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Retour sur le mystère de la succession Sherlock Holmes
Même le personnage de Sir Arthur Conan Doyle pourrait s'y perdre !
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Et il faut bien avouer que la bataille autour des droits de cette création a été pleine de rebondissements dont les échos nous parviennent encore aujourd'hui. La raison de cela est que les droits se sont baladés de main en main depuis le décès de l'auteur en 1930.
Les héritiers directs
C'est tout d'abord le fils aîné de l'écrivain, Denis qui en a hérité. À sa mort en 1955, les droits sont revenus à son frère Adrian décédé en 1970. La fille de Conan Doyle les récupère donc. Jusque là rien de bien terrible mais voilà, la veuve de Denis (le 1er héritier) a tout fait pour récupérer les droits. Et elle y est parvenue. Elle a donc fondé la Baskervilles Investments Ltd. La société n'a pas tenu le coup et a été saisie ainsi que les droits par la Royal Bank of Scotland. En 1976 celle-ci vend les droits à un producteur américain Sheldon Reynolds.Le Copyright Act de 1976 aux États-Unis permet à la fille de Conan Doyle, Jean, de récupérer les droits que la veuve de son frère lui avait enlevés. A son décès en 1997, elle fait don de ces droits Royal National Institute of Blind People qui les revendent aux héritiers de Conan Doyle. Ils créent une entreprise familiale pour les gérer.
Le retour de l'ex-épouse du producteur
Bon, là on pourrait croire que l'on est arrivé à la fin de l'histoire mais il n'en est rien. En effet, l'ex-épouse du producteur américain Sheldon Reynolds (fin du 3e paragraphe pour ceux qui seraient perdus), Andrea Plunket, les réclame. Elle argue que c'est sa famille qui aurait financé l'achat des droits à la Royal Bank of Scotland. S'en suit une série de procès depuis 1990 qui n'ont jamais penché en faveur d'Andrea Plunket et n'ont jamais autorisé sa tentative de dépôt de marque sur le nom Sherlock Holmes.
Aux États-Unis, Sherlock Holmes n'entrera pas dans le domaine publique avant 2023, ce qui laisse présager encore quelques petites querelles. d'autant plus qu'Andrea Plunket ne semble pas décidée a laisser courir cette affaire de droits. On pourra retrouver toute cette histoire plus en détail dans les colonnes du New-York Times.
Publié par Saint-Joanis
Bonjour,
Les choses sont plus simples que l'article du New York Times le laisse penser : toute l'?uvre de Conan Doyle est désormais libre de droits, sauf une douzaine de nouvelles pour lesquelles seuls les éditeurs diffusant aux Etats-Unis doivent encore verser un droit aux héritiers, représentés par Jon Lellenberg, jusqu'en 2023.
Madame Plunkett, elle, n'a aucun droit, mais elle en réclame beaucoup et certains, par ignorance, paient, comme les éditions Librio en France, par exemple.
Un cabinet d'avocats d'affaires international s'est penché sur le sujet récemment et a confirmé ce qui précède. La Warner ne devait donc rien à personne. Ni à Plunkett, ni aux héritiers, car le film n'est pas une adaptation des nouvelles encore sous licence. Mais par précaution, et parce que les montants étaient peu élevés, la maison de production a payé, aux héritiers, et peut-être même à Plunkett.
Dans le même cas de figure, un société de production de jeux vidéo produisant une série mettant en scène le personnage, bien que "menacée" de devoir payer des droits par le représentant légal des héritiers aux Etats-Unis, a passé outre de façon tout à fait légale.
En résumé, pour Sherlock Holmes, on donne si on veut aux héritiers, mais rien ne vous y oblige plus, si ce n'est l'ignorance du sujet, qui n'est pas, je l'avoue, élémentaire !
Thierry Saint-Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France, BSI, et ami de longue date des héritiers de sir Arthur.
www.sshf.com
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