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Belgique : La langue française en fête
Chaque année, depuis 1995, la Belgique, à l'image de tous les pays de la francophonie, met la langue française à l'honneur. Les manifestations se dérouleront du 12 au 22 mars 2008
Par Victor de Sepausy, le mardi 04 mars 2008 à 14:44:03 - 1 commentaire
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L’opération « La langue française en fête » est une campagne grand public de promotion positive et déculpabilisante de la langue. Elle réhabilite une langue vivante, chantante, poétique, ludique, créative, moderne, mouvante, diverse, multiple, telle qu’elle se décline dans le vaste espace de la francophonie. En invitant petits et grands à utiliser leurs ressources expressives, en les encourageant à jouer avec les mots, l’opération « La langue française en fête » est là pour nous rappeler que la langue est faite pour le citoyen et non le citoyen pour la langue.

« La langue française en fête » est une campagne de sensibilisation d’une semaine encadrant traditionnellement le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie. Cependant, pour des raisons pratiques, certaines activités débordent de ce cadre temporel d’une semaine. Le vaste programme qu’elle propose relaie par conséquent des activités organisées dans ce cadre pendant toute la durée du mois de mars.
Le programme des différentes manifestations :
À la poste ensuite de faire voyager dans le monde entier cet art clandestin qui ne se réclame le plus souvent d'aucune école et qui compte bien s'épanouir en toute marginalité. En deux ou trois dimensions, ces créations doivent en effet être timbrées et acheminées par la poste : c’est l’oblitération qui leur donne leur validité.
Des ateliers d’art postal auront lieu dans différentes villes du réseau des Anciennes Villes des Mots : Huy, Braine L’Alleud, Mouscron, Tournai, Habay. De nombreuses associations, écoles, artistes et public y participent. Ce qui donnera lieu à une exposition durant la Semaine de la Langue française en fête dans chaque ville !
Les 10 mots pour 2008 sont : apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s'attabler, tact, toi et visage.
La13ème édition de cette grande fête des mots est orchestrée par le Service de la langue française du Ministère de la Communauté française et le Conseil supérieur de la langue française en partenariat avec la RTBf.
Vous pouvez aussi vous rendre sur le site de la Francophonie qui recense toutes les manifestations qui se déroulent autour de la journée du 20 mars prochain dans les différents pays francophones.
Sources :
La langue française en fête
Par Victor de Sepausy, le mardi 04 mars 2008 à 14:44:03 - 1 commentaire
Mots clés :
fête -
langue -
française -
Belgique
Publié par TATARD
LANGUE FRANCAISE
LE TEMPS ET LES MOTS pour Raymond Devos et Yves Dutheil
Le temps, mathématiquement appelé quatrième dimension, à trois formes : le passé, le présent et l?avenir. Il se chiffre par ce qu?on appelle la durée. La durée du passé c?est l?âge, celle du présent c?est l?heure et celle de l?avenir c?est l?espérance ou l?incertitude qui vont si bien ensemble, sauf dans les calendriers ou certaines éphémérides. On peut préférer le raccourci poétique qui dit que : « le passé est l?étron du présent qui dévore l?avenir ». Jusque là, on est en phase avec les Anglais : la durée du temps est pour eux « the duration of the time. »
Pour une petite durée on aura un moment ou un petit moment. On peut réduire encore avec un instant et même un petit instant, jusqu?à l?instantané qui vaut zéro. Là, on quitte nos amis britanniques. Pour eux, pas de telles nuances subtiles ; l?instant et l?instantané, sont l?immédiat.
Pour le temps passé, le Français parle de l?âge, l?Anglais aussi. Pour la fatigue de l?âge, le Français parle du vieillissement. L?Anglais, au lieu de former un mot à partir de « old », n?hésite pas à parler d?« ageing ».
What time is it ? = Quelle heure est-il ? La précision devient française. On notera, en conséquence, la confusion britannique entre heure et temps. L?heure est une notion quantitative alors que le temps (the time) est une notion qualitative imprécise. La quatrième dimension ne saurait être traitée avec autant de légèreté.
