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Quand les parents se mobilisent contre les réformes « Darcos »

Rencontre avec des parents en colère à Athis-Mons (91).

Par Victor de Sepausy, le lundi 01 décembre 2008 à 07:32:15 - 1 commentaire

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Afin de protester contre les réformes de l'Education nationale actuellement mises en place par le gouvernement, de nombreux parents se mobilisent aux côtés des enseignants. Au-delà des manifestations, les parents viennent dans les écoles pour occuper les lieux : une façon de montrer leur détermination.

Des parents venus occuper les écoles :

C’est ainsi que, comme à Créteil, entre 250 et 300 parents d’élèves représentants « le collectif des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants » ont tenu à occuper toutes les écoles de la ville d’Athis-Mons dans l’Essonne la semaine passée.

En prolongement de cette action, les parents membres du collectif se sont également rendus, mardi dernier, pour soutenir les enseignants, devant l'inspection académique, à Evry (91), avant la tenue de la Réunion du Comité départemental de l'Education Nationale. Une délégation, constituée d'enseignants et de parents, a été reçue pendant plus d’une heure par le directeur adjoint de l'Inspecteur Académique. Toutefois, au-delà de l’écoute, aucun résultat concret à la sortie de cet entretien.

Une mobilisation en construction :

Les parents d’élèves du collectif restent cependant très déterminés, prévoyant de mettre en place rapidement de nouvelles actions afin d’informer et d’alerter l’ensemble des parents d’élèves. Il s’agit pour les membres de sensibiliser davantage les autres parents aux dangers des réformes en cours.

Le collectif poursuit également l’ambition de montrer les qualités d’un système que l’on veut remettre en cause, notamment sur la pertinence du Rased, en recueillant les témoignages de parents dont les enfants ont été soutenus par ce réseau. Le collectif viendra manifester mercredi 3 décembre dès neuf heures devant le Sénat où sera discuté le budget de l'Education nationale, et notamment les propositions de suppression de postes d'enseignants spécialisés du RASED.

Sources :



Par Victor de Sepausy, le lundi 01 décembre 2008 à 07:32:15 - 1 commentaire

Mots clés :
parents - écoles - occupées - réformes

Réactions

Publié par tiptop

 

Assemblée générale parents ?professeurs du 27/11/08 dans une commune proche de Lyon.
Discours prononcée par un instit juste avant les débats. Réagissez !!

En venant ici j?ai essayé de me mettre à votre place et de me demander pourquoi ces instits que l?on dépeint volontiers comme des râleurs font une énième grève. Alors que notre ministre annonce à grands renfort de propagande des vacances pleines, des primes de toutes sortes, des aides pour les enfants en difficulté?

Je voudrais d?abord vous parler de notre métier, le métier d?instituteur. On le dépeint volontiers comme dévalorisé, et bien je ne suis pas d?accord, je pense que malgré la difficulté de la tâche, secrètement beaucoup nous l?envie. Nous bénéficions (pour l?instant) d?un vrai statut, de la sécurité de l?emploi, d?un salaire décent 1400 ? en début de carrière, 2000 en milieu, de périodes de vacances. Et mieux encore, notre profession est compatible avec une vie de famille !
Alors pourquoi manifestons nous ? Est-ce que c?est tout ça que l?on veut nous enlever ?
Non, au jour d?aujourd?hui ce n?est pas d?actualité. Pas encore.
Nous ne nous battons pas pour notre petite personne, Nous ne nous battons pas pour préserver des avantages quelconques. Attention, ce serait parfaitement légitime de le faire. Chacun a le droit de défendre son bifteck. Mais personnellement j?aurais du mal à regarder en face un agriculteur, un pêcheur ou toute autres personnes qui , eux, luttent pour leur survie . Nous ne luttons pas pour notre survie. On aura toujours besoin d?instits.

En fait il y a une raison pour se mobiliser plus importante encore que tout ce qui a été cité. C?est cette raison même qui nous fait tenir devant les difficultés, qui nous empêche parfois de renoncer. Cette raison? c?est le sens que nous donnons à notre métier. Notre rôle est d?instruire les enfants, de les faire grandir, de les faire entrer progressivement dans le monde des adultes, de former les futurs citoyens en leur disant : voyez ce monde, il est imparfait, il n?est pas toujours juste, mais avec de l?instruction, un peu de chance et beaucoup de volonté vous pourrez plus tard vous y faire une place. Quoiqu?on en dise, l?école, malgré ses imperfections, est un des derniers remparts contre l?ignorance, la barbarie et le consumérisme béat.
Cette idéalisme nous l?assumons. Nous nous battons pour des valeurs.

NOUS NOUS BATTONS POUR L?AVENIR DE NOS ENFANTS.

NOUS NOUS BATTONS POUR UNE ECOLE PUBLIQUE DE QUALITE POUR TOUS.

Hors aujourd?hui nous assistons à une dégradation spectaculaire et inédite de nos conditions de travail et par voie de conséquence des conditions de travail de VOS enfants.

Inédite et spectaculaire. Questionnez les plus anciens d?entre nous. Jamais dans l?histoire de l?école républicaine, nous n?avons été autant assommé de décrets, de directives parfois contradictoires et souvent inapplicables. Difficile de travailler sereinement dans ces conditions.

Ce n?est pas une simple réforme de l?école car celle-ci doit en respecter les principes fondateurs. C?est une vraie révolution, nous changeons d?école. Nous essaierons tout à l?heure ensemble de voir pourquoi et comment. Nous n?avons pas toutes les réponses.

