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Le monde de l'édition > Société > Actualité

Un lieu unique de la vente de livres, ou la librairie contre Internet

Par Jean-Marc Roberts...

Par Nicolas Gary, le mercredi 17 août 2011 à 18:09:12 - 15 commentaires

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Ça faisait longtemps que le patron de la maison d'édition Stock n'avait pas déployé l'un de ces petits coups d'éclat dont il a le secret. Pour mémoire, l'éditeur de Françoise Sagan avait déjà eu une petite pique bien sentie, en 2009, lâchant que l'ebook, c'est bon pour les SDF. Et il en remet une couche.

Une couche qui est pourtant dans l'air du temps. Rappelez-vous : fin juillet, une campagne de communication était lancée par plusieurs organisations professionnelles, pour soutenir la librairie, en partenariat avec de grands noms de la presse.

« Une vingtaine d’insertions paraîtront à partir de fin juillet, pour un montant brut du plan média de 500.000 €. Près de 30 % de la population française âgée de plus de 15 ans y seront exposés : 30 millions de contacts. » Dans ce contexte, les grands journaux décidaient d'offrir gracieusement cette affichage publicitaire pour soutenir la librairie physique. (voir notre actualitté)

Pour une loi sur le lieu unique ?

C'est dans ce contexte de mobilisation qu'il faut donc replacer l'intervention du patron de Stock.

Invité sur Europe 1 à discuter de la rentrée littéraire, le voici qui fustige immédiatement l'intrusion de « ces petites machines que l'on voit partout que l'on appelle ordinateurs », qui ont participé à la destruction, estime-t-il, des autres rentrées dans le domaine de la musique ou du cinéma. Principalement parce qu'elles facilitent le piratage. Et comme le déplore Numérama, la réaction de Roberts est exactement celle que l'on pouvait attendre.


« Je vous avoue mon inquiétude. Je ne suis pas d'habitude très pessimiste, je suis plutôt “allez on y va, on positive, etc.”, mais là, la première chose qu'il faut dire, c'est que certains libraires indépendants - les petits, les moyens, les grands aussi, sont en danger de mort. On peut publier autant de livres que l'on veut, si les gens ne retournent pas en librairie... » On comprend mieux, en se souvenant donc de la campagne lancée, des motivations qui l'animent.

Et telle une suite logique à la loi sur le prix unique du livre, mise en place et défendue par Jérôme Lindon et Jack Lang voilà trente ans, il préconise désormais une autre loi. En plus d'un prix de vente pour les livres, qui est, sur tout le territoire français le même, il invite à se « battre pour un lieu unique ».

Quid ? « Le lieu unique c'est la librairie, c'est pas la vente en ligne. La vente en ligne, moi je crois que c'est ça qui va peu à peu détourner le vrai lecteur de son libraire, et donc de la littérature. »

Temps de cerveau contre temps de chien

Alors évidemment, Jean Birnbaum, nouveau rédacteur en chef du Monde des livres, présent à la radio, se gardera bien de contredire M. Stock : on ne peut pas prendre le risque de perdre un annonceur publicitaire. Mais il faut aussi reconnaître à Jean-Marc Roberts l'honnêteté de dire que la rentrée, c'est avant tout la course aux prix « qui font toujours plaisir aux auteurs ». Cela dit : « Je lis aussi la concurrence, heureusement », lâche-t-il.

Mais le meilleur est pour la fin : « Le temps de cerveau disponible est beaucoup moins important, et malheureusement que ce soit pour les radios, pour les éditeurs, pour les libraires, je pense qu'il y a tout un temps consacré à aller sur un blog, choper une info, un scoop, une rumeur qu'on n'a pas... les gens passent deux à trois heures quotidiennes de leur vie à faire ça et pendant ce temps-là ils ne lisent pas ».

Eh oui : quand les meilleures ventes sont inférieures à ce qui se faisait voilà encore un an ou deux, précise-t-il, il est très inquiet, M. Roberts. Et comme il a l'air de mépriser internet - contrairement à la littérature populaire - on ne lui donnera pas rendez-vous très bientôt... avec ActuaLitté...

Contacté par ActuaLitté, Hachette, groupe qui possède les éditions Stock, n'était pas disponible pour commenter la réaction du patron...

Sources :



Par Nicolas Gary, le mercredi 17 août 2011 à 18:09:12 - 15 commentaires

Mots clés :
rentrée - litteraire - librairie - défendre

Réactions

Publié par Pr Raynal

 

Soir ce monsieur pense réellement ce qu'il dit, et c'est grave (et cela confirme mon opinion sur la tiers mondialisation de la lecture électronique en France), soit il se paie la fiole des audietrus et c'est encore plus grave.
Ne vous en faites pas, Mr les parasi.. heu les éditeurs: si vous refuser la révolution numérique, les auteurs la feront sans vous.

Écrit le 17/08/2011 à 15:12

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Publié par Fred

 

C'est tellement absurde que ça ne mérite pas d'être commenté. Mais si c'est ça la réponse de l'édition française au numérique, d'abord, ils sont fichus, et ensuite, heureusement!

Écrit le 17/08/2011 à 21:38

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Publié par Ludovic

 

La France compte de moins en moins dans le monde... on voit pourquoi.

