Le monde de l'édition > Bibliothèques > Actualité

Accès au patrimoine numérisé à la BnF : un recul sans précédent

L'établissement toujours au coeur de la polémique

Le mardi 29 janvier 2013 à 14:32:45 - 2 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

La création d'une étrange filière, BnF-Partenariats, permettant à l'établissement public de mettre en place les partenariats public-privé, continue d'interroger les syndicats. Si les accords, « s'inscrivent pleinement dans le cadre global de la politique active de numérisation et de diffusion voulue et encouragée par Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication », la CGT-BnF conteste la légitimité de l'entreprise.

 

 

Depuis la passerelle Simone de Beauvoir

Got, (CC BY 2.0)

 

 

En effet, selon le syndicat, la ministre de la Culture valide ainsi l'un des points les plus sujets à controverse, à savoir une numérisation prise en charge par des partenaires privés. Ces derniers vont ainsi sanctionner par un accès distant payant, les collections entrées dans le domaine public

 

« Or en juillet 2012, la ministre, interpellée par la CGT lors du comité technique ministériel, avait clairement fait part de sa forte opposition aux partenariats public privé (PPP) pour la numérisation du patrimoine culturel. Elle affirmait alors que l'argent public ne devait pas financer le secteur privé sur ce type de projet. Il semble que le catastrophique budget 2013 (-2% par rapport au budget 2012) de son ministère l'ait amenée à se rallier aux vues de son prédécesseur sur la commercialisation du patrimoine numérisé », rappelle la CGT. 

 

Dans l'idée, donc, la ministre poursuivrait l'entreprise de numérisation impulsée par le gouvernement de François Fillon, alors même qu'il a été démontré à de nombreuses reprises que ces projets étaient non seulement inacceptables politiquement, « mais aussi économiquement inopérants ». 

 

Pour mémoire, il s'agit de passer sous les scanners, dans des conditions de protection des oeuvres complètement inconnues, 200.000 livres et 70.000 vinyles, dans le cadre d'un partenariat où la BnF pourrait cofinancer à la hauteur de 50 % le coût de l'opération. Et pour doubler cette information, une période d'exclusivité de 10 années a été imposée, passant outre les recommandations du comité des sages. On parle alors de millions d'euros d'argent public... 

 

« Cette politique prend place dans le cadre d'une baisse continue et importante des subventions pour notre établissement depuis des années (-4,4 millions d'euros pour 2013). Cela signifie-t-il à long terme, un désengagement progressif de l'État concernant la numérisation au profit des PPP ? », interroge alors le syndicat. 

 

Les conditions d'accès aux oeuvres numérisées ne se limitent pas simplement aux dix années d'exclusivité : seuls 5 % les livres numérisés seront accessibles, pleinement, et 90 secondes pour le cas des enregistrements vinyles. 

 

C'est un recul sans précédent. Pour les milliers de chercheurs du Rez de jardin, l'apport essentiel de la numérisation (la mise à disposition à distance des fichiers et leur téléchargement) est restreint par ces projets puisqu'ils devront consulter ces documents en salle comme n'importe quel document matériel.

Pour les millions de gallicanautes, c'est leur interdire un pan entier du patrimoine. Croit-on vraiment que les particuliers paieront pour des documents du domaine public, 15 ans après le lancement de Gallica, dont le succès ne se dément pas en 2012 avec 12 millions de connexions ? 

 

Pour la CGT-BnF, il est impératif de mettre un terme à cette procédure et que soient rompus les accords, et le syndicat réclame un démantèlement immédiat de BnF-Partenariat. On souhaite également que l'accès soit gratuit sur Gallica à toutes les oeuvres libres de droit, mais également que le budget pour la numérisation de masse soit revu, afin d'assurer les missions qui incombent à l'établissement. Une « riposte nécessaire pour mettre fin à ce projet » est à l'oeuvre, pour contrer un ensemble d'accords contraires « aux valeurs du service public » défend le syndicat.

Pour approfondir

photo Mazin Cécile

   

Journaliste ActuaLitté. Dame bibliothèque et pionnière du droit des femmes dans la rédaction. Actualités générales.

 

Mots clés :
numérisation - BnF-Partenariat - démantèlement - Bruno Racine



Réactions

Publié par karl

 

Pour l'instant, je n'ai qu'une question avant de discuter de ce qui ressemble en effet à quelque chose de scandaleux :

La publication du contrat signé entre la BNF et les entreprises privées en question.

Écrit le 30/01/2013 à 14:30

Répondre | Alerter

Publié par luc nemeth

 

il y dans l'expression "recul sans précédent" toute la crapulerie de la CGT, qui à chaque fois qu'une lutte semble se dessiner s'empresse de faire passer la décision comme un fait accompli...

Écrit le 30/01/2013 à 15:08

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Écrire en funambule : « Le Jour du grand orage », 36ème nouvelle du Projet Bradbury

Je l'ai dit plus d'une fois : le Projet Bradbury est aussi l'occasion pour moi d'expérimenter et, à mesure...

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton

Présentation de l'éditeur : Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date ou...

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com