Découvrez la bibliothèque numérique d'Actuallité avec Google books


Patirmoine et éducation > Scolarité France > Actualité

L'expression qui accuse : C'est la faute à Voltaire

Ouais, rien qu'à lui la faute... Parce que niveau bouc émissaire, j'avais rien de mieux sous la main, et qu'il manquait une rime à ma chanson.

Par Mario, le jeudi 08 mai 2008 à 15:00:00 - 3 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Qui ne se souvient pas de cette chanson que chante Gavroche dans Les misérables de Victor Hugo :

« Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à Rousseau
. »
 
On serait tenté de croire que c'est là l'origine de cette expression, et pourtant il semblerait qu'elle a existé bien avant.

 Pour en retrouver trace, il faut se resituer dans le contexte historique. Voltaire et Rousseau ont beaucoup influé sur la révolution, c'est pourquoi dans certains cercles, des royalistes, les en tenaient pour responsables. Bien évidemment quand on tient un bouc émissaire, il est facile et confortable de tout lui rejeter sur le dos. Ainsi une sorte d'usage est né d'accuser de tout et surtout de n'importe quoi, tour à tour Voltaire et Rousseau.

Si bien qu'à l'époque de la Restauration, le 9 février 1817, le 1er dimanche de Carême, ont lu dans toutes les églises de Paris un « Mandement de MM. Les vicaires généraux du chapitre métropolitain de Paris ». Celui-ci établissait que la culpabilité de la révolution revenait à une édition des oeuvres des deux philosophes, et que bien sûr il condamnait. Beranger eut vent de ça et en fit une chanson satirique, qui ne put être publiée que bien plus tard en 1834. Voici un extrait de cette chanson, dans laquelle les vicaires font peser sur Voltaire et Rousseau leurs vices cachés :

« Si tant de prélats mitrés
Successeurs du bon saint Pierre,
Au paradis sont entrés
Par Sodome et par Cythère,
Des clefs s'ils ont un trousseau,
C'est la faute à Rousseau ;
S'ils entrent par derrière,
C'est la faute à Voltaire.
»

 C'est là, la première occurrence attestée de notre expression. Pourtant, il est probable que ce ne soit pas celle-là qui ait rendu l'expression populaire. Ce serait plutôt une autre chanson, très proche de la première, tant par l'époque à laquelle elle a été créée, que par le sujet, la satire sur la religion. Elle est signée par Jean-François Chaponnière :

« Si le diable adroit et fin
À notre première mère
Insinua son venin,
C'est la faute à Voltaire.
Si le genre humain dans l'eau,
Pour expier son offense,
Termina son existence,
C'est la faute à Rousseau
. »

Pour en revenir à Victor Hugo, il est très probable que la chanson de son Gavroche soit de lui, bien qu'inspirée du modèle Beranger/Chaponnière. On connaît la méthode de travail d'Hugo, écrire beaucoup pour ne sélectionner que le meilleur.

Et pour cette chanson il n'a pas failli à la règle. On a retrouvé pas moins de sept couplets et seize autres rimes non utilisés, dans ses brouillons. Un couplet attire notamment notre attention :

« Je n'aime pas l'eau claire,
C'est la faute à Voltaire,
J'aime le curaçao,
C'est la faute à Rousseau
. »

À la lecture de celui-ci, on ne peut s'empêcher de penser à une autre chanson :

« J'ai deux amis,
La téquila et le whisky,
La téquila quand t'es pas là,
Et le whisky quand t'es parti.
»
 
De là à y voir un lien de parenté, c'est une autre histoire...

Source : Qu'importe le flacon... de Jean-Claude Bologne

Sources :



Par Mario, le jeudi 08 mai 2008 à 15:00:00 - 3 commentaires

Mots clés :
expression - Voltaire - Rousseau - Hugo

Réactions

Publié par chris

 

merci pour ce sympatique d'histoire

Écrit le 24/01/2010 à 12:24

Répondre | Alerter

Publié par chris

 

merci pour ce symphatique moment d'histoire !

Écrit le 24/01/2010 à 12:25

Répondre | Alerter

Publié par crufciste

 

Sympa la doc et utile pour traviller avec mes élèves

Écrit le 24/05/2010 à 20:00

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Focus flux rss

Numérisation à la BnF : dégradations, retards et scandales

Reportages

"Numérisation à la BnF : dégradations, retards et scandales"

Dans le cadre d'un marché public, la société Jouve a pris la main pour la numérisation de 70.000 oeuvres chaque année durant trois ans. Mais après quelques mois à peine, la question de la réalisation du marché se pose lourdement...

Lire la suite...

Pandas et libraires, une histoire de survie pour espèces menacées

Reportages

"Pandas et libraires, une histoire de survie pour espèces menacées"

Pour une fois que l'on ne parle pas de moteur de recherche ni d'algorithme avec cette histoire de bestioles...

Lire la suite...

Réalité Bis : l'intersection entre lecture et écriture interactive

Reportages

"Réalité Bis : l'intersection entre lecture et écriture interactive"

Réalité [?ea.li.te] : (n.f) Un récit dont vous incarnez le personnage principal, confronté à une succession de choix.

Lire la suite...

iBooks Author : l'éducatif révolutionné, au prix d'un écosystème fermé

Tests

"iBooks Author : l'éducatif révolutionné, au prix d'un écosystème fermé"

De prime abord, le logiciel apparaît puissant et user-friendly. La curiosité nous pousse donc à le tester au plus vite. C'est parti !

Lire la suite...

Précédentes Suivantes

pub

Suivez-nous

Désinscription

critiques

critiques Un mobile, Judith Mayer

critiques Le sillage de l'oubli, Bruce Machart

critiques Mr. Peanut, Adam Ross

critiques Sous le couvercle, le chant des sirènes : Todo, Todo, Todo...

pub

Communiqué

Enjeux contemporains de la littérature

Jeudi 26 janvier : coup d’envoi des Enjeux contemporains de la littérature organisés par la Maison des écrivains et de la...

maestro diffusez vos communiqué sur actualitté

Profitez d'un vaste réseau de diffusion pour communiquer sur votre actualité, vos événements et vos parutions !
En savoir +

Sondage

Trop cher, mon livre numérique ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

design background

© 2012 - actualitté.com