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De la Culture Rock : mettez un peu de Pop dans votre matinée
Sunday Morning...
Par Contributeur, le vendredi 07 octobre 2011 à 11:25:21 - 0 commentaire
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Aujourd'hui, avec le Chapitre 6, on aborde les rivages de la Pop
(pp. 117-121)
Toutes ces rencontres nous tiennent le même langage, nous chuchotent ou nous assènent la même vérité sur la culture rock qu’elles mettent en place. Si rock et pop art vont si bien ensemble, c’est qu’ils ont des intérêts communs, des parcours similaires (1).
| 1 . Il existe une bibliographie fournie sur les liens entre le pop art et la musique rock. Voir en particulier : Van Cagle, Reconstructing Pop/Subculture : Art, Rock, and Andy Warhol ; Simon Frith et Trevor Horne, Art Into Pop ; Dan Graham, Rock My Religion ; Dick Hebdige, Hiding In the Light ; George Melly, Revolt Into Style ; David Rubin, It's Only Rock and Roll : Rock and Roll, Currents in Contemporary Art et John Walker, Cross-overs : Art Into Pop/Pop Into Art. |
Ses artistes sont courtisés par les élites fortunées, les médias les encensent. Pourtant, l’éducation artistique prodiguée par les art schools britanniques où sont envoyés les laissés-pour-compte de l’enseignement secondaire (et d’où émerge l’élite du rock), le hasard des rencontres et le goût de l’exploration permettent au rock de changer de statut. De musique vulgaire et inculte, il se hisse progressivement au rang de pratique respectable, voire d’art majeur.
Un président des États-Unis d’Amérique, un prince héritier du Royaume d’Angleterre déclarent publiquement s’en délecter, Elvis Presley pour Richard Nixon, Status Quo pour le prince Charles (même en matière de goûts musicaux, les impératifs géopolitiques l’emportent). De son côté, le pop art puise dans la culture populaire, l’éphémère et le modeste. Figuratif, coloré, parlant de l’environnement quotidien, il se fraye facilement un chemin, via les posters, la publicité et les illustrations des magazines, dans les goûts des classes populaires.
Plus encore, pop art et musique rock partagent une troublante proximité avec le marché. D’où, pour les deux formes, l’ambiguïté de pratiques qui ressortissent à la fois à la contestation et à la consommation. Ces pratiques, et cette ambiguïté, que l’art explore depuis le début du xxe siècle, ont gagné en visibilité et en intensité au cours des années soixante. Dans le prolongement de courants artistiques antérieurs, les artistes pop se sont fixé comme démarche explicite de travailler sur « l’interstice entre l’art et la vie » (Rauschenberg).
Pour cela, ils puisent dans la société de consommation non seulement leurs sujets mais aussi leur grammaire picturale. L’esthétique industrielle et commerciale, celle de la presse, de l’affiche, de la publicité, de l’emballage, de l’étiquette, est systématiquement exploitée. Même quand il n’affiche qu’une ambition esthétique, un tel rapprochement débouche forcément sur un programme critique et induit une remise en question des hiérarchies entre les arts savants et les pratiques populaires et une contestation de la distinction entre le raffiné et le grossier, le noble et le vil. Certains prolongent ce programme d’un discours politique. Comme le feront à leur suite les représentants de l’art conceptuel, ils affirment stigmatiser la marchandisation de l’art et de la société.
Pourtant, même chez les artistes les plus engagés, la démarche pop recèle une ambiguïté structurelle. Elle débouche sur un star system d’où émergent quelques grands noms iconiques, au style immédiatement reconnaissable, comme Andy Warhol ou Roy Lichtenstein ou plus récemment Damien Hirst, alors que leur technique, empruntée à l’industrie, aurait dû les laisser dans l’anonymat.
C’est ce que Marco Livingstone souligne à propos de Peter Blake : « En créant […] une expression authentique et personnelle grâce aux moyens les plus apparemment “factices” et anonymes, Blake a découvert un des paradoxes centraux du pop art » (45). Plus encore, en empruntant massivement à la culture populaire, aux objets de l’environnement quotidien, aux médias, en s’immisçant dans la publicité et l’illustration et en se vendant au prix fort, l’art pop s’inscrit ouvertement dans une logique commerciale et joue le jeu de la consommation. Il expose de façon éblouissante le fonctionnement du marché, mais au risque d’aveugler et de masquer la distinction entre l’apologie et la dénonciation.
Néanmoins, pour de nombreux artistes pop, cette ambiguïté est un outil, une arme. Elle force le spectateur à s’interroger et à rejeter les lectures simplistes. L’artiste pop revendique la superposition en tant que telle, comme force d’action critique. Ce n’est plus l’ambiguïté du message, l’impossibilité de définir sa position qui est un geste politique, c’est le fait qu’il nous demande d’entendre simultanément l’acceptation du marché comme sa remise en question, la jouissance de la société de consommation comme sa critique. Le pop art nourrit sa pratique et son discours du principe de superposition et d’accumulation : l’apologie et la critique, la jouissance et la dénonciation, le « et » plutôt que le « ou ».
Ce double langage rejoint ce que Charles Jencks appelle double-coding, spécialité postmoderne qu’il définit ainsi : « élitiste/populaire, accueillant/subversif et neuf/vieux […] la continuité du Modernisme et sa transcendance » (30). Plutôt que de distinguer et de discriminer, le pop art cherche à inclure, en insistant sur le décloisonnement et le refus des hiérarchies.
© PUF
Par Contributeur, le vendredi 07 octobre 2011 à 11:25:21 - 0 commentaire
Mots clés :
culture -
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velvet -
underground
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