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Serge Eyrolles : Vendre les ebooks plus cher que le livre papier

Comment ils appellent ça au Canard ? Le mur du Çon ?

Par Clément S., le lundi 15 juin 2009 à 17:19:45 - 7 commentaires

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C'est évident, le numérique tient particulièrement à coeur du SNE et de son président, Serge Eyrolles. Mais l'homme est également éditeur et libraire, au travers du groupe Eyrolles. Dans un entretien accordé au Nouvel économiste, il explique sa vision du monde, directement : « J'ai toujours eu cette culture du livre pratique. Les livres théoriques me soûlent. J’en ai eu trop dans mon éducation », explique-t-il pour présenter sa maison.

Dématérialiser ? Du pipeau !

Évoquant la numérisation par Google, le grand risque, justement pour des ouvrages pratiques, il insiste sur les piliers de l'économie du livre en France : défendre la librairie et le prix unique du livre. « Mais nous sommes confiants, ce n’est pas pour demain. Le numérique est un vrai dossier, le principal enjeu pour l’avenir du livre. »


Sauf que pour ce qui est de la dématérialisation, ce n'est que du « pipeau », car seuls les constructeurs mènent le combat pour l'heure. « Mais il n’y a pas de norme. Actuellement, le marché du livre numérique, sous toutes ses formes, n’existe pas » précisent nos confrères. Hmm... pas de norme ? Le terme devrait être défini...

Vendre les ebooks plus cher que le papier

Et d'affirmer l'inexistence dudit marché numérique : les amateurs d'ebooks apprécieront. Et ils pourraient tomber des nues avec des déclarations comme suit : « Il faut voir comment les choses se modélisent, car pourquoi vendre un livre numérique moins cher qu’un livre papier ? Pour l’instant, c’est le cas. On les vend moins cher malgré une TVA à 19,6 % sur support numérique et à 5,5 % pour le livre papier. Je pense qu’il faut vendre le livre numérique plus cher ou au même prix. Par conséquent, nous nous battons pour avoir une loi sur le prix unique qui serait étendu au numérique. »

Plus cher, le livre numérique ? C'est le monde à l'envers et l'exacte inverse tendance du marché. Ah, oui, sauf en France, en effet...

LIbrairie, éditeurs, papier...


Quant à la vision de la librairie, on pourrait se poser de sérieuses questions en lisant cela : « Je crois que le métier d’éditeur aujourd’hui consiste à sortir très rapidement les livres. Je ne parle pas de l’actualité qui est toujours sortie assez vite. Donc, en province, votre libraire aura tout au plus 7 000 bouquins, tandis qu’une grosse librairie comme la Fnac propose 150 000 titres. » Décidément...

Pour ce qui est de la maison d'édition Eyrolles, priorité également à la vitesse qui les distingue des grands groupes. « Je veux des devis concrets faits par des praticiens, et non par des pseudo-spécialistes qui vous disent comment être plus heureux, comment maigrir en trois jours ou comment vivre mieux », affirme-t-il. Avec un secret de fabrication hors-norme : être à l'affût, en permanence et lire la presse. Certes... mais surtout : « Enfin, il y a une règle d’or : ne jamais publier les livres qu’on aime. Nous avons un fonds qui se vend régulièrement, ce qui fait notre force : nos livres se vendent pendant des années et des années, avec des tirages moyens de 3 000 exemplaires. Les invendus représentent 17 % des livres publiés. »

Pas de crise chez Eyrolles, faut faire son CV

Et quid de la crise ? Aucun problème chez Eyrolles : au contraire, les gens ont besoin des conseils prodigués dans les livres que sa maison publie, autant que de savoir comment mieux gérer son entreprise. « Notre secteur d’édition économique et de management est florissant grâce à la crise ! Avec le chômage actuel, les gens ont besoin de rédiger leur CV. La gestion d’entreprise, de personnel, l’efficacité professionnelle marchent bien également. Tous ces bouquins n’ont aucun intérêt en période de croissance. Les gens sont paniqués et veulent apprendre à rédiger, à se comporter, ou apprendre tout court. Avec un retour sur soi-même et sur le bien-être. »

Revenant également sur la relation au livre, le célèbre couplet Le bruit et l'odeur, M. Eyrolles n'hésite pas à balayer l'idée qu'un livre numérique puisse avoir une vie. Pour lui, c'est du papier avant toute chose, le reste c'est de la littérature : « Il y a une relation entre le livre et l’individu qu’on ne retrouve avec aucun autre produit culturel. » Et il est primordial de payer : « Le livre gratuit est une “connerie” ».

