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Macé Scaron déplore une 'surabondance de livres' qui rend idiot
Et surtout, que si Montaigne l'avait fait avant lui, et La Fontaine avec, lui a le droit d'emprunter
Par Nicolas Gary, le mercredi 31 août 2011 à 13:09:11 - 6 commentaires
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JMS voit dans la situation « deux débats, en fait ». D'un côté, ce qui relève du plagiat ou de l'emprunt, et en face, l'accusation directe, ad hominem, contre l'homme de médias. Cette seconde partie, on s'en fiche un peu royalement ici ; ce qui compte, c'est plutôt de savoir ce qui peut se passer dans la tête d'un homme qui propose dans son livre autant de raisons de s'étonner, et de retrouver des passages multiples, puisés dans des oeuvres variées.

Alléguant qu'au moment des révélations d'Acrimed, il n'y a eu de sa part « ni négation, ni dissimulation », JMS déplore avoir subi « un réquisitoire ». C'est que, depuis qu'il écrit, JMS se donne le droit d'avoir recours « à l'emprunt, à la citation, sans guillemets, ce que l'on appelle l'intertexte, au clin d'oeil ». Une pratique qui n'aurait aujourd'hui plus cours. Et de revendiquer les méthodes des Anciens, qui « pratiquaient l'imitation ».
« Ça se passe de manière assez simple », pour JMS, qui prend des notes au cours de plusieurs mois de lectures, relevant des passages qui serviront à enrichir son ouvrage. « On a tous appris en classe les fables de La Fontaine, enfin j'espère. Si vous prenez une fable de La Fontaine et vous prenez une fable d'Ésope à côté, on a l'impression que c'est du copier-coller. » Et de revendiquer le « jeu libre de l'auteur ».
Et c'est en toute innocence qu'il assure pratiquer ce jeu littéraire. C'est que tout cela ne relève pas du domaine de l'inspiration, mais bien du jeu, de « l'autodérision du narrateur ». Finalement, une mise en scène qui ne serait possible que par le biais de cet exercice de reproduction modifiée. Sauf que... « Aujourd'hui, il y en a certains qui considèrent que la littérature est sacrée et que c'est quelque chose auquel on ne peut pas toucher. » Dont acte.
Montaigne à la rescousse, pauvre Sénèque
D'ailleurs, JMS rappelle qu'il n'y a pas qu'un emprunt, « il y en a plusieurs ». Et dans tous les cas « nous ne sommes pas propriétaires de nos textes », lesquels nous échappent, bien évidemment. Notre époque moderne ne permet cependant plus ce type de création. Et de citer Hélène Maurel-Indart, universitaire spécialiste de la chose :
Mais le problème, c'est que la surabondance de livres fait qu'une grande partie des lecteurs ne reconnaissent pas la référence. « Ça, c'est un grand élément. » M'enfin, Montaigne citant Sénèque, c'est une chose, Joseph. Et reconnaître que les livres sont aujourd'hui devenus un enjeu commercial, ne suffit pas à justifier les méthodes de rédaction.Lorsqu’au XVIe siècle Montaigne cite Sénèque sans guillemets, il s’adresse à une même communauté de lecteurs formés à la même culture humaniste et détenteurs des mêmes références textuelles.
Il serait bon de livrer un avertissement au lecteur, pour lui dire que c'est un imbécile, et qu'il ne comprendra pas les éléments utilisés dans ton livre, ce serait plus rapide. Et moins contraignant.
Présent hier soir dans le Petit Journal de Canal +, c'est une méthode de défense similaire qu'il avait adoptée.
« Je pourrais dire c'est Macé ou Scaron qui l'a fait, mais oui, j'ai fait un emprunt. Quand on m'a demandé si j'avais fait un emprunt, j'ai dit oui je l'ai fait (...) C'est pas une création littéraire, c'est un clin d'oeil fait à Bryson (...) Quand on aime un auteur... si on veut faire un clin d'oeil, on prend note, on modifie plus au moins, ça dépend du degré de connivence qu'on veut établir entre l'auteur et le lecteur. » (voir l'Express)
On pourra aussi retrouver une liste des multiples révélations et découvertes sur le livre de Macé-Scaron à cette adresse.
Par Nicolas Gary, le mercredi 31 août 2011 à 13:09:11 - 6 commentaires
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Publié par Pierre de Malgachie
C'est dit, Joseph, il y a trop de livres. Si tu en profitais pour arrêter d'écrire, cela en ferait déjà quelques-uns de moins...
Publié par Roger Coeuré
DU DÉVOIEMENT DE LA LITTÉRATURE CONSIDÉRÉ COMME UN JEU MÉDIATIQUE
Le mélange du spectacle et du littéraire...L'arrogance de l'homme médiatique sûr de son fait (ou de son influence au sein du "milieu" puisqu'il est invité en prime-time, cqfd); l'ironie tenant lieu d'argument ( vanne d'un animateur-maison: "...pour la définition de l'intertextualité...j'ai tout pompé sur Wikipédia"...ouarf!Ouarf! On applaudit) /; le cynisme assumé ("-vous auriez copié cinq écrivains...-Beaucoup plus même!..."); le réflexe victimaire comme élément de défense (allusion à des attaques homophobes)...etc: tout concourt à dévaloriser la littérature qui n'est plus qu'un outil de promotion d'un cercle restreint de décisionnaires influents qui se tiennent les coudes (cf. défense d'Assouline)... Les conséquences : on est dans le même processus de suspicion, de doute et de dégoût que pour la classe politique (le fameux "tous pourris" que le nombre récurrent d'affaires s'évertue à confirmer en brouillant les nuances).
Qu'on ne s'étonne pas que les gens lisent de moins en moins de livres au profit de sa mise en scène dans l'arène médiatique!
Publié par Alain
Peut-être que les deux auteurs ont le même nègre.
Publié par laura
pourquoi donner le lien de fds alors qu'Acrimed, qui a découvert l'affaire offre une analyse beaucoup plus détaillée? Rendez à César...
Publié par Mcbook
Etiez-vous obligé de renvoyer au site nauséabond "fdesouche"???
Publié par finriel
et ça vous gène pas bande de connards de faux journalistes de vous sourcer sur des sites d'extreme droite ?
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