Là, où on voit que le cartésianisme se limite aux jardins à la française, c?est quand on aborde les choses climatiques en parlant du temps qu?il fait. Le mot temps va aussi désigner les manifestations météoriques dont la science est appelée météorologie. Le « populaire », faute d?un mot adéquat, a immédiatement trouvé un raccourci. Ce temps-là est devenu la météo. Les Anglais n?ont pas eu ce souci puisqu?ils disposaient dans leur vocabulaire du mot « weather ».
Pour exprimer les dégradations dues aux variations de température, d?humidité, du vent et de tous les éléments généreusement distribués par la nature, nous pouvons employer le mot, commun aux deux langues « érosion ». Nos voisins britanniques lui préfèrent « weathering ». Ils réservent l?érosion aux laminages répétés des vents de sable, des marées, des vagues de la mer, de la progression des glaciers et des courants de toutes sortes.
En combinant l?« agéing » et le « weathering » on obtient une parfaite image de la dégénérescence des choses et des gens.
On croyait avoir trouvé la quintessence de la philosophie lorsque François Mitterrand lança la mode de sa pensée ronflante et creuse :
« Il faut laisser le temps au temps »
Sortie d?un contexte purement météorologique, cette ânerie n?est qu?une forme de pléonasme.
Pour revenir à l?étymologie du mot météorologie, on avait raison de penser qu?il s?agirait là de l?étude des météores. On notera, en passant, la grande différence de définition entre le dictionnaire Larousse et la météorologie. En effet le dictionnaire définit le météore comme le phénomène lumineux produit par l?ignition de la météorite lorsqu?elle brûle en rentrant dans l?atmosphère. C?est la fameuse étoile filante. Pour les météorologues, les météores sont constitués par toutes les choses naturelles qui descendent de l?atmosphère. Ainsi, les pluies, la neige et la grêle sont considérées comme des météores aqueux. Les comètes aussi sont des météores à queue, mais elles ne tombent pas sur la terre. La différence d?orthographe trouve peut-être là son explication. C?est quand même beau, clair et précis la langue française, la plus intelligente et la plus belle du monde comme chacun sait.
La créativité des hommes médiatiques est très grande pour faire évoluer la langue française. Le résultat n?est pas toujours heureux. Ainsi, le général De Gaulle avait lancé et répété son fameux « tirer les conséquences » qui émaille, désormais, tous les discours publics. Avant cela, on se contentait de prévoir, d?envisager ou de mettre en garde contre ; ces fameuses conséquences. Par contre, de tout cela on peut tirer des conclusions. Comme quoi on ne peut pas tirer n?importe quoi et n?importe qui n?importe comment.
Le grand présentateur Jacques Martin a créé des prononciations qui ont fait école. Désormais, sur les ondes, le mois de Juin se prononce JOUIN, le zoo s?entendra ZOU et la jungle : la JONGLE. On remplace l?expression « par rapport » ou « le rapport avec » par le « rapport à ».
L?E.NA nous abreuve de « en tout état de cause » qui ne veut rien dire, on peut le supprimer sans changer le sens de la phrase. De même, en parlant, on ajoute des « e » là où il n?y en a pas ce qui donne :
« Il fallaite abandonner le navire, car, il étaite en train de couler »
Il suffit qu?un Président de la République quelconque lance la mode pour que tous les présentateurs de télévision et les hommes politiques, godillots perroquets, suivent et répètent. On pouvait penser que « c?étaite » une façon de chercher ses mots mais il n?en est rien. Même, quand un Président de la République a la flemme d?apprendre les discours qu?on a écrits pour lui et qu?il lit son texte sans pudeur, il continue cette manie disgracieuse. Là, au moins, le Général de Gaulle connaissait les textes qu?il apprenait par c?ur, d?autant plus facilement que c?est lui qui les composait.
Le populaire n?emploie pas « en tout état de cause » réservé aux énarques ou à « la France d?en haut ». Même le « en quelque sorte » qui eut son heure de gloire, s?est limité aux classes moyennes. Il s?invente et lance ses propres modes qui ont substitué le « tout à fait » à la bonne vieille affirmation OUI, puis les « c?est vrai que » entrecoupés de « en fait » à répétition. Cela passera mais on sent une menace avec « c?est clair » qui pointe le nez, mais sans faire encore tache d?huile.
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