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Libraire et ebook : Arrêtons de dévaloriser la lecture numérique
Petit coup d'oeil sur les angoisses existentielles des uns et des autres
Par Nicolas Gary, le samedi 19 mars 2011 à 10:50:01 - 6 commentaires
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« Vivre à notre époque », c'est en ces termes que Jérôme Dayre ouvre la conférence. Avec l'usage intensif d'internet, les clients fidèles d'une librairie et les points de vente physique ne sont plus des atouts majeurs. La présence sur le net est essentielle, mais les coûts de création d'un site élevé. De là l'origine du regroupement de libraires de l'est parisien, sous l'appellation Librest.
Pour Fnac, c'est la notion de service qui prime. Commander en ligne, c'est bien, mais pouvoir obtenir son livre ensuite en magasin est tout aussi important. « On a besoin de parler à quelqu'un », explique Mme Sangouard. Et Florent Argentier d'expliquer que dans le cas de la commande, le délai devient problématique, à l'exception des ouvrages anciens et rares, où le consommateur accepte de patienter.
De quoi introduire facilement la relation au livre numérique et son immédiateté d'achat. Certes en France, la proportion d'ebooks disponible augmente, mais pour Sangouard, « en France, on a un catalogue ridicule ». Petite nuance apportée par Denis Zwirn : « Nous ne sommes pas au paléolithique, ce serait péjoratif de dire cela. » Et de souligner que les éditeurs numérisent depuis deux ou trois ans maintenant, de manière à ce que le livre papier et le numérique puissent aujourd'hui sortir simultanément, sans peine. Une solution qui le rend d'ailleurs particulièrement optimiste.
Changer de rôle et de fonction
Certes, mais quid alors du métier même de libraire ? Le rôle est en plein changement. D'abord, parce que la prescription de livre s'accompagne de la recommandation d'un appareil de lecture. De là le choix de Fnac ou Chapitre de proposer directement un appareil lié à l'ebookstore. Mais si le livre ne nécessite pas de mode d'emploi, l'achat et l'utilisation d'un ebook sont plus complexes. Ce changement de fonction implique une coopération : le consommateur reviendra toujours vers le libraire qui lui a recommandé un lecteur ebook, parce qu'il lui a vendu. Et en cas de problème, c'est vers le libraire que l'on se tournera. « L'un des enjeux essentiels, c'est d'être à même de propose au lecteur de lire son ebook sur la machine de son choix », explique Denis Zwirn.
Côté Fnac, on souligne que le livre numérique, pour les opérateurs googamap mais également pour ceux de la téléphonie, ne représente qu'un contenu et un service destiné à attirer le client. Il n'y a pas plus d'intérêt que pour la musique : c'est une offre dans un bouquet. À ce titre, plusieurs risques se profilent : les tarifs élevés, les DRM... « Les éditeurs qui ont fait le choix de marqueurs et non de DRM sur les ebooks ont de bien meilleurs chiffres de vente. » Et si l'on continue sur la même pente, le consommateur ira vers le piratage pour contourner une offre peu attractive. Et se tourner vers les gros qui arrivent, angoisse de tout un chacun...
Inquiétudes et préjugés
Deux idées ressortent : d'abord l'inquiétude face à cette dématérialisation, ensuite, qui en découle, la place accordée au consommateur dans l'ensemble des réflexions. L'idée serait de régler les conflits actuels et autres mesquineries qui freinent le marché, pour justement se regrouper et faire cause commune contre Googamap...
Mais le livre numérique ? Librest attendrait plutôt le livre de demain, celui qui sera un livre plus. Fnac rappelle que l'iPad n'est pas un outil de lecture en priorité, ce n'est que la troisième activité pratiquée. Cependant, quand le FnacBook a été lancé, le site a assisté à une multiplication par quatre des téléchargements. Livre enrichi, pourquoi pas ?
Le mot de la fin reviendra à l'envolée lyrique de Denis Zwirn. « Arrêtons de dire qu'il n'y a rien de tel que le livre papier. Les acteurs du numérique ne pensent pas une seconde à dévaloriser le livre papier. Mais dans ce cas, ne dévalorisons pas les oeuvres homothétiques, ni la lecture numérique. » En somme, donnons à chacun la possibilité de lire sur le format qu'il souhaite...
Par Nicolas Gary, le samedi 19 mars 2011 à 10:50:01 - 6 commentaires
Mots clés :
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ebook -
inquiétude
Publié par François
Vivre avec son temps ou contribuer à fabriquer ce temps présent et le rendre acceptable ?
Publié par Luc
Article très intéressant.
Effectivement il faut laisser au support numérique et au support papier la place que le lecteur voudra bien lui donner.
Après, la question du lecteur ebook, là je pense qu'ils ont été créé le Fnacbook et le Oyo pour porter le marché de l'édition numérique plutôt que pour concurrencer les Cybook ou Kindle. Après je me trompe peut-être.
Plus vite le numérique prendre de l'importance plus vite il sera rentable et intéressant pour les libraires, non ?
Publié par damrod
je vois pas le probleme entre livres papiers et ebooks...perso j'ai les deux chez moi mais pour les transports l'ebook est plus pratique; chez moi par contre je prefere le papier :-)
c comme le cd et les mp3 : pour un baladeur le mp3 c top mais chez moi je preferes les cd sur ma chaine hifi (meilleur son !!) meme si c plus encombrant c clair
le probleme c les tarifs des ebooks : on nous refait le coup (et les memes erreurs...avant ct de l'ignorance, la c de l'incompetence !!) des prix elevés et des drm...
Publié par Oui, mais non
Publié par cerise
Le choix est assez réduit en effet, le livre ancien mais pas encore libre de droits manque; on trouve des best-sellers récents, ou alors des classiques gratuits sur le net.Pas de bouquins un peu pointus et la solution est souvent, in fine....le piratage sur des sites étrangers, plus curieux que nous!
Pour parler de quelque chose que j'ai suivi, le lancement de l'Oyo de France-Loisirs et Chapitre s'est fait de façon assez confuse; le lecteur est très lent. Quand il a été lancé, la rubrique ebooks de Chapitre était...En construction, et l'est restée pendant un mois! Enfin les libraires que je connais ne savent pas vraiment s'en servir, pour beaucoup n'étant pas très geeks...:-)
Quant au SAV, mystère et boules de gommes, le client reste un peu le bec dans l'eau!
Bref je reste très surprise de l'amateurisme de ce lancement...?
Publié par Non, mais oui
@Oui, mais non: c'est pas forcément si simple de créer un fichier numérique exploitable, c'est pas un simple fichier imprimeur. Y'a un peu de travail côté technique, faut embaucher des personnes compétentes, mais aussi côté juridique, faut faire signer des avenants aux auteurs, etc. Les maisons d'édition le font de manière de + en systématique, c'est plutôt rassurant, mais la mutation prendra encore du temps, surtout chez les petits.
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