Le monde de l'édition > Justice > Actualité
La carte et le territoire : le Goncourt en PDF, retiré du net
A pu , fini, cherchez plus...
Par Nicolas Gary, le jeudi 02 décembre 2010 à 14:59:58 - 3 commentaires
12
Contacté par ActuaLitté, il nous précise que sa démarche reste de promouvoir les licences libres et « les possibilités de transformation sociale qu'elles portent ». À ce titre, et en respectant la mise en demeure de Flammarion, réclamant le retrait du PDF « a pour but d'apaiser la situation avec l'éditeur Flammarion. Je pense en particulier que Michel Houellebecq et Flammarion sont de bonne foi dans leur méconnaissance des licences libres et des implications du Copyleft ».
Michel Houellebecq, ancien ingénieur informaticien, auteur d'Extension du domaine de la lutte, méconnaissant les licences libres ? Étonnant. Cela dit, en obéissant à la mise en demeure, Florent accrédite donc le fait que Flammarion a bel et bien violé la licence d'utilisation de Wikipedia. En effet, ce n'est qu'en revendiquant le fait que le livre ne soit pas sous Creative Commons, mais sous licence propriétaire, que l'éditeur peut faire valoir son droit - non sans pointer la contrefaçon vis-à-vis de la lice Wikipedia, dans ce cas... (notre actualitté)
« Le fait est que les auteurs et les éditeurs ont maintenant conscience de la situation, et que les implications des licences libres à Copyleft sont pour la première fois connues du grand public. Je crois donc que ma démarche est un succès majeur pour l'avenir des licences libres », poursuit Florent Gallaire.
Wikimédia trahit ses contributeurs
Concernant la position adoptée par Wikimedia France, qui s'est montré particulièrement raisonnable dans sa communication officielle, Florent Gallaire avoue son envie de ne pas polémiquer avec les responsables de l'association. Cependant, il relève un certain paradoxe.
D'un côté, la revendication et la demande d'application d'une licence comportant « comme clauses et la Paternité (BY) ET le Copyleft (SA). Puis, magiquement, ils ne demandent plus que de citer les auteurs ». Une position qu'il estime intenable, et confirmée, selon lui, « par le fait qu'il leur ait fallu 2 mois de réflexion pour la trouver ».
Et de conclure : « Le plus gros problème c'est qu'en se positionnant ainsi ils trahissent l'ensemble des contributeurs de Wikipédia leur ayant fait confiance pour préserver leurs droits sous licence Creative Commons BY-SA. »
Par Nicolas Gary, le jeudi 02 décembre 2010 à 14:59:58 - 3 commentaires
Mots clés :
houellebecq -
wikipedia -
copyleft -
licences
Publié par Altshift
En effet, wikipédia trahit ses contributeurs, mais en aucun en ne cherchant pas à faire respecter leurs droits d?auteurs, droits que par ailleurs ils dénient systématiquement aux auteurs qui souhaiteraient faire valoir en particulier leur droit de retrait.
Wikipédia ne peut en aucun cas prétendre faire valoir en justice le respect des droits de ses contributeurs puisqu?elle dénie toute responsabilité éditoriale sur le contenu fourni sous licence créative commons : seuls les auteurs pourraient être à même de demander à ce que leurs droits (le respect de leur nom) soit respecté par Flammarion, mais, malheureusement, contrairement à Gallère, la plupart des contributeurs bénévoles (croyant sans doute naïvement aux discours avancés) sont totalement désintéressés et fournissent un contenu qu?ils croient vraiment libre.
Concernant les auteurs, nombreux, qui ont participé à la rédaction des trois « notices » recyclées par Houellebeq, ils avaient initialement placé leur travail sous licence GNU et non sous licence CC? et leur avis n?a pas été demandé individuellement par wikimédia ni wikipédia pour modifier le contrat initial.
Si donc les auteurs de ces notices devaient se retourner contre quelqu?un, ce serait en premier lieu contre wikipédia, en second lieu contre gallaire qui a placé « la carte et le territoire » sous licence CC et non sous licence GNU contrairement à leurs désirs.
Wikipédia se moque non seulement de ses contributeurs bénévoles, mais encore de ses lecteurs, non seulement pour une question de contenu, souvent de piètre qualité ou idéologiquement dirigé, mais plus encore sur la façon dont ils sont supposés accepter et respecter les termes des contrats de licence creative commons imposés par wikipédia :
Si les contributeurs signent ces contrats en cliquant sur publier, les simples lecteurs sont supposés les signer par le seul fait d?ouvrir un page de wikipédia, sans jamais avoir à lire aucun contrat ni à prendre connaissance des conditions imposées pour l?utilisation libre du contenu.
