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Mieux que les DRM, les restrictions imbéciles sur les ebooks

Les bibliothèques n'ont pas fini de se lamenter...

Par Nicolas Gary, le samedi 26 février 2011 à 14:01:45 - 4 commentaires

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S'il est indéniable que les bibliothèques auront un très grand rôle à jouer dans la diffusion - par le prêt - et la démocratisation des livres numériques, l'éditeur HarperCollins a trouvé un truc quasiment aussi efficace que la loi sur le prix unique du livre numérique, pour en limiter l'essor.

En effet, rapporte Library Journal, l'éditeur a mis le couteau sous la gorge du prestataire OverDrive, qui fournit aux établissements un service de prêt d'ebooks et d'audiobooks. Steve Potash, le PDG de la société explique en effet que de nouvelles conditions de prêts ont été instaurées, concernant les modalités de prêt.

Désormais, HarperCollins instaure un système aussi drastique que celui de Numilog : un utilisateur, un livre. Donc impossible de faire en sorte que plusieurs usagers consultent ou empruntent simultanément le même ouvrage.


Mais la direction du groupe ne s'est pas arrêtée en si bon chemin. Quand on tient une idée à la con, il faut l'exploiter dignement. La filiale de NewsCorp - dont Rupert Murdoch est le grand patron - a décidé que désormais, dès que le livre aura été emprunté à 26 reprises, l'établissement aura l'obligation d'en acheter un nouvel exemplaire numérique.

La base de cette grande imbécillité, c'est de considérer qu'un livre physique après 26 prêt, est inutilisable. Donc, même sanction pour un livre numérique. HarperCollins assure que c'est le seul moyen pour ne pas faire disparaître la valeur des livres. Mais en somme, cela signifie, puisque les livres numériques sont prêtés pour une durée de trois semaines, que l'on peut en disposer durant un peu moins d'un an et demi.

HarperCollins est le premier des six gros éditeurs étatsuniens à imposer ce type de méthode - qui ne sera pas rétroactive, et ne s'appliquera qu'aux nouveaux titres, pas ceux déjà présents dans le catalogue. Mais c'est aussi une double restriction supplémentaire qui vient s'ajouter aux contraintes déjà mises en place pour les bibliothèques.

Et surtout, s'interrogent les syndicats, quelle est la place de la bibliothèque dans l'esprit des éditeurs, pour imposer ce type de système ? Déjà que les Simon & Schuster et autres MacMillan interdisent que leurs livres numériques soient accessibles dans les catalogues de bibliothèques...

Reste à savoir quelle réaction, la décision d'HarperCollins entraînera... Pour OverDrive, pris entre deux feux, la situation ne va pas devenir des plus confortables...

Sources :



Par Nicolas Gary, le samedi 26 février 2011 à 14:01:45 - 4 commentaires

Mots clés :
bibliothèque - preter - ebooks - restrictions

Réactions

Publié par Pr. Raynal

 

Il n(y a pas à dire: même si nos éditeurs français semblent rétrogrades, freinant des 4 fers vis à vis du numérique, on voit ici que les éditeurs US sont tout aussi "clairvoyants" quant au numérique...
Dans quelque temps, ils viendront chouiner que des nouveaux venus sont venus prendre leur place... Bien fait!

Écrit le 26/02/2011 à 20:22

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Publié par Luc Loubier

 

Le but visé de restreindre la diffusion me semble hors proportion par rapport aux coûts de production. Un livre papier engendre des frais (papier, impression, entreposage, transport, administration, etc.) alors que le livre électronique peut s'affranchir de tels frais (la première copie coûte cher). Évidemment, les multinationales ne laisseront pas passer une telle occasion de faire des $$$. Le lecteur perd un peu de contrôle aux mains des grosses entreprises. Imaginez, un livre papier qui se vend 30$ l'unité et souvent vendu le même livre en format électronique avec toutes les restrictions d'accès. La convivialité du livre papier doit quand même être mis en lien avec celle du livre électronique. Pour un prix d'achat à 30% du prix d'un libre papier, je serais d'accord, mais au même prix, c'est scandaleux. Je suis d'accord pour que l'auteur et l'éditeur puisse en vivre honorablement, mais ériger un nouveau moyen pour asservir les lecteurs, non merci ! Déjà que le dispositif de lecture doit être fourni par le lecteur et à grand frais (iPad, kindle, etc.).

Écrit le 27/02/2011 à 13:49

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Publié par RemyA

 

Cette posture de l'éditeur n'est pas complètement dénué de sens. Bon, introduire une notion d'usure des livres numériques est assez idiot. Mais si on garde en tête le monde du logiciel, cela se comprend. Prêter le même livre à plusieurs personnes = avoir accès à un logiciel à plusieurs en même temps = accès concurrents. Et cela se paye car c'est un avantage certain (accès à une ressource sans avoir à attendre) et c'est une menace évidente sur le gagne-pain des editeurs et des auteurs (je m'abonne à une bibliothèque et j'ai tous les bouquins que je veux dès leurs sorties, et je peux les relire quand je le veux).
Pour la notion d'usure des livres, cela revient à faire de la location, pas de l'achat et c'est là que je trouve qu'ils exagèrent car la baisse de leur coût de revient (et donc l'augmentation de leurs marges) doit pouvoir compenser sans problème la durée de vie plus longue des livres numériques.

Écrit le 27/02/2011 à 16:25

Répondre | Alerter

Publié par Haricophile

 

Pour des gens qui vendent de la culture, ils sont particulièrement incultes. Pourtant il date de 1845 ce texte de Frédéric Bastiat, ils on eu du temps pour le lire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pétition_des_fabricants_de_chandelles />
En fait, si les clients pouvaient payer et repartir sans la marchandise, ça arrangerait tout le monde.

 

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