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Effacer une clope des lèvres de Malraux, c'est tronquer l'histoire
Réviser la loi Évin, pour l'empêcher de nuire...
Par Nicolas Gary, le mercredi 15 décembre 2010 à 09:22:46 - 0 commentaire
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En avril 2009, l'intersyndicale avait estimé que « cette censure sanitaire conduit à un révisionnisme insupportable touchant l'art et la culture ». Et à raison. Si la pipe avait failli revenir, reste qu'elle n'avait pas encore reçu le soutien du groupe PS à l'Assemblée nationale.
En effet, Didier Mathus a soutenu une proposition de loi destinée à « concilier les exigences de la loi Evin avec la préservation des oeuvres culturelles et artistiques ». Et ce, afin de ne plus de nouveau « falsifier l'histoire au nom de la vertu sanitaire ».À l'instar de la RATP, la Poste avait de même censuré sur un timbre, l'éternelle cigarette de Malraux, en 96. Et Sartre itou, dont on percevait « un vide étrange entre ses deux doigts, à la place de sa traditionnelle Boyard ». Gainsbourg n'en avait pas réchappé, ou pas, à l'occasion de la sortie du film de Joann Sfar.
On se souviendra également que les mémoires de Jacques Chirac, publiées chez Nil, avaient aussi fait l'objet d'interrogations à ce propos. Finalement, la couverture avait présenté un président sans cigarettes. La question restait bien de savoir pourquoi prendre une photo avec une cigarette et la gommer de l'image. (notre actualitté)
Pour Didier Mathus : « Effacer une clope des lèvres de Malraux, c'est la même démarche intellectuelle que celle qui consiste à vouloir draper d'une étoffe un nu : c'est se priver d'une partie de l'histoire. C'est aussi le premier pas vers l'art officiel, l'art sous influence. » Et d'affirmer que la proposition de loi de proposer qu'à la loi Evin soit ajoutée un exception, pour les « oeuvres artistiques ou culturelles mises à disposition du public au sein desquelles figure une image ou une référence liée au tabac ».
Et ce, à l'unique condition que les campagnes ne soient pas sponsorisées par l'industrie du tabac. Pascal Mbongo, de Droits média culture nous avait à l'époque apporté quelques réfléxions bienvenues :
Il reste à s’interroger sur le sens sociologique de ces « gommages » de l’image du tabac. L’on est spontanément enclin à y voir une manifestation de la montée d’un certain hygiénisme. Cette explication dit sans doute quelque chose de la prégnance contemporaine de polices sociales du corps et de l’importance accordée au corps « sain » et au corps « beau », ces deux propriétés étant d’ailleurs souvent confondues dans nos représentations. En même temps, l’explication par la « montée de l’hygiénisme » ne tient pas compte de l’historicité de l’hygiénisme. (lire la tribune)
Par Nicolas Gary, le mercredi 15 décembre 2010 à 09:22:46 - 0 commentaire
Mots clés :
cigarette -
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