Ce que F. Gallaire entend donc imposer à Houellebecq, c?est le respect d?un engagement contractuel abusif, puisqu?il n? en aucun cas eu nécessité de lire et encore moins de signer aucun contrat avant de copier certains passages de wikipédia.
L?intervention de Gallaire dans ce cadre ne fait que montrer que wikipédia et les conditions qu?elle impose sont sinon totalement illégales, pour le moins abusives, légalement, éthiquement, et intellectuellement.
Publié par Moule
Pour l'instant, aucune transgression de la part de Flammarion n'est encore attestée. Selon le droit d'auteur en cas de citation il faut citer le nom de la source et de l'auteur, à part pour des citations courtes. La longueur du texte obligeant à citer l'auteur reste à l'appréciation d'un juge en cas de plainte d'un des auteurs.
Le droit de citation s'applique avant le copyleft, ce qui implique que F. Gallaire a tort dans son argumentation depuis le début.
"Le fait est que les auteurs et les éditeurs ont maintenant conscience de la situation, et que les implications des licences libres à Copyleft sont pour la première fois connues du grand public. Je crois donc que ma démarche est un succès majeur pour l'avenir des licences libres"
Effectivement l'action de F. Gallaire a lancé un débat. Je crois aussi qu'il a montré aux yeux de tous que les licences libres ne sont pas la solution à tous les problèmes et qu'elles peuvent même entraver la création et ne pas respecter le droit des auteurs si on en a une vue intégriste comme c'est le cas de F. Gallaire.
Les nouveaux procédés artistiques recyclage, remix, sampling, collage ne sont pas du tout pris en compte dans les licences libres et nécessitent un travail supplémentaire.
Au final, F. Gallaire a répondu à l'injonction de Flammarion faisant valoir par là qu'il était dans l'illégalité. Pour la majorité des gens, le monde du libre a essayé de pirater Houellebecq.
Publié par cestmoicestmoi
"A pu..." vous dites ? Sauf que ayant découvert seulement hier l'existence de ce livre gratuitement sur le net grâce à une émission de radio (France Culture, je crois ! curieusement du reste pour souligner le fait que cela n'avait pas du tout fait chuter les ventes du livre ...ce que je savais déjà depuis quelques années -phénomène déjà mentionné statistiques à l'appui lors d'un salon du livre de Londres il y a 4-5 ans !)... Livre que je n'avais pas eu trop les moyens de me payer (j'attends les sorties en poche en général !) Et bien en fait pour votre gouverne "y'a toujours..." Une fois que c'est sur le net, ça y est pour de bon... Pas même besoin de chercher en P2P, une minute de recherche avancée sur Google avec le titre et en indiquant format pdf ! J'ai pas le temps de me plonger dans l'étude de cette affaire (plutôt passer mon précieux temps à lire le livre désormais !) mais je peux donc imaginer que même si Florent Gallaire l'a retiré de son blog, ça ne sert à rien, et cela est même peut être "neutre" juridiquement (comme beaucoup de crimes; ce qui est fait est fait), car à cause de lui on peut toujours l'obtenir facilement ...voilà du grain à moudre pour les avocats de l'éditeur ! Et donc finalement c'est idiot de le retirer !
Publier un commentaire
Reportages
"Bob Stein : lecture, écriture, 'Il nous faut construire un écosystème neuf'"
Penseur - panseur - de l'édition numérique
Interviews
"Nicci French : « Si on commence à se sentir en sécurité, il est temps d'arrêter »"
Pour la sortie de Lundi Mélancolie, Nicci French laisse pénétrer une intimité du double, de la fragilité et de la solitude. Avec ce qu'il faut d'humour.
Interviews
""Satellite Sisters est mon premier vrai thriller de science-fiction" (Maurice G. Dantec)"
Le retour d'un grand auteur
Interviews
"Jean-Daniel Magnin : "Je suis passionné par la question du monstre""
L'homme qui voulait écrire Matrix sans le voir...
Précédentes Suivantes
Suivez-nous
Communiqué
Stephanie Mercier nous présente Creature Hormonale !
Dédicaces - Samedi 2 juin 2012 à 18h00 - A la librairie Après Tous les jours ... la grande chose ..., Stephanie...
Profitez d'un vaste réseau de diffusion pour communiquer sur votre actualité, vos événements et vos parutions !
En savoir +
Sondage































Réactions