prévisible dans nos sociétés matérialisée par la crise actuelle risque d'être terrible si on n'arrive pas à se fixer des priorités crédibles et acceptables par tous (pas sûr que le chomeur en fin de droit ou que le rmiste soit sensible à ce scandale ...).
Publié par Ftisy
en réponse à tannie
M'est avis, étrangement, que vous ne travaillez pas vraiment dans le monde de l'illustration.
Je vais donc vous expliquer le scandale : les illustrateurs payent déjà suffisamment pour trouver un emploi. Comment ? Et bien déjà, en faisant imprimer leur book, CV et lettre de motivation. Généralement, il laisse le tout à l'éditeur, il doit donc imprimer ça en plusieurs exemplaires. Et comme il va voir un maximum d'éditeurs et de boîtes, les frais montent vite. D'autant qu'un simple papier blanc avec des écritures noires pour le domaine de l'art, c'est moyennement apprécié. Faut barioler un peu le tout. Donc ? Ben les frais d'impressions s'envolent. L'année dernière, pour trouver un stage, j'ai claqué 45€ en frais d'impression. Et j'ai envoyé que 30 CV/book/lettre de motiv.
Ensuite, le transport. Les salons étant disséminé ici et là en France, on en fait le tour un maximum, et le train, c'est cher.
Le tout pour finalement -peut-être- trouver un travail qui ne sera sûrement pas un CDI (adieu le confort du contrat qui peut éventuellement permettre de faire un emprunt à la banque) et pour ne recevoir un pourcentage dérisoire sur son travail (les illustrateurs touchent 3 à 5% sur un de leur livre vendu, le reste va aux éditeurs, imprimeurs & libraires).
Alors vous faites le rapport avec les chômeurs, mais à ce que je sache, on ne leur fait pas payer un entretient d'embauche, à eux, si ?
Enfin, il n'a été précisé, ici, nulle part que les éditeurs devaient payer aussi. On parlait de faire payer les illustrateurs pour rencontrer les éditeurs. Et le paiement était justifié par quelque chose de bien nébuleux… On nous offrait le café. 10 euros le café ? Ca fait cher.
Alors bon, le coup du "oui ya pire, regardez les chômeurs et les rmistes", je peux le faire aussi. On peut toujours faire pire. A celui à qui on a baissé le salaire, on dira "oui, mais t'es pas chômeur", à celui qui devient chômeur on dira "oui, mais t'es pas rmiste", au chômeur devenu rmiste on dira "oui, mais t'es encore payé à rien foutre : les somaliens ils ont rien à manger", à celui qui meure de faim en France on dira "oui mais t'es pas sous une dictature" et à celui à qui on a retiré tous les droits, on dira "oui, mais le pays est en paix".
Et c'est comme ça qu'on laisse passer toutes les injustices qui vont servir une poignée de personnes qui se roulent dans leur oisiveté en écrasant nos droits. Personnellement, je trouve anormal de faire une échelle de valeur entre les causes de lutte. C'est bas. Il y a mille raisons de protester aujourd'hui et toutes sont valables tant que c'est pour faire valoir nos droits. Que vous ne vouliez pas vous mouiller là-dedans est une chose, que vous montriez de la condescendance envers ceux qui se battent, c'est petit.
Quant à votre retour de bâton, je rappelle que la crise a été générée par ces puissants qui possèdent tout et qui ont joué trop longtemps avec le feu de l'économie mondiale. Si retour de bâton il doit y avoir, c'est contre eux et pas contre nous. Et si on subit le contrecoup de leur bêtise, ça n'est certainement pas normal, et il faut là aussi, plutôt que de banaliser la chose comme vous le faite, s'insurger d'une "punition" qu'aucun "gens du peuple" n'a mérité ici.
Publié par marie
pognon pognon pognon
je rappelle en passant que 30euros quand t jeune celibat et fauche c est une semaine de bouffe, ceci ne concerne evidem pas les orga du salon... quand on connait le prix des fournitures de dessin on se dit qu ils ne vivent vraiment pas dans le meme monde.
Publié par tannie
Cher Fitsy,
Tout d'abord je tiens à m'excuser si j'ai pu paraitre condescendant ou blesser. Ce n'était pas mon intention, j'ai un petit côté professeur Nimbus et j'analyse souvent à froid (hors empathie). Effectivement je ne connais pas le monde de l'édition et les coûts importants qui peuvent être associés. L'ignorance est quelque fois mauvaise conseillère ...
Le seul point que je tenais à souligner c'est qu'à mon humble avis ce n'est pas un scandale que de refacturer les coûts d'une manifestation sur ceux qui l'organisent, qui sont exposants ou sur les visiteurs.
Si j'ai évoqué d'autres souffrance plus grandes ce n'était pas pour me moquer des problèmes évoqués mais pour les relativiser. Il est bien évident que l'on ne doit pas opposer des difficultés à des souffrances rélles mais personnellement il me semble tout aussi évident qu'il faut hiérarchiser les "injustices" et non toutes les traiter en bloc comme étant de même niveau ou nature. Hiérarchiser et choisir ce n'est pas renoncer, c'est simplement être conscient des limites liées aux ressources dont on peut disposer et je ne connais aucune personne, ni aucun organisme qui ne soient limitées par les ressources dont elles disposent.
Etes-vous réellement persuadé devant l'état du monde (passé et à venir) que ce que vous décrivez à savoir la non-gratuité pour les jeunes créateurs est une "injustice" ? C'est peut être un peu "déguelasse" comme on dit familièrement mais rapporté à une autre échelle de temps et d'espace et bien cela peut paraitre très "mesquin" (mais cela reste une opinion personnelle d'une personne ne connaissant pas le monde de 'édition).
Quant à ceux qui "roulent dans leur oisiveté" ou aux ""puissants qui possèdent tout et qui ont trop longtemps avec le feu", je ne suis pas persuadé qu'ils aient le moindre rapport avec les faits évoqués (ni même qu'ils connaissent cette exposition) ... à voir si cette évocation n'est pas un petit peu "romancée" voire même une pure figure de style destinée à donner de la substance au "scandale" ...
Pour ce qui est du retour de baton que j'évoquais: la réalité est cruelle ... pas le liberalisme, le socialisme ou le tacha tacha tacha, non la simple réalité fait que c'est malheureusement TOUJOURS ceux qui en ont le plus besoin qui souffrent lorsque la société tombe en carafe. Il ne faut pas confondre la volonté de punir ceux que l'on souhaite dégrader (comme les nobles dont les têtes ont valsés sous la Terreur) et la résolution des problèmes qui elle est infinement plus complexe.
Mais n'étant pas directement concerné je pense en rester là: nous verrons bien les solutions concrétes apportées par la vainqueur des primaires (je suis persuadé qu'il sera élu). Et je vous souhaite bonne chance pour la suite (et honnêtement car je n'ai aucun interêt à votre échec, même si je ne partage pas votre point de vue).
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