Et pour ce qui est du pilon, on vous laisse découvrir le morceau plaisant sur le site du Nouvel économiste.

Sources :



Par Clément S., le lundi 15 juin 2009 à 17:19:45 - 7 commentaires

Mots clés :
Serge - Eyrolles - numérique - cher

Réactions

Publié par nickthebest

 

Les amateurs d'ebooks étant quasiment tous des anglo- saxons et l'interview de Serge Eyrolles n'étant pas traduite dans la langue de Shakespeare, personne ne s'énervera. De plus, Eyrolles ne dit pas que des conneries... Internet a tué la musique, bientôt le journalisme d'investigation, on peut - peut-être - arrêter les frais. Vendre des livres à 5 euros maxi, ce n'est pas forcément à souhaiter. Sauf à se dire qu'on a qu'à se contenter de lire les livres du domaine public et/ou les fabriquer dans sa cave.

Écrit le 15/06/2009 à 18:27

Répondre | Alerter

Publié par Morgane

 

Bien que l'article d'Actualitté soit intéressant (comme d'hab!), je trouve qu'il déforme les propos de Serge Eyrolles.

Il ne suffit pas de copier/coller dans ses dires tout ce qui pourrait être attaqué. Malgré ses opinions parfois bien campées (et discutables), il soulève des enjeux importants.

Ceux d'une librairie physique par rapport au virtuel:
"Le système éditorial français veut que l?on vende des livres que ni les consommateurs ni les libraires n?ont commandés. On leur balance nos produits en leur disant payez-nous d?abord et vendez-les après. C?est le côté malsain du système. Comme la production est supérieure à la capacité du libraire à diffuser les livres, vous avez des moments où cela s?engorge. Ce qui nous condamne paradoxalement à produire. Le jour où vous arrêtez , le concurrent prend votre place."

C'est là où l'importance de la vente en ligne prend tout son sens, avec des boutiques virtuelles à millions d'exemplaires (les mêmes bien sûr, que peut proposer le libraire de quartier à la commande dans des délais parfois plus brefs, mais ça, le consommateur virtuel s'en fout ^^)

Et ce passage ci : "Le problème est que certains proposent des livres numériques clonés des livres papier qui intéressent peu, alors qu?il faut fabriquer des livres numériques avec valeur ajoutée grâce à de la vidéo, du son, des animations. Cela conviendrait pour des ouvrages de recettes de cuisine, sur les pompes à chaleur ou le photovoltaïque. On n?est plus dans l?univers du livre, mais dans la vente d?informations. C?est l?avenir, mais ce marché n?est pas encore là. Tant mieux pour nous."
Ce pourrait être l'un des enjeux du livre numérique pratique de demain: la valeur ajoutée.

On attend du livre numérique un prix réduit, mais sur quelle bases: les coûts de fabrication? (soit 15 à 19% du prix du livre papier), quels sont-ils? Quel sera la marge de la plateforme de vente? Ce prix devra peut-être être modulé par le coût de la diffusion sur un marché extrêmement prolifère. Comme le dit Serge Eyrolles: il faut produire toujours plus pour gagner sa place en vitrine.

Qu'en est t'il sur internet?
Sur ces bases, il y a tout à faire.

Qu'en pensez-vous?

Écrit le 16/06/2009 à 09:12

Répondre | Alerter

Publié par Morgane

 

Bien que l'article d'Actualitté soit intéressant (comme d'hab!), je trouve qu'il déforme les propos de Serge Eyrolles.

Il ne suffit pas de copier/coller dans ses dires tout ce qui pourrait être attaqué. Malgré ses opinions parfois bien campées (et discutables), il soulève des enjeux importants.

Ceux d'une librairie physique par rapport au virtuel:
"Le système éditorial français veut que l?on vende des livres que ni les consommateurs ni les libraires n?ont commandés. On leur balance nos produits en leur disant payez-nous d?abord et vendez-les après. C?est le côté malsain du système. Comme la production est supérieure à la capacité du libraire à diffuser les livres, vous avez des moments où cela s?engorge. Ce qui nous condamne paradoxalement à produire. Le jour où vous arrêtez , le concurrent prend votre place."

