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Trop de profs absents non remplacés : la Peep tape du poing sur la table
Dans un communiqué l’association de parents d’élèves demande au gouvernement d’agir.
Par Victor de Sepausy, le mardi 09 mars 2010 à 07:32:23 - 9 commentaires
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Face au problème récurrent et jamais véritable traité des profs absents non remplacés, la deuxième fédération de parents d’élèves tape du point sur la table dans un communiqué à l’attention du gouvernement. Relevant l’état actuel des choses, la Peep demande que l’Etat s’engage en faveur de cinq propositions faites par l’association.La Peep déplore « que les élèves ne reçoivent pas les enseignements auxquels ils ont droit et qu’ils soient ainsi pénalisés. ». C’est à ce titre que l’association souhaite qu’ « au même titre que tout salarié des autres secteurs d’activité, tous les enseignants doivent accepter d’assurer un minimum de remplacement au sein de leur établissement ».
Cette mesure existe déjà depuis 2005 mais, basée sur le volontariat, elle est rarement mise en application. Il faut dire que les incompatibilités d’emplois du temps la rendent très rapidement caduque. Dans les faits, il faut répartir le service de l’enseignant absent aux différents collègues dans une même matière. Hors, pour que cela ait un sens d’un point de vue pédagogique, il faut que toutes les heures qui concernent une même classe soit attribuées à un seul enseignant.
Et il est ensuite difficile de trouver un emploi du temps où les « trous » de l’enseignant correspondent précisément aux heures qu’il faut assurer pour prendre une nouvelle classe. L’usage de cette mesure s’approche rapidement de la garderie et sert davantage à désemplir l’étude qui accueille les élèves qui n’ont pas cours et à satisfaire la demande des parents. Mais, concernant les besoins des élèves, c’est une idée qui n’est que poudre aux yeux.
En revanche, la Peep demande, avec justice, « la suppression du délai de carence de 14 jours consécutifs d’absence imprévue, en deçà duquel le remplacement d’un enseignant n’est pas assuré » dans le second degré. Mais, là encore, toute bonne intention a ses limites. Cette mesure se fonde au départ sur le bon sens et la demande de remplacement ne se fait que lorsqu’on a une certaine lisibilité de l’absence à venir, avec notamment l’arrivée des certificats médicaux.
Pour la Peep, le système actuel de remplacement a démontré clairement ses limites et il est impératif de créer des « agences de remplacement académiques ou inter-académiques permettant une gestion modernisée des ressources humaines. » Je ne comprends pas véritablement ce que l’association de parents d’élèves entend par « agences de remplacement ».
Si on ne leur donne pas ce nom, il existe pourtant, à l’échelle académique, des cellules spécialisées dans le traitement des absences au quotidien. Quant à dire qu’elles ne sont pas modernes, c’est s’avancer…Un progrès serait certainement possible. Une externalisation de ce service, si c’est ce que veut signifier la Peep dans son communiqué, ne serait pas forcément souhaitable pour les enfants à termes.
On assisterait alors à la création de ces fameuses agences chargées d’assurer du remplacement au pied levé. Elles s’appuieraient sur un fichier de candidats prêts à tout pour l’Education nationale et répondant du tac au tac aux demandes de remplacements. A l’image de l’intérim, on aurait un régiment de vacataires allant faire de la garderie pour toucher quelques billets.
Moi…j’attends de voir ! Le personnel le plus difficile à gérer, public et privé confondu, est précisément celui sur lequel on n’a aucune prise et dont l’investissement dans sa courte mission n’a, par définition, aucun avenir. Et ceux qui travaillent au quotidien avec des intérimaires savent de quoi je parle.

Là où la Peep a une bonne idée, c’est en revenant sur « la valorisation de la bivalence des enseignants ». Il y a quelques années, on avait parlé de faire beaucoup pour la favoriser mais de nombreuses mesures sont cependant restées lettres mortes. Et le gouvernement n’allait pas assez loin en la matière, jugeant qu’un enseignant de français ne pouvait pas faire des mathématiques. Ou qu’un prof de maths ne pouvait aussi allié l’anglais à sa matière. C’est là une vision bien restrictive au Ministère des compétences que peuvent avoir certains de ses personnels. Et c’est dommage.
En revanche, en fin de communiqué, la Peep fait mouche en relevant l’incohérence de l’Education nationale qui ignore ce qu’est la médecine du travail pour son propre personnel, un comble. Et « la prise en charge médicale des problématiques de santé physiques et psychologiques des enseignants avec suivi, accompagnement et visite médicale annuels, comme dans tous les autres secteurs d’activité » ne serait pas un mal, bien au contraire, comme le suggère avec brio l’association de parents d’élèves.
Sources :
Peep
Par Victor de Sepausy, le mardi 09 mars 2010 à 07:32:23 - 9 commentaires
Mots clés :
profs -
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remplacement -
peep
Publié par suzy
c'est une excellente idée - elle n'est compliquée à mettre en oeuvre qu'à cause du barrage récurrent des professeurs dont on a marre de leur soit disant suprématie
Publié par Thôt
Mais oui, vous êtes mignons... Enseigner la géo et les maths, le sport et le français à des collégiens et lycéens, c'est tout à fait la même chose! Préparer des cours à l'avance, préparer des acquisitions de savoirs, quelle idée!
Le problème c'est l'immobilisme des rectorats (qui ont des postes vacants et des enseignants titulaires sans emploi) et les absences à peine justifiées voire pas du tout, qui sont tolérées et quasi-jamais sanctionnées.