Écrit le 18/08/2011 à 02:34

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Publié par Paul

 

A chaque fois la même pensée, unique : toucher au numérique c'est être démodé voire stupide !

Écrit le 18/08/2011 à 06:40

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Publié par Ludovic

 

Paul,

En effet, refuser le numérique est stupide comme refuser le téléphone ou l'électricité ou la télévision était stupide mais Monsieur Roberts semble se faire une bizarre d'idée de «ces petites machines» et il propose d'abolir la possibilité de commander même les livres papier par Internet.

Écrit le 18/08/2011 à 08:22

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Publié par lepep

 

si on prend la proposition au pied de la lettre, il faut donc arrêter de vendre les livre sur fnac.fr, mais aussi chez Carrefour, Leclerc, qui représentent aujourd'hui les plus gros vendeurs pour la holding (sic) de J-M Roberts (Hachette-Lagardère). A ce compte, on ne pourra trouver des livres que dans le 6° arrondissement de Paris.

Écrit le 18/08/2011 à 09:31

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Publié par chrisf

 

C'est une plaisanterie !?
Avant de devenir un auteur illégal, je rappelle que mon 1er e-book est téléchargeable gratuitement sur itunes : http://itunes.apple.com/fr/book/id438885363?mt=11

Écrit le 18/08/2011 à 09:57

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Publié par Paul

 

Ludovic,

Ne croyez-vous pas que cette vérité sacré du progrès technique roi est un peu dépassée et qu'il convient, de nos jours, non pas de rejeter systématiquement mais d'examiner avec intelligence, en d'autres termes de réfléchir avant d'adopter ce qu'on nous propose.

Réfléchir à la technique et à ses conséquences! C'est tout et il ne me semble pas que ce soir fait actuellement, ni par les partisans ( c'est normal) ni pas les détracteurs ( ça l'est moins ! )



Écrit le 18/08/2011 à 11:03

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Publié par Black Boy

 

L'attitude de J-M Roberts fait un peu peur quand même, si peu d'ouverture d'esprit c'est choquant. Ce qui l'est encore plus c'est de faire croire que le livre numérique serait le principal danger qui pèse sur la librairie indépendante. La hausse des loyers, les remises commerciales trop faibles (surtout chez Hachette, propriétaire de Stock...), la surproduction sont des menaces toutes aussi sérieuses. Par ailleurs, comme le dit Lepep, Stock devrait arrêter de vendre à la FNAC, Leclerc ou à la grande distribution, qui concurrencent aussi très sérieusement la librairie indépendante.

Écrit le 18/08/2011 à 11:51

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Publié par Connivence

 

Birnbaum ? Contredire Roberts ? Parce qu'il a publié où, ses précédents ouvrages, Birnbaum ? Chez Stoooooooooooooooock, bonne réponse !
Ce qui rend cette table ronde un peu familiale, finalement...

Écrit le 18/08/2011 à 15:07

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Publié par karine papillaud

 

le "vrai lecteur", c'est qui d'abord ? Une librairie c'est d'abord une entreprise, un commerce : les "vrais" lecteurs ne suffisent pas à faire vivre ses officines. Voilà pourquoi on a créé des best sellers pour attirer les "faux lecteurs" !

Écrit le 18/08/2011 à 17:57

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Publié par Ludovic

 

Paul,

Pendant que certains examinent s'il y a lieu d'accepter le progrès technique et élaborent la «théorie de la lecture», d'autres fabriquent les tablettes et publient les livres numériques.

Je précise que je ne confonds pas les avancées technologiques utiles et libératrices et la sur-consommation de gadgets inutiles dans le seul but de se donner un «statut» au yeux des autres.

Écrit le 18/08/2011 à 19:10

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Publié par PhilDo

 

Je suis personnellement passé au numérique d'abord en France... et j'ai été rapidement frustré : aucun titre intéressant disponible.
Je suis donc passé au numérique... chez Amazon, avec le Kindle, qui est mon meilleur ami. Mes livres, je les achète donc en anglais ou, pire, j'ai même passé une demi-journée à numériser un livre papier, car, non, ce qui m'intéresse dans le livre ce n'est pas l'objet, le papier, c'est son contenu.
Qu'attendent les éditeurs français à la fin ?
Qu'il soit trop tard pour eux ?

Écrit le 19/08/2011 à 09:52

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Publié par Kilitout

 

Oublions un peu les polémiques stériles et récurrentes ci-dessus, qui font florès chaque fois que Jean-Marc Robert ose, quelle audace remettre en cause le Dieu Numérique, pour s'intéresser au coeur de la déclaration du patron de Stock : le lieu unique, aussi virtuel que les chimères numériques. Plutôt que de crier au loup, sans rien remettre en cause des pratiques commerciales du groupe dont il est l'un des bras agissants, M. Roberts ferait bien mieux de convoquer son patron, M. Nourry, (Directeur d'Hachette Livre, 50% -une paille, sans doute- de l'édition française) pour lui imposer des pratiques commerciales dignes de ce nom en faveur des librairies, au détriment, pourquoi pas, des multinationales transfrontières qui considèrent qu'elles sont même au dessus de l'impôt. Chiche ?

Écrit le 19/08/2011 à 10:28

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Publié par Ludovic

 

Gardons espoir en l'avenir, Monsieur Roberts s'est rétracté ce matin.

Écrit le 19/08/2011 à 20:09

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