Le monde de l'édition > Société > Actualité
Une pièce de théâtre censurée au Daghestan
Entre tes mains, une pièce de théâtre sur une prise d'otages dans un théâtre, ayant réellement eu lieu, a été censurée dès le lendemain de la première.
12
La première de la pièce Entre tes mains s'est jouée le 5 avril, au Théâtre russe d'art dramatique de Makhatchkala, la capitale du Daghestan. Au premier rang les officiels dont Moukhou Aliev, le président du Daghestan mais aussi Magomed Souleïmanov, le Président du parlement, et quelques ministres. Toujours au premier rang, Natalia Pelevine, l'auteure de la pièce. « J'avais été obligée d'assister à la première assise au même rang que les personnalités invitées et j'avais vu monter leur mécontentement. Ces gens m'ont déçue. Si quelqu'un a cru voir dans ma pièce de la sympathie pour les extrémistes, c'est qu'il n'a vraiment rien compris. ».
Un prétexte pas très convaincant
Et la réponse des autorités ne s'est pas fait attendre. La pièce ne connaîtra pas d'autres représentations. La raison officielle est que Liouba Danilova, qui campe le rôle principal est « malade ». Pourtant l'auteure de la pièce déclare : « J'étais en train de bavarder avec Liouba quand j'ai soudain appris qu'elle était tombée gravement malade. C'était une absurdité totale, mais je m'y attendais ».
Susceptibilité froissée ?
Un étudiant qui a pu assister à la pièce, Mirza Moussaïev, a son propre avis sur cette réaction : « À mon avis, les autorités n'ont pas aimé que les preneurs d'otages ne soient pas montrés comme des monstres et des fanatiques abrutis. Les entendre crier Allah akhbar ! n'a pas dû leur plaire non plus. Et pourtant, qu'est-ce que vous voulez qu'ils crient ? Spartak champion ? Gloire à la Russie ? ». Il faut savoir qu'au Daghestan comme en Tchétchénie on est principalement musulman.
Des espions dans la salle...?
Pour d'autres, comme les membres de l'association Nord-Est (association créée pour les victimes et ceux ayant perdu un proche dans la prise d'otage relatée dans la pièce), il s'agirait d'une « injonction de Moscou ». « Le problème, je crois, c'est que la salle était pleine d'agents du FSB [le remplaçant du KGB, pour ceux qui ne suivraient pas]. Ils ont suivi la représentation le visage figé et, en sortant, ils sont sûrement allés faire leur rapport à leur hiérarchie. Alors, le pouvoir a tranché. Cinq ans et demi après la tragédie, il ne veut pas que la vérité sur Nord-Est résonne, où que ce soit ».
La pièce jouait à guichets fermés, et les spectateurs déçus qui n'auront pas assisté à la première devront se rabattre sur la farce de George Dandin ou le Mari confondu.
Sources :
Courrier International
Reportages
"Numérisation à la BnF : dégradations, retards et scandales"
Dans le cadre d'un marché public, la société Jouve a pris la main pour la numérisation de 70.000 oeuvres chaque année durant trois ans. Mais après quelques mois à peine, la question de la réalisation du marché se pose lourdement...
Reportages
"Pandas et libraires, une histoire de survie pour espèces menacées"
Pour une fois que l'on ne parle pas de moteur de recherche ni d'algorithme avec cette histoire de bestioles...
Reportages
"Réalité Bis : l'intersection entre lecture et écriture interactive"
Réalité [?ea.li.te] : (n.f) Un récit dont vous incarnez le personnage principal, confronté à une succession de choix.
Tests
"iBooks Author : l'éducatif révolutionné, au prix d'un écosystème fermé"
De prime abord, le logiciel apparaît puissant et user-friendly. La curiosité nous pousse donc à le tester au plus vite. C'est parti !
Précédentes Suivantes
Suivez-nous
Communiqué
Enjeux contemporains de la littérature
Jeudi 26 janvier : coup d’envoi des Enjeux contemporains de la littérature organisés par la Maison des écrivains et de la...
Profitez d'un vaste réseau de diffusion pour communiquer sur votre actualité, vos événements et vos parutions !
En savoir +






















Publier un commentaire