Il faut s'attaquer aux causes, pas profiter de la réforme stupide du recrutement pour embaucher en masse les intérimaires de l'enseignement qu'elle va faire apparaitre. Comme d'habitude la Peep ne va pas beaucoup plus loin que la volonté de ces parents d'élèves qui veulent que leurs enfants soient gardés pendant qu'ils travaillent, mais qui se foutent de la qualité de l'enseignement (tout en critiquant l'incompétence des profs).
Publié par Sylvain
Il faut aller bien plus loin et Luc Chatel y va de son beau discours, appelant à la mobilisation générale...Mais nous voulons des actes !!!
Publié par Opsomer
Absentéisme
http://www.alternatives-economiques.fr/courrier-des-lecteurs-de-septembre_fr_art_860_43877.html
Publié par Julie
Hônnetement, je suis estomaquée de toutes ces mesures, et de ce que les parents considèrent être l'éducation... Le métier d'enseignant n'est pas celui de gardien d'enfant, et je ne suis plus étonnée du comportement irrespecteux de certains élèves au regard de l'opinion qu'ont leurs illustres géniteurs sur les professeurs... Etre prof, c'est avoir fait des études, s'être spécialisé dans une matière, avoir une certaine conception de la pédagogie en lien avec cette matière, en accord avec l'éthique républicaine, et non pas seulement appliquer de façon creuse le manuel... Tout ça est bien triste et désolant ! Je me demande bien ce que cela donnerait d'enfermer un parent d'élève avec une classe difficile ne serait-ce qu'une demi-heure ! Etre un enseignant ne s'improvise pas !!!
Publié par fleur
Impliquer les parents dans l'école semble leur donner tous les droits ! Mais on n'a rien à vendre alors qu'ils arrêtent de consommer en émettant un avis critique sur le produit, à savoir le professeur qui "oui" est "suprème dans sa classe comme le boulanger dans sa boulangerie !
une professeure expérimentée dégoûtée ! En maladie, en grève et en reconversion !!! Les parents veulent des profs alors qu'ils ne harcèlent pas ceux qui sont en poste!
Publié par Chris
Que ceux qui en appellent à la république, à ces valeurs, n'oublient pas que l'enseignant des écoles primaires est...polyvalent! Quelle horreur!
Faut-il être aveugle pour ne pas voir que la multiplication des intervenants n'est pas favorable à la maîtrise globale des élèves, qui ne sont plus toujours des petits bourgeois dociles! D'autre part, il ne me semble pas que le remplacement de courte durée soit uniquement basé sur le volontariat! Relisez le texte...Ce qu'il faut négocier, c'est la façon dont on assure le remplacement. S'il s'agit de prendre une classe au pied levé, non, une demi-classe peut-être...A voir en fonction des disciplines, mais bon faire faire des exos de maths, c'est pas non plus très compliqué, faut pas déconner!!!Il y- a des choses possibles quand-même!
Un prof de gauche un peu désespéré!
Pour reprendre un trait d'humour de notre ancien premier ministre, nous sommes accrochés à nos statuts de 1950 comme des moules à un rocher!
Publié par Julie
A mon collègue Chris... : faire faire des exos de maths à des élèves de Terminale S -par exemple- est certainement bien plus difficile que ce que vos compétences vous le laissent croire et vous le permettent... Et... les remplacements sont toujours de l'ordre du pied levé ! Qu'importe de faire face à une classe entière ou une demi-classe. Enfin, la spécialisation des professeurs dans le secondaire est une nécessité : heureux le professeur aussi compétent en littérature qu'en mathématiques ou en biologie, ne serait-ce qu'au collège... Mais je ne suis pas certaine que ce dernier coure beaucoup les rues. Le professeur des écoles exerce un merveilleux métier, mais il ne fait pas face à des élèves du même niveau que ceux du secondaire, d'où la possibilité de sa polyvalence... La réforme n'est pas entièrement mauvaise, mais en ce qui concerne le remplacement des professeurs - article qui motive ces réactions ici même -,elle va bien trop loin, jusqu'à décrédibiliser la fonction de l'enseignant !
Je suis une jeune professeure documentaliste exerçant dans un lycée pro en banlieue parisienne : les élèves "petits bourgeois" est un concept que je ne goûterai sans doute jamais (et ce n'est pas forcément un mal selon moi)... Mais je me suis engagée dans cette voie en toute connaissance de cause, à la différence de mes collègues plus âgés. Je crois qu'il s'agit ici de la reconnaissance des réalités de notre métier.
Publié par Chris
A ma chère Julie. Que sais-tu de mes compétences?
Parlons plus sérieusement, nous sommes dans un système bloqué! Un des exemples les plus caractéristiques est la définition des obligations de service en fonction du statut et non pas de la fonction!! C'est proprement délirant, mais réel...
Autre chose, si t'as un problème en cours d'année avec une classe et que tu veux dédoubler dans une matière, tu ne peux pas! Ou presque pas...Tu n'as que très peu de réserve de moyens qui sont définis globzalement de façon hebdomadaire. Il faut au système une capacité d'adaptation. Sur les remplacements, la question est pragmatique, comment fais-tu? Tu envoies un tzr pour une journée? Tu laisses les élèves sans cours? Et si c'est récurent, que dis-tu aux parents? Je remarque que sur cette question, nous développons des arguments un peu caricaturaux. On ne demande à personne d'enseigner 4 disciplines différentes. La bivalence qui a été abrogée, ne s'organisait-elle pas sur la base du volontariat des profs? Je connais des profs qui ont deux licences, physique et maths...Il y a plein d'enseignants très cultivés qui pourraient faire évoluer leur carrière de façon très positive, il faut un contrôle, c'est tout. De toute façon, sais-tu que beaucoup d'enseignants cahngent de discipline, car leur discipline est en voie d'extinction? On refuse la bivalence et on ne dit rien sur cette procédure qui sera de plus en plus utilisée!
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