C'est là où l'importance de la vente en ligne prend tout son sens, avec des boutiques virtuelles à millions d'exemplaires (les mêmes bien sûr, que peut proposer le libraire de quartier à la commande dans des délais parfois plus brefs, mais ça, le consommateur virtuel s'en fout ^^)

Et ce passage ci : "Le problème est que certains proposent des livres numériques clonés des livres papier qui intéressent peu, alors qu?il faut fabriquer des livres numériques avec valeur ajoutée grâce à de la vidéo, du son, des animations. Cela conviendrait pour des ouvrages de recettes de cuisine, sur les pompes à chaleur ou le photovoltaïque. On n?est plus dans l?univers du livre, mais dans la vente d?informations. C?est l?avenir, mais ce marché n?est pas encore là. Tant mieux pour nous."
Ce pourrait être l'un des enjeux du livre numérique pratique de demain: la valeur ajoutée.

On attend du livre numérique un prix réduit, mais sur quelle bases: les coûts de fabrication? (soit 15 à 19% du prix du livre papier), quels sont-ils? Quel sera la marge de la plateforme de vente? Ce prix devra peut-être être modulé par le coût de la diffusion sur un marché extrêmement prolifère. Comme le dit Serge Eyrolles: il faut produire toujours plus pour gagner sa place en vitrine.

Qu'en est t'il sur internet?
Sur ces bases, il y a tout à faire.

Qu'en pensez-vous?

Écrit le 16/06/2009 à 09:12

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Publié par nickthebest

 

Arrêtons d'opposer éditeurs papiers et éditeurs d'ebooks, partisans d'Hadopi (hou les affreux ringards) et détracteurs d'Hadopi (youpi les digital natives). Morgane, à la suite de Serge Eyrolles fait le simple constat d'une réalité en magasins. Une fois qu'on a dit cela, il faut effectivement savoir le plus qu'apporte le numérique. Si c'est juste une question de plateforme ou de format d'enregistrement... Non, les ebooks doivent proposer du contenu. Les CD ont apporté la qualité audio, les DVD ont apporté des bonus, quid des ebooks ? Et si des contenus venaient à être développés spécifiquement pour les ebooks, comment l'éditeur pourrait-ils les rentabiliser ? Arrêtons les stéréotypes, demandons-nous si c'est vraiment la position du Syndicat des éditeurs et de ses affiliés qui fait que, pour le moment, la mayonnaise ne prend pas très vite.

Écrit le 16/06/2009 à 09:42

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Publié par zizou

 

Ils ne méritent que le piratage auquel ils devront faire face !

Bien fait !

http://www.drigg-france.com/CULTURE/POURQUOI-LES-EDITEURS-TRADITIONNELS-MERITENT-DE-MOURIR-DE-PIRATAGE-DE-LEURS-LIVRES

Écrit le 17/06/2009 à 14:13

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Publié par steevyyy

 

Rien ne justifie le prix d'un ebook aussi chère faut pas prendre les consommateurs pour des cons!
quand je vois des ebook a 17£ alors que la version papier (en Hardpaper s'il vous plait!) est elle a 14£ je trouve ca débile!
Comment pensent t-ils réussir une baisse voir un arrêt des pirates quand on voit ce genre d'abération?
Je préfère attendre quelques semaines d'avoir un contenu illégale que d'enrichir les maisons d'éditions qui se font le maximum d'argent possible, en entubant et le consommateur et l'auteur ....
(ils ont même réussit a faire mieux dans certains domaines comme l'éditions scientifique : ne pas payer l'auteur et facturé le consommateur.....TOUT benéf!!!)

Arrêtez de tendre le bâton pour qu'on vous frappe avec, ne vous faite pas avoir sous des faux prétexte de contenu amélioré pour vos lecteurs d'ebook, je serais prêt a parier qu'une fois que l'auteur leurs a adresser le manuscrit (et maintenant la version informatique de celui ci) que les editeurs se contentes seulement rajouter leurs logo et leurs noms...

A moins de faire un effort significatif sur les prix je pense que l'édition a autant de soucis a se faire que la musique....

Écrit le 03/02/2010 à 21:35

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Publié par furaxe

 

Pourquoi personne de dit nulle part que Eyrolles a été attaqué par l'association CORAL condamné (et a perdu) par deux fois pour détournement de la loi Lang ? Top pour un président du syndicat national des éditeurs, non ?

Écrit le 13/04/2010 à 19:55

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