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Ebook : Apple devenu le meilleur soutien d'Amazon
Comment Steve Jobs, croyant s'en sortir et aider tout le monde, s'est finalement planté
Par Nicolas Gary, le vendredi 16 décembre 2011 à 13:23:44 - 2 commentaires
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Le prix des livres numériques est-il si haut outre-Atlantique à cause d'Apple ? C'est en regardant le prix de vente des livres papier et des ebooks, les prix de vente sont tout de même moins élevés dans le cadre du numérique. Mais alors que les éditeurs trouvent que ces prix bas dévaluent les ouvrages, ils sont parvenus à fixer et imposer un prix de vente.
La question est d'autant plus délicate, dans une période où les enquêtes portant sur des pratiques anticoncurrentielles pleuvent. D'un côté, Bruxelles a déclenché les hostilités, mettant en cause plusieurs éditeurs internationaux, de l'autre, une enquête est ouverte outre-Atlantique, sur les mêmes principes. Avec toujours en dénominateur commun Apple...
Contrer Amazon, pour un commerce sain
C'est que, comme on peut le découvrir dans la biographie à succès de Steve Jobs, c'est à Apple que l'on doit la hausse des prix pour les livres numériques. En se lançant dans le livre numérique, Apple a en effet mis en place une politique simple : rehausser de 30 % le prix de vente, attendu que les éditeurs qui vendront dans l'iBookstore - l'application librairie de l'iPad - seront ponctionnés de ces fameux 30 %.
Une décision qui ferait augmenter le prix de vente des livres numériques, évidemment, mais permettrait en contrepartie d'imposer ce prix à tous les revendeurs. Dont Amazon, qui commençait à faire très peur aux groupes, avec sa politique tarifaire particulièrement agressive - qui faisait pourtant le plus grand bonheur des clients.

Aujourd'hui, ActuaLitté a pu le souligner à plusieurs reprises, cet accord, appelé contrat d'agence, a permis de freiner les ardeurs du marchand de Seattle. Mais pour le ministère de la Justice américain, ce pourrait être une simple infraction aux règles sur la libre concurrence.
Les ventes baissent... mais pas partout
Amazon a fait état d'une croissance ralentie, depuis l'instauration de ces nouvelles règles commerciales. John Makinson, directeur exécutif chez Penguin Group fait de son côté valoir qu'en dépit des pertes constatées en volume de ventes, les marges ont augmenté. En parallèle, le cybermarchand a ce matin assuré que ses différents produits Kindle se vendaient depuis trois semaines à plus d'un million d'exemplaires chaque semaine.
Mais la situation devient schizophrénique pour les consommateurs étasuniens, qui n'ont jamais connu de prix unique du livre quand ils n'achetaient que des versions papier. Et de découvrir que désormais, les ebooks disposent d'une contrainte financière, sous la forme d'un prix unique, les déstabilise. Simplement parce qu'ils arrivent à trouver des ouvrages papier qui sont alors moins chers que leur homologue numérique. Dans le premier cas, le revendeur n'est tenu par aucune législation, et peut donc appliquer toutes les remises qu'il souhaite pour attirer le client.
Dans le second, c'est une contrainte qui s'exerce, puisque le prix de vente est imposé...
L'autoédition, à Steve Jobs, reconnaissante
Dans ce contexte, on constate également une forte augmentation du nombre d'ouvrages autoédités, dont les auteurs se régalent. Si les grands groupes fixent les prix de vente, et les imposent, à des niveaux élevés, ils profitent alors d'un boulevard qui s'offre à eux, pour trouver des lecteurs, et réaliser des ventes, plus nombreuses. Les clients se tournent en effet vers ces textes d'inconnus, pour échapper au prix de vente des ouvrages du circuit classique.
De plus en plus furieux d'être pris pour des vaches à lait, et confortés dans leur position par la communication d'Amazon, les clients désertent un peu la consommation d'auteurs classiques, pour se précipiter chez les autoédités. Mais qui, de toute manière, empoche le pactole ? C'est évidemment Amazon, qui propose un service de commercialisation pour ces auteurs indépendants. Et là, les grands groupes ne peuvent que regarder la manne leur filer entre les doigts.
Il faut ajouter que les résultats de la boutique iBookstore, chez Apple, ne sont guère reluisants. En octobre dernier, Apple comptabilisait entre 10 et 15 % du marché du livre numérique. Un certain échec, devant la chaîne Barnes & Noble, mais plus encore, face à Amazon. Apple avait annoncé quelque 180 millions d'ebooks téléchargés, depuis l'ouverture de l'iBookstore, mais ce chiffre ne correspondait en rien à un nombre de vente...
Sources :
Streets Insider
Daily Mail
Par Nicolas Gary, le vendredi 16 décembre 2011 à 13:23:44 - 2 commentaires
Mots clés :
Steve Jobs -
Apple -
Amazon -
livres numériques
Publié par Margot
J'ai grandi avec la loi Lang, je ne me posais pas de question. Mais en quoi la Loi Lang n'est pas une entente sur les prix de tous les éditeurs? Tous les livres sont autour de 20-22 euros.
Publié par yt75
Il serait quand même important de rappeler que ces histoires d'achats de publications ou oeuvres liés à certains appareils ou magasins en ligne ne sont en rien une fatalité, qu'autre chose serait possible, et qu'il ne s'agit même pas d'histoire de formats(--cf web--), mais avant tout de structure entre acteurs et du besoin d'une nouvelle fonction, un peu plus développé ci dessous :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/
Laisser deux ou trois monstres à approche « verticale » phagocyter le marché du contenu légal et payant quand quasiment TOUT est là pour qu'il en soit autrement est tout simplement ridicule.
Approche «verticale» (contenu lié à machine, fabriquant de machines, magasins en ligne, les deux ou autres), c'est à dire approche consistant à lier contenu et tuyaux (ou infrastructure technique en général terminaux y compris) qui était déjà celle d'un J2M par exemple. Avec tout ce que cela veut dire en termes de positions dominantes (propres règles de censure(apple), pourcentages obligés vis à vis des créateurs/éditeurs(apple, amazon), gg se positionnant sur le contenu payant et commencant à retirer les liens MU et autres des résultats de recherche, compte facebook obligatoire pour service spotify, etc, etc).
Et tout cela est en fait ancré dans une certaine niaiserie informatique, ou disons paroxysme du cordonnier toujours le plus mal
chaussé, consistant à croire que les choses pourraient fonctionner sans espaces de références partagés et ouverts du type codes barres
GS1, ou disons, comme si la problématique de l'identification (des oeuvres ou publications, pas des lecteurs ou auteurs), était
différente dans le domaine dit "numérique" par rapport au domaine dit "physique" alors que bien évidemment il n'en est rien, la
problématique étant strictement la même dans les deux cas. Après la question est de savoir si on laisse tout cela à deux ou trois
monstres ou pas, surtout. Mais aujourd'hui cela est vu comme une fatalité apparemment, sans doute le résultat entre autres de l'atroce
détournement du terme virtuel et compagnie, qui a vraiment fait des ravages ... (pourquoi ne pas en sortir ?)
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