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Fin de Calibre : Une petite mort pour les petits éditeurs
Le distributeur de la petite édition en liquidation
Par Damien Paccelleri, le lundi 09 mai 2011 à 10:06:12 - 3 commentaires
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directeur des éditions Écrans
Étant distribué par Calibre comme près de 120 autres éditeurs, la nouvelle risque d'en mettre quelques-uns sur le carreau. Dès lors, une question nous vient en tête : comment cette structure créée à l'origine pour contribuer à la diversité éditoriale et donner un coup de pouce aux plus petites maisons d'édition s'est-elle enferrée avec l'échec ?
Du point de vue de l'éditeur, la raison principale est certainement le fait que la distribution d'un livre (réception des commandes par la structure, facturation au libraire, gestion de la logistique de l'envoi du livre à la librairie puis paiement de l'éditeur) ne peut se passer de la diffusion (faire connaître son livre auprès du libraire par la visite de commerciaux).
Si le petit éditeur vend et communique par diverses manières (auprès d'un public niche, d'amis, d'associations, de professionnels, par la voie du numérique, en communiquant par les réseaux sociaux, les médias, etc.), ce dernier ne peut que rarement se passer d'une diffusion dite « classique », c'est-à-dire par la présence de son livre en librairie.
« Le SNE est fortement engagé au service de la petite édition : 40 % de nos adhérents sont au niveau de la cotisation minimale forfaitaire et pratiquement tous nos nouveaux adhérents depuis 3 ans sont de petites maisons d’édition indépendantes, de création récente », rappelle Antoine Gallimard, président du SNE. (le communiqué du SNE)
Généralement cet éditeur de taille modeste prend à sa charge la diffusion, mais n'a guère l'efficacité d'une structure dont c'est le métier, dont les commerciaux ont depuis de nombreuses années l'expérience et le relationnel nécessaire pour aborder les librairies. De plus, partir à la rencontre des libraires est incroyablement chronophage (pendant ce temps les petites structures d'éditions ne se mobilisent pas sur la création ou leurs projets de livres) et se limite souvent à une présence géographique régionale dudit éditeur.

Tout cela fait très peu de ventes en librairie dont dépend le distributeur et impacte gravement tant ses résultats financiers que celui de l'éditeur puisque dans le cas des éditions Écrans, nous avons tous gardé d'autres emplois, faisant de notre activité éditoriale un plaisir avant d'être une activité professionnelle viable.
Reste un autre point de vue, celui du partenaire logistique, Axelis +. Plusieurs employés se sont fendus de la même observation et de la même crainte pour leur avenir. « Calibre a désormais une belle ardoise envers Axelis+ et si cela n'est pas réglé rapidement, ce sont probablement deux emplois qui vont sauter ».
Dans une conjoncture culturelle et économique qui pousse les maisons d'édition à muer, tout particulièrement en terme de compétences et de salaires, la mise à mort de Calibre est une nouvelle étape dans la nécessaire réflexion sur le devenir de l'édition, notamment pour toutes ces petites structures qui continuent à donner aux lecteurs des livres et ouvrages à forte valeur ajoutée.
Par Damien Paccelleri, le lundi 09 mai 2011 à 10:06:12 - 3 commentaires
Mots clés :
distribution -
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independants -
calibre
Publié par Heu..
Calibre est le logiciel le plus connu et le plus grand public.
Or, calibre ne sert pas des masses aux éditeurs, il sert plus au piratage...
Sigil et Atlantif sont de véritables outils d'édition, plus complet et plus complexe, mais visiblement vous faites l'impasse...
Calibre c'est un logiciel pour dépanner, pas pour faire de l'édition pro, même si le résultat que l'on obtient avec calibre est supérieur aux fichiers acquis légalement, c'est dire...
Mais Sigil et atlantis sont bien plus puissant, plus compliqué, mais bien mailleur...
Publié par Libervitalis
La question qui demeure à présent : vers qui les éditeurs en cours de professionnalisation (de leur maison d'édition, ou plus précisément de leur outil commercial) vont-ils pouvoir se tourner pour assurer la diffusion distribution de leur catalogue ? Les structures de tailles intermédiaires qui pouvaient absorber de nouveaux éditeurs sont faméliquement rares aujourd'hui et tous se tourneront vers le plus connu d'entre eux, Pollen/Littéral. A-t-il la capacité d'accepter tout le monde et de croître jusqu'au point de rupture connu par Distique ?
Il faut avoir également à l'esprit que de nombreux éditeurs débutent par l'auto-diffusion distribution ils n'ont souvent pas le choix, mais c'est malgré tout un exercice salutaire pour apprendre le métier (phase de développement contrainte par les coûts postaux toujours aussi peu adaptés et prohibitifs, mais c'est un autre débat). Or, et là je m'appuie sur l'étude Regards sur l'édition de Legendre et Abensour, les structures pérennes ont, à près de 85 % (!), évoluées pour atteindre un catalogue qui leur permettent d'accéder aux exigences d'un diffuseur distributeur. À l'inverse, au delà de trois années, l'autodiffusion distribution est un facteur de fragilisation.
Voilà qui renforce le sentiment de crainte (justifiée ?) pour la petite et moyenne édition française.
Un des solutions à envisager serait, comme l'on rencontre des aides du CNL à l'édition et à la librairie, des aides directes à la diffusion distribution soient pour une structure soit pour la pérennisation à temps plein d'un poste de diffuseur au sein d'une maison d'édition. On peut rêver, c'est le temps des élections...
Publié par Albert - pourpenser
J'ai toujours dans mes archives l'invitation du 21 mars 2006 où Bernard de Fréminville, Guillaume Husson, Liana Levi, Eric Delafon et Gilles de La Porte nous invitaient à un forum pour découvrir "une solution pour la distribution de la petite édition"
Je me rappelle avoir été plutôt intéressé à l'époque par l'idée : nous avions 4 ans d'existence, 11 titres au catalogue et commencions à sérieusement nous poser des questions concernant la distribution.
Après analyse nous n'avons finalement pas donné suite au projet.
La principale raison ? Les libraires représentent moins de 50% de nos ventes professionnelles. Nous avons remarqué que nos livres étaient mieux accueillis et mis en valeur dans des points de vente où le livre n'est pas l'unique sujet.
Par exemple certains de nos livres trouvent parfaitement leur place dans les épiceries bio ou dans les magasins de puériculture.
Du coup, nous avons mis en place notre propre logique de diffusion/distribution.
- diffusion via internet à 80%
- logistique/expédition via une entreprise de l'économie sociale et solidaire
Ne pensez pas que nous tirons sur les libraires. Au contraire ! Nous aimerions travailler plus avec eux, mais nous constatons simplement que cette profession est gravement sinistrée : la plupart des libraires avec lesquels nous discutons se retrouvent noyés par les offices des grandes maisons. Offices qu'ils sont obligés d'accepter s'ils veulent pouvoir présenter les blockbusters qui assurent une bonne partie de leur chiffre d'affaires et qui fait rentrer le client dans la librairie.
Du coup, les libraires peinent à trouver le temps et l'énergie pour de regarder vers les petites maisons qui assurent pourtant la bibliodiversité créative de l'édition.
Après plusieurs années d'essais divers et variés, avec plus de 50 titres au catalogue et une équipe de 4 salariés, nous sommes persuadés qu'il y a de nombreuses pistes à explorer pour des petites/moyennes structure : des pistes qui privilégient une plus grande diffusion et diversité des livres auprès des lecteurs.
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