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Comment être publié : ce qui séduit les éditeurs
Rencontre avec de grandes et de petites maisons pour faire le point.
Par Victor de Sepausy, le lundi 16 mars 2009 à 07:01:41 - 6 commentaires
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Un travail laborieux de sélection : les collèges de lecteurs
Même si de nombreux écrivains en manque d’éditeurs dénoncent perpétuellement qu’on ne peut être publié sans réseau, chaque éditeur présent s’est défendu de l’existence de telles pratiques. La majeure partie des premiers livres publiés le sont à la suite d’un envoi par la Poste.
Une fois le manuscrit reçu, il est étudié par un comité de lecteurs dans les grandes maisons telles que Gallimard ou Flammarion. Au dire même de leurs dirigeants, ils ne sont pas maîtres de tout ce qu’ils publient. A eux d’être capables de dire qu’un livre se vendra alors même qu’il ne leur plait pas.
Le regard particulier des petites maisons : un vent de liberté
Dans les petites maisons, il en est bien autrement. Anne-Marie Métailié impose sa marque et chaque ouvrage publié passe entre ses mains. C’est le privilège premier des petits éditeurs qui gardent une grande liberté, choisissant une ligne qui leur est toujours propre. Dans une grande maison, les publications peuvent même aller jusqu’à apparaître quelque peu contradictoires.
Mais, même dans une grande maison, un manuscrit est toujours retenu à partir de l’engagement d’une personne, d’une subjectivité, qui se trouve par la suite étayée par d’autres avis.
Quand au CNL (Centre national du Livre), il octroie des aides accordées aux jeunes auteurs ayant déjà un ou deux titres à leur actif, avec l’existence de « bourses de découverte ». La commission qui statue sur les aides données est renouvelée tous les trois ans.
Etre éditeur, c’est être imprécis, subjectif :
Le métier d’éditeur reste un travail marqué par l’imprécision, selon Teresa Cremisi. Lorsqu’une grande maison passe à côté d’un talent singulier, il est cependant toujours possible qu’il soit, par la suite, repéré dans une maison plus petite.
Un choix est toujours un non choix, marqué par la subjectivité d’un être, d’un groupe. Mais, quand on lit un texte, pour Anne-Marie Métailié, dont la maison éponyme fête ses trente ans d’existence, il y a ce je ne sais quoi qui fait que l’on sent l’arrivée de la littérature : un personnage fort, une voix présente, un peu comme la mer que l’on sent avant même de la découvrir du regard.
Interrogé par le public, Jean-Marie Laclavetine dit pouvoir toujours prendre le temps de faire retravailler un manuscrit lorsque cela est nécessaire. Toutefois, un envoi doit toujours être complet. Ce sont simplement de jeunes écrivains qui ne se rendent pas bien compte que leur texte n’est encore qu’à l’état de brouillon.
Un système de sélection des manuscrits propre à la France :
Quand on interpelle les éditeurs sur la question de l’influence des réseaux, ils revendiquent fièrement l’existence d’une exception française en matière d’édition. Les maisons s’octroient la possibilité de passer par un collège de lecteurs pour établir une sélection des manuscrits arrivant par La Poste. Cette pratique est quasiment inexistante à l’étranger. Aux Etats-Unis, tout passe par les réseaux, avec le règne des agents littéraires.
Quand Teresa Cremisi travaillait au sein d’une maison italienne, les pratiques étaient très différentes. Il faut déjà partir du principe que les éditeurs reçoivent dix fois moins de manuscrits qu’en France. Il existait alors un autre canal : celui des auteurs eux-mêmes qui, en tant que lecteurs, venaient apporter les manuscrits de jeunes écrivains qu’ils trouvaient talentueux. Néanmoins, cette pratique tend à se raréfier.
En France, on peut dire que statistiquement sur mille envois, un seul manuscrit est retenu. En tant qu’écrivain, il est donc judicieux de frapper à un très grand nombre de portes. Mais on peut aussi faire son choix en appréciant le catalogue de chaque éditeur et établir avec lequel on a davantage d’affinités.
Et le rôle d’Internet dans la sélection ?
Interrogés sur l’influence d’Internet soit sur les ventes des œuvres de jeunes auteurs, soit sur la découverte de nouveaux talents, les éditeurs se sont montrés très frileux, dénigrant fortement le rôle joué par ce nouveau média, lui accordant un crédit très faible. Cela reste une jungle où l’on trouve tout sur tout. Si les avis sont efficaces sur une production mesurée, comme pour le cinéma ou le théâtre, Teresa Cremisi doute en revanche des sélections faites parmi une production trop importante de livres.
C’est encore le règne du bouche à oreille. Et, pour Jean-Marie Laclavetine, un très grand succès a toujours quelque chose d’irrationnel, qui nous dépasse…Le public s’est montré en recherche de solutions pour arriver à se faire publier. A chaque fois que l’on voit son manuscrit refusé, au lieu de remettre en question son propre talent…on cherche toujours à rejeter l’erreur sur les lecteurs des éditeurs qui n’ont pas su voir le génie qui dormait en nous…
Par Victor de Sepausy, le lundi 16 mars 2009 à 07:01:41 - 6 commentaires
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Publié par Philippe Collas
Evidemment, se voir refusé, quand on a s'est investi dsans son manuscrit, c'est recevoir une blessure à l'égo.
J'ai mis longtemps avant d'être publié, et mon éditeur m'a aidé à progresser. Les réseaux existent-ils ? Faut-il être aidé pour être publié ? Pas toujours, certainement. Mais souvent.
Publié par jean marie levant
oui, mais encore exception francaise... la France n'est plus reconnue comme une puissance culturelle, meme l'allemagne nous boude. vous avez raison de dire que ces editeurs sont imprecis... je suis lectrice et je trouve que les themes sont bateaux, j'ai deux papas, tiens aux etats unis je peux trouver le meme livre ( je vis en Amerique et la France a change.. elle n'est plus l'exception francaise, elle recule.. recule.. c'est dommage lisez l'article. l'internet sera utile pour les chercheurs universitaires francophone, on pourra lire leurs recherches!! pas avec Gallimard, Puf( chiffre da'ffaires!!!! lamentable.. ).. la France culturelle s'effondre,.reveillez vous..
Jean Marie Lavant
francais qui a vecu en Asie, et maintenant aux USA..
La culture française est-elle en déclin ? - Le Magazine Littéraire - [ Translate this page ]
Le 21 novembre paraissait dans Time une longue enquête qui s'interrogeait sur « La mort de la culture française ». Deux Français cultivés et bien vivants ...
www.magazine-litteraire.com/content/recherche/article?id...
Publié par chok
Je suis d'accord sur le fait que les themes sont souvent bateau certainement du à un soucis de rentabilté ce qui est certainement un frein à la culture. C'est en ce sens qu'internet à sa place dans ce monde de l'édition puisque par exemple l'édition numérique limite les coups et donc les risques et permettent également de mieux rémunérer l'auteur. Je pense que ce domaine est en véritable expansion et peut apporter quelquechose de positif.
J'en profite pour vous présenter Icasore ( http://www.icasore.com ) qui est une édition communautaire et numérique.
Publié par M.V
Je suis étudiante en 2e secondaire dans la province du hainaut et j'aimerai etre fixée pour mon avenir, j'écrit des poèmes mais je ne trouve aucun atelier d'écriture pour m'exprimer, torp souvent loin ou couteux. Mes parents aimerai me voir réussir dans le domaine qui me convient mais je ne trouve pas ma voie. je suis peut etre trop jeune pour me tracassé autant de l'avenir mais mes doutes me ronge au plus profond de mon ame.Si vous me trouvez une solution je serait ravi de le connaitre car si je ne choisi le bon chemin,je risque de bruler mes ailes encore fragile.
Bien à vous.
Publié par anthony nourry
Dans ce milieu, il faut bien reconnaître qu'il y a une langue de bois incommensurable.
Si mon analyse peut aider certains auteurs à y voir plus claire dans l'industrie du livre traditionnelle j'en serai ravi.
Analyse : industrie du livre traditionnelle
L'industrie du livre n'a pas changé de fonctionnement depuis ses débuts qui remonte fin XVIII, début XIV siècle.
La valeur capitale (les moyens de production) prime toujours sur la valeur travail (les mains littéraires).
Ce système actuel fait vivre toute la chaîne du livre sauf l'auteur : éditeurs, correcteurs, illustrateurs, libraires, etc… Le droit d'auteur à compte d'éditeurs atteint péniblement 8 a 12%, les éditeurs et les libraires 40% chacun, le restant allant à la distribution.
Quatre grands groupes dominent le marché Editis, Bouygues, Lagardère et Gallimard organisés en marque blanche et appliquant la théorie économique du Pareto : 80/20.
La production littéraire de ces quatre écuries pour des choix mercantiles est à 80% identique orientée à satisfaire les 20% de consommateurs dit réguliers.
Ce choix commercial laisse peu de place à la diversité des sujets et la création littéraire.
Ces grands groupes entretiennent le marché entre eux sans l'ouvrir. De plus ils travaillent avec leurs réseaux d'auteurs, qui sont souvent des connaissances qui ont des connaissances.
Ce qui explique que 99% des auteurs envoyant leur manuscrit par le biais de la poste ne sont pas publiés. À la base certainement non lus ce qui clarifie par la même occasion la lettre de refus type : « Votre manuscrit ne fait pas partie de notre ligne éditoriale ».
Cette politique commerciale est probablement favorable aux intérêts de l'État qui via le ministère de la culture subventionne les maisons d'éditions pour officiellement aider le livre et la découverte de jeunes auteurs. Certainement dans un but non avoué mieux contrôler la diffusion de pensée (la philosophie des lumières a fait éclore une révolution culturelle et aussi une République).
Anthony Nourry
Publié par Romanbleu
Pour avoir déjà écrit 5 ouvrages et 7 versions différentes de l'un d'eux, tous refusés par les grands noms de l'éditions, je me suis rapproché de grands professionnels de l'écriture qui n'ont trouvé comme défaut principal de mes ouvrages d'être trop Balzaciens.
Et pourtant, grâce à 4 éditeurs sur le net, l'un de mes livres s'est vendu en 4 ans à 58 000 exemplaires.
Nous en avons donc déduit que ni Hugo, ni Balzac, n'auraient aujourd'hui aucune chance d'être édités car trop culturels.
Nous sommes
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