Alors certains me diront que toute révolution génère dans un premier temps du désordre, de la désorganisation. C?est un mauvais cap à passer. Mais dans ce cas il faut s?interroger sur les finalités de ces réformes. Quelle école veulent-ils en haut ?

Veulent-ils vraiment une école pour tous ?
Mais dans ce cas, pourquoi supprimer les réseaux d?aides spécialisées ? Que faire des enfants dont l?aide personnalisée n?est pas pertinent et qui ont besoin d?une aide spécialisée? Comment, sans le réseau, travailler et réfléchir en équipe sur les moyens d?aider nos élèves les plus fragiles ?

Une école pour tous ? Pourquoi nous ont ils enlevé notre aide éducatrice, nos EVS ? Ces derniers, en animant des ateliers, nous permettaient de travailler en demi-classe sur des projets ambitieux et d?être au plus près des difficultés de nos élèves.

La mise en place des aides personnalisées nous a posé plein de problèmes : comment faire pour trouver du temps pour se réunir comme avant, se concerter, réfléchir et organiser notre action ? Comment trouver le temps pour vous rencontrer régulièrement ?

S?ils veulent une école pour tous, pourquoi veulent-ils supprimer la carte scolaire au risque de ghettoïser certains établissements comme cela s?est passé dans certains pays européens? Ne vous méprenez pas, on vous ment quand on vous dit que vous choisirez l?école de vos enfants. Ce sont les chefs d?établissements qui croulent sous les dérogations qui choisissent. Et toujours les mêmes familles qui sauront en profiter.

Veulent-ils vraiment une école gratuite ?
Mais alors pourquoi supprimer progressivement l?école maternelle au profit de « jardins d?éveil » ? Parents vous allez payer triplement : par l?inscription de vos enfants dans ces structures payantes. Par les impôts locaux qui les financeront. Et par le fait que vos enfants ne seront nullement encadrés par des enseignants. Pour Darcos la maternelle c?est de la puériculture, c?est les couches ! Pensez-vous une seule seconde que TOUS les enfants seront mûrs pour rentrer directement en grande section , au Cp ? A apprendre à lire, à écrire, à se comporter comme un élève sans y être préparé ?


Veulent ?ils vraiment une école exigeante qui promeut l?excellence?

Question simple : Comment appliquer des nouveaux programmes plus lourds avec 108 h de cours en moins dans l?année ?

Pourquoi alourdir une journée déjà très lourde. Je vois arriver chaque jour des enfants à 7h30 le matin pour repartir à 17h 30. Avec les ateliers du soir et l?aide personnalisée cela fait pour certains des journées de 7h 40 et sans parler des devoirs. Comment garder le même niveau d?exigence avec des enfants épuisés ? Je sais que moi-même et beaucoup de mes collègues seraient prêts à avoir des vacances réduites, travailler le mercredi matin. Et faire bénéficier à nos enfants , comme dans de nombreux pays, de journées allégées 8h- 15h, les municipalités prenant le relais par la suite. On en est très loin.

Pourquoi ne remplacent-ils plus des enseignants malades ou même en congé maternité ? Dans l?école voisine, une maîtresse de GS n?a pas été remplacée pendant 15 jours. Les exemples abondent.

L?année prochaine nous pourrions perdre plusieurs postes, Nous vous donnerons des détails par la suite. Les seuils de fermeture vont être modifiés. Les effectifs vont probablement exploser dans les classes. 28, 29, 30 ? Nul ne le sait précisément.. Mais les conditions de travail vont devenir plus difficiles.

Le directeur est sur le point de perdre sa décharge complète! Sans sa disponibilité, son dévouement, sans le travail énorme qu?il effectue chaque jour, les choses deviendront très difficiles. Si nous les instits de base, sommes les muscles du mammouth, le directeur lui, représente sa colonne vertébrale !! Sans lui tout s?effondre.

Il y a plus grave. Le gouvernement se tourne vers des agences privés pour recruter des remplaçants. Sans formation cela va sans dire. De toute façon, c?est désormais officiel, la formation des enseignants (correspondant à la deuxième année) va être supprimée. Ainsi que celle des inspecteurs. Ils veulent des enseignants corvéables et qui marchent au pas.

Ce qu?ils veulent, vous l?aurez deviner relève d?une logique comptable. Moins de fonctionnaires, moins de services publics. Il s?agit de créer une école à plusieurs vitesses où les plus riches d?entre nous pourront se payer un enseignement de qualité. Les plus pauvres se contenteront d?une école au rabais sans réels moyens.

Cette école nous n?en voulons pas.

Jeudi dernier, dans la commune, nous avons été 103 enseignants sur 108 à faire grève et à manifester. Des profs, des parents, des inspecteurs étaient présents. Nous avons eu deux minutes d?antenne dans le JT national. Les deux tiers des instituteurs de notre commune se sont réunis en AG lundi dernier. La mairie soutient notre action. Nous avons tous une conviction profonde. NOUS NE POUVONS RIEN SANS VOUS.

Sans vous, nous ne sommes rien face à la détermination d?un ministre qui n?en est même plus à cacher son mépris. Avec le service minimum d?accueil, sa stratégie est de nous diviser. C?est avec vous que nous briserons le silence médiatique. C?est avec vous que nous sauverons notre école.

Merci de votre attention.

Écrit le 05/12/2008 à 17:27

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