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Gallimard échoue à faire bloquer 767 URL canadiennes
L'éditeur perd une bataille, pas la guerre
Par Adrien Aszerman, le vendredi 01 juillet 2011 à 18:53:16 - 8 commentaires
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Rien n'interdit à un Canadien, en l'absence de convention internationale avec la France sur le droit d'auteur, de détenir et diffuser sur son territoire des oeuvres que la législation locale estime libres de droit. Le problème est l'accessibilité de ces oeuvres à partir du territoire français, entre les 50 ans et les 70 ans fatidiques.
Estimant qu'Internet ne doit pas impunément permettre ce qu'elles appellent du piratage, les éditions Gallimard ont amorcé en mars 2009 une procédure amiable à l'encontre du site Wikilivre, lui enjoignant par mise en demeure de rendre les oeuvres litigieuses (notamment de Robert Desnos) inaccessibles de France, en vain. Alors l'éditeur s'est tourné vers l'hébergeur, iWeb, lui réclamant une mesure de blocage. Nouvel échec le 7 avril 2009, l'hébergeur estimant qu'il “ne pouvait agir que sur présentation d’une décision de justice valide et reconnue”.
Près d'un an après ces vaines tentatives de règlement amiable à la source, Gallimard a décidé d'attaquer dans l'Hexagone. Et pour ce faire a obtenu du juge des requêtes du Tribunal de grande instance de Paris une ordonnance faisant injonction à 7 fournisseurs d'accès à Internet de bloquer immédiatement aux internautes se connectant de France l'accès à des sites accessibles à 767 (!) adresses url listées.

Précision : l'ordonnance sur requête est l'une des rares procédures, en France, qui échappe au principe du contradictoire, et permet donc à une partie de solliciter le juge sans en informer la partie adverse. Cette procédure est habituellement utilisée pour un avocat pour forcer un FAI à fournir l'identité d'un client. Mais si cette ordonnance fait grief à la partie adverse, celle-ci peut en demander la rétractation en arguant qu'il est mis en cause et que l'affaire doit être jugée sur le fond.
Or, c'est exactement ce qu'il s'est produit en l'espèce. Free, France Télécom, Bouygues, SFR et Numéricable ont assigné Gallimard en rétractation, estimant que l'ordonnance obtenue par l'éditeur les mettait directement en cause sans qu'ils aient pu faire valoir leurs argument contre.
Leur donnant raison, le Tribunal de grande instance de Paris a rendu le 28 juin une ordonnance de référé aux termes de laquelle il estime que "le contenu des sites visés dans la requête pouvait justifier l’intervention d’une mesure de cessation de fourniture d’accès, cependant l’intervention d’une mesure qui tend à restreindre le droit d’expression pour lequel a liberté est la règle, même si elle peut paraître légitime, en raison du dommage causé à Gallimard, ne saurait justifier qu’il soit dérogé au principe fondamental de la contradiction". Ce qui, aux yeux du tribunal, suffit à motiver la rétractation de l'ordonnance obtenue par Gallimard le 11 mai 2010 (aucun autre argument des FAI n'a été retenu).
En clair : la requête de l'éditeur était légitime, mais la procédure entamée n'a pas été la bonne.
Dès lors que le tribunal estime, dans ses motifs, que la protection du contenu diffusé librement au Canada "pouvait justifier l’intervention d’une mesure de cessation de fourniture d’accès", il ne fait aucun doute d'une nouvelle procédure de Gallimard. Mais cette fois au fond et plus en référé.
Les pirates attendront-ils ?
Pour retrouver l'ensemble du jugement : ici
Par Adrien Aszerman, le vendredi 01 juillet 2011 à 18:53:16 - 8 commentaires
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requete
Publié par Bof
70 ans, il faut l'écrire très vite...ou le répter. C'est entre 94 et des bananes et 100 ans en France, il y a un toujours un flou juridique en ce qui concerne les auteurs morts pour la France...
Messieurs les éditeurs rendez-nous notre patrimoine, nos écrivains en 14, ils sont allés mourir pour la Patrie,...et nos pour les intérêts particuliers et pécuniers de certains.
Publié par Bah
En tout cas, c'est gentil à M. Gallimard de nous permettre de découvrir ces sites...Sans son action, Actualitté n'en aurait pas parlé, et je ne serais pas allé voir...
Sinon, c'est aussi vraiment hypocrite. Pendant des années, on n'a pas eu le choix et on a payé les livres du domaine public au même prix que des nouveautés et là, il crie au crime quand la roue tourne?
Publié par damrod
on parle bien de ces editeurs francais qui ont payer tres chers leurs editions poches des alexandre dumas et victor hugo ?
ou qui vendent en ebooks ces memes livres...alors que ca devrait etre gratos !!
c'est quoi leur plus-value ? la mise en page ?
Publié par Webrairie
La Webrairie est hébergée au Canada. Nous acceptons de distribuer les livres numériques tombés dans le domaine public (50 ans) et un individu qui ajoute celui-ci dans notre librairie virtuelle aura toutes ses chances de voir ses oeuvres mises en vente pour son compte.
C?est la loi et si elle change, nous nous y conformerons.
Amicalement.
Publié par Ludovic
À mon avis les droits d'auteur devraient s'éteindre un an après la mort de l'auteur. On a vu des cas où les enfants ou une épouse agissent comme si l'?uvre leur appartenait.
Publié par damrod
[quote:16183]À mon avis les droits d'auteur devraient s'éteindre un an après la mort de l'auteur. On a vu des cas où les enfants ou une épouse agissent comme si l'?uvre leur appartenait.[/quote]
50 ans apres la mort de l'auteur me parait etre le max.
c'est deja enorme ! ca veut dire que l'auteur a pu gagner sa vie de son vivant et que son conjoint, enfants et petits enfants aussi !
c deja pas mal.
on n'est plus a l'epoque du 19e ou du debut 20e ou les auteurs gagnaient pas bcp..la ils gagnent un peu plus meme si l'editeur s'en met pleins les poches !
a la place des auteurs actuels dans leur contrat je fais exclure les droits des supports numeriques...qu'ils gardent ca pour eux ils pourront ainsi arrondire leur fin de moi en vendant le ebooks directement
a quand une plateforme comune aux auteurs indépendants pour vendre en ligne leurs livres en epub sans drm ?
Publié par mhm
Gallimard est une véritable honte pour l'édition en France...
Gallimard - Universal, même combat, mêmes vautours...
Publié par ricouiar
"...Pour les partisans de l'économie post-moderne, la propriété et le droit sur l'information sont une religion. Ils suivent les dieux de l'économie et pensent qu'ils seront au paradis le jour où ils deviendront des yuppies avec la cravate et le costume..."
http://debord-encore.blogspot.com/2010/04/la-conscience-dun-cracker.html
/> http://debord-encore.blogspot.com/2010/12/vendetta-numerique-la-suite.html
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