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Le Mystère Poe, ou comment j'ai croisé un corbeau...
Entre candélabres et bougies vacillantes, l'histoire s'écoule
Par Nicolas Gary, le lundi 06 février 2012 à 14:28:45 - 0 commentaire
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Ils sont deux comédiens à occuper une petite scène, à la lumière de multiples bougies. Des livres anciens éparpillés tout autour d'eux, et un bureau lui-même recouvert de livres et de papier. Sur les candélabres, la cire coule, et le duo va nous plonger dans la vie de Poe.
Une vie telle qu'on la connaît, ou plutôt telle qu'elle apparaît, effrayante et miséreuse. Entre les lettres échangées avec son père adoptif, l'élaboration de sa poétique, les mal-être et malaises du jeune créateur, ou encore ses mensonges biographiques... C'est un peu de Poe, et tout Poe qui est présenté au spectateur.

Sur scène, les deux hommes vont s'emparer de l'oeuvre, des personnages, de l'auteur, pour raconter sa vie, mais pas dans une démarche classique. C'est au travers, notamment, du personnage de William Wilson, tiré de la nouvelle éponyme, que l'on plongera dans la dualité de Poe, mais également dans son approche du fantastique.
Avec l'ombre de Baudelaire, le traducteur, qui plane... Tout cela est bien sombre, souvent tragique. « Tu as vaincu, et je succombe. Mais dorénavant, tu es mort aussi, mort au Monde, au Ciel et à l'espérance. En moi tu existais, et vois dans ma mort, vois par cette image qui est la tienne, comme tu t'es radicalement assassiné toi-même. »
Découpée en séquences bien distinctes, cette pièce offre un triptyque ouvert sur l'homme et son oeuvre. Parfois, un débit de paroles trop rapide perd le spectateur, mais l'ambiance intimiste, tant dans la mise en scène de Paul Golub, que dans l'occupation scénique - ce grand moment de Guignol, pour le moins drolatique - rattrapent aisément les manques de la pièce.

Celle-ci fut écrite en 2002, et se destine avant tout à être jouée dans des espaces réduits, pour accentuer la présence du spectateur dans l'espace. Entre souvenirs arrangés et histoire épistolaire, c'est un Edgar complexe qui se dessine. C'est avant tout un spectacle bref - un peu plus d'une heure - que l'on découvre avec plaisir.
Prétentieux et Bobos s'abstenir : ici, on vient sans certitudes, pour mieux apprécier l'envol du Corbeau...
Théâtre de l'Atalante, jusqu'au 20 février.
Par Nicolas Gary, le lundi 06 février 2012 à 14:28:45 - 0 commentaire
Mots clés :
Mystère Poe -
théâtre -
biographie -
romancier
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