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Salon du livre de Paris 2010 : les indépendants dans un flou contradictoire
Culture, oui, mais uniquement sous contrôle ?
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Vaste sujet, qui avait dans nos colonnes suscité l'indignation de l'association L'autre livre, laquelle n'a pas hésité à parler de « censure économique » contre les éditeurs indépendants.
Une belle plaquette, mais moins que la confusion ambiante
Contactée par la rédaction de ActuaLitté, Valérie Millet des Éditions du Sonneur est revenue sur cette fameuse réunion, apportant de nombreux détails sur la situation. « Nous sommes, et moi la première, sortis abasourdis de cette réunion. » Belle introduction... Tout commença donc avec la plaquette reçue en août - « très belle au demeurant », nous précise-t-elle, cela a son importance - présentant les tarifs. Et la contradiction immédiate lorsque M. Morisset présenta lundi de nouveaux prix, concernant le stand Trampoline. Ce dernier est réservé aux éditeurs indépendants, qui réalisent un chiffre d'affaires inférieur à 500.00 €. « Un seuil énorme : nombre d'éditeurs indépendants réalisent moins de 100.000 €. Fixer la barre aussi haut ouvre l'accès à cet espace à un nombre très élevé d'éditeurs », commente Mme Millet. Et perdre l'aspect préférentiel pour beaucoup d'autres.
Primo arrivant, la nouvelle donne de 2010
Concrètement, un éditeur présent en 2009 payait 2000 € HT les 9 m² de cet espace, pour les 6 jours du Salon. De fait, durant la présentation, les éditeurs se seront entendu dire que pour 2009 ils avaient payé 2200 € HT. Les prix de l'édition 2009 avaient donc été augmentés, et se trouvaient donc être faux. Le tout, pour mieux faire passer la pilule.
Mais ce qui était particulièrement intéressant, ce fut cette notion toute nouvelle et créée spécialement pour l'occasion, celle de primo arrivant.
« Cela signifie que l'on ne peut bénéficier de ce tarif que pour sa première inscription au Salon. On estime sans doute que l'année suivante, vous avez réalisé un chiffre d'affaires bien plus important, qui vous ouvre l'accès à un stand classique. » 2200 € donc ? Oui, mais ce ne serait qu'un tarif temporaire, ajoute M. Morisset. Alors, pourquoi faire une aussi jolie tablette de présentation dans ce cas ? (Nous en présenterons une copie prochainement)
Des tarifs qui doublent bien
Selon les calculs du Sonneur, présent donc l'an passé sur le stand Trampoline, le coût de revient pour cette édition 2010 serait alors de 4000/4500 €. On tombe bien sur des tarifs qui doublent d'une année sur l'autre. « C'est véritablement absurde, et quand on demande pourquoi une telle hausse, les réponses données sont d'un flou étonnant. Ce n'est pas un problème financier dans un premier temps, puis peu après ça le devient... On nous explique qu'il s'agit de mettre fin aux négociations que les éditeurs avaient avec les organisateurs... mais je n'ai jamais entendu parler de possibilités de négocier la surface ou le tarif. La seule chose dont on peut se dispenser, ce sont les meubles mis à disposition. »

Mais uniquement pour le stand Trampoline ?
Autre question tout aussi passionnante : est-ce que cette hausse cible uniquement le stand Trampoline ? Les autres espaces augmentent-ils leurs tarifs ? Silence. « Dans ce contexte, oui, la “censure économique” est effet une analyse juste », déplore Mme Millet. Ou alors, est-ce un moyen d'amorcer le départ au Grand palais en 2013, annoncé par Serges Eyrolles ? Point du tout non plus, répond-on.
Pour parler d'argent un peu plus, 4500 € HT, cela représente un CA journalier de 750 € à réaliser, simplement pour amortir le stand. Un chiffre particulièrement difficile à atteindre sans auteurs qui occupent les têtes de gondoles. « L'importance du Salon du livre est pourtant énorme pour nous : l'an passé, nous avons pu rencontrer des libraires, des journalistes. S'en couper, c'est perdre des relations que l'on tisse justement dans ce contexte. »
Regroupez-vous, on vous aura mieux à l'oeil...
Seule alternative, comme nous le précisions : contacter les régions, pour profiter de leur espace. « Évidemment, c'est facile. Mais d'une part, pour la région Île-de-France, cela relève de l'impossible, étant donné le nombre d'éditeurs. D'autre part, pour nous, c'est se noyer dans un stand plus vaste et perdre notre possibilité d'exister réellement. On ne fait plus valoir aucune individualité dans un tel cadre, même s'il peut s'avérer très commode. »
Pour clore la réunion, M. Morisset a proposé aux éditeurs présents de réfléchir aux possibilités de regroupement et de stands collectifs. « Mais de notre point de vue, c'est plutôt une négociation sur les tarifs qu'il faut arriver à obtenir. Les regroupements, c'est aussi un bon moyen de mettre l'édition indépendante sous contrôle, dans un coin, pour mieux la surveiller. »
Selon certaines sources, une nouvelle réunion serait prévue pour dans un mois. Mais au Sonneur, on n'en a pas du tout entendu parler. « La seule chose qui ressort de cette réunion, de toute manière, c'est un flou informe et contradictoire... »
Par Nicolas G, le vendredi 11 septembre 2009 à 16:24:35 - 1 commentaire
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Publié par Serge D. Kouam
C'est bien 500,000 ? et non pas 500,00? dans l'article!
A ce rythme tarifaire, on comprend mieux pourquoi l'Afrique francophone sera toujours absente. Le poids éditorial est certes faible en Afrique mais le peu de titres paraissant a besoin d'être vus et lus. La coopération culturelle franco-africaine a -t-elle un contenu? Il faut se plier en quatre tous les cinq ans pour assurer une présence africaine moyennant AIDE. je pense cet aveu de cupidité desserre tant la cause culturelle française que francophone.
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