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Inédit : Vente couplée ebook et papier, Fleurus tente l'aventure
Tiens tiens...
Par Nicolas Gary, le vendredi 30 septembre 2011 à 09:23:15 - 2 commentaires
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On se souviendra ainsi que les éditions Dialogues, de Charles Kermarec, avaient décidé de proposer un QR Code en fin de livre, que l'on peut flasher et qui permet de récupérer le livre en version numérique, directement sur son smartphone - ou sa tablette. « Je préfère considérer que les gens seront honnêtes et joueront le jeu. Et dans le pire des cas, je pense à ce blogueur désargenté, qui piratera le livre, mais l'appréciera peut-être et en parlera autour de lui. Dans ce cas, peut-être qu'il le fera acheter par un de ses proches. » (voir notre actualitté)
Pour certains, cette approche de la gratuité serait à même de donner aux librairies une chance de poursuivre leur activité dans une époque de numérique. (voir notre actualitté)
Ebook + papier = offre payante moins chère
Mais l'offre gratuite tend aussi à dévaloriser l'offre numérique en elle-même, laissant croire que le livre numérique est un produit sans valeur. C'est là que la vente couplée pouvait intervenir. Et intervient, puisque c'est la solution adoptée par les éditions Fleurus. Pour mémoire, les éditions Fleurus et Mame ont fusionné en 1984, et ont ainsi donné lieu à la création de Media Participations, groupe plus connu pour être le propriétaire de Dargaud, Lombard et Dupuis.
À l'instar de Place des éditeurs, section du groupe Editis, qui a décidé de vendre en direct ses livres numériques, Fleurus propose depuis hier après-midi quelque 213 ouvrages numériques à acheter depuis son site, dans les domaines Jeunesse, Vie pratique et Spiritualité, avec une approche bien plus alléchante.
Prenons ainsi l'ouvrage La guerre spéciale, de Xavier Mauméjean. Le papier est vendu pour 9 €, le numérique pour 4,99 €. On appréciera déjà le prix de vente de l'ebook, bien plus raisonnable que l'offre que proposent d'autres maisons.
Si je me décide à acheter le livre papier, voici ce qui apparaît :

Et là, on se frotte les yeux : la version numérique est bien proposée pour 1 € de plus...
Nous y sommes : une offre légale, attractive - difficile de faire mieux - et qui conserve cependant la valeur du livre dans sa version numérique. « Vous pourrez télécharger vos livres numériques dans tous les formats disponibles sur votre compte client une fois la commande réglée », informe enfin le site.

Il est simplement dommage que l'internaute ne soit pas informé plus en amont - directement sur la page d'accueil, ou sur la page dédiée aux livres numériques de Fleurus - que cette offre existe. Cela inciterait peut-être à farfouiller plus, ou simplement par souci d'informer mieux.
Mais elle a cependant le - grand - mérite d'exister.
Prisunic se mange une première mandale
Tout cela serait merveilleux, si l'on ne vivait pas dans un pays qui aime se marcher sur la tête. En effet, comme l'a réexpliqué récemment Christine de Mazières, déléguée générale du Syndicat national de l'édition, le secteur du livre attendait qu'une régulation - comprendre, la loi sur le prix du livre numérique - soit mise en place pour s'engager dans cette voie. (voir notre actualitté)
La régulation, en France, c'est la transposition de la loi Lang, qui en 81 permit aux éditeurs de fixer le prix de vente des livres papier, et empêchait donc toute tentative de réduction de la part des revendeurs (ces dernières existent cependant, sous des conditions très précises, mais ne sont que rarissimement appliquées, voir notre actualitté)
Or, la loi sur le Prix du livre numérique, autrement baptisée Prisunic, et dont les décrets doivent sortir en octobre, avant la loi elle-même en novembre, entend elle aussi donner aux éditeurs un outil similaire : les ebooks auront un prix fixe, et interdiction de faire la moindre remise.
Dans ce cas de figure, où est-ce que Fleurus a donc mis les pieds ? Est-ce une contradiction directe avec la future loi - qui n'est pour l'heure pas encore mise en application, aussi l'éditeur est-il tranquille - ou une démonstration des limites commerciales qu'elle impose ? Mieux, mais nous contacterons l'éditeur dans la journée pour en savoir plus, qu'en sera-t-il lorsque la loi sera mise en place : la vente couplée sera-t-elle interdite par les décrets ?
Et l'homothétie du livre alors ?
Et puis... histoire de commencer la journée sur les chapeaux de roue... Si la loi concerne vraiment les oeuvres numériques homothétiques, qu'en est-il ? Selon le rapport Zelnik, le livre numérique dit homothétique était défini comme tel : « C’est-à-dire reproduisant à l’identique l’information contenue dans le livre imprimé, tout en admettant certains enrichissements comme un moteur de recherche interne, par exemple ». (voir la colère de François Bon sur Tiers Livre)
La loi lui donne même une petite nuance : « Un livre reproduisant pour l'essentiel la même information que celle contenue dans le livre imprimé, sans pour autant se limiter au texte (cas des bandes dessinées, des livres d'art, de photographie...) et tout en admettant certains enrichissements (comme un moteur de recherche interne). »
Mais est-ce qu'un fichier EPUB peut réellement être classé comme homothétique ?
Par Nicolas Gary, le vendredi 30 septembre 2011 à 09:23:15 - 2 commentaires
Mots clés :
ebook -
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Publié par brigitte
regarde l'article 2 de la loi."Ce prix peut différer en fonction du contenu de l'offre et de ses modalités d'accès ou d'usage." Il suffit de définir le bundle papier+ numérique comme une modalité spécifique qui a elle même son prix. Cette loi n'est pas si bête qu'elle parait. Finalement elle dit que c'est l'éditeur qui décide des ventes groupées et pas le distributeur. Ce qui protège les petits.[quote]Votre citation[/quote]
Publié par Lhuih
Protège les petits, au détriment des choix du client.
La politique culturelle ayant pour but d'empêcher ceux ayant le moins de moyens financiers d'y accéder, c'est vraiment magnifique.
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