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Ebooks en bibliothèque : Hachette facture 220 % plus cher

Nouvelle politique tarifaire

Par Nicolas Gary,Le vendredi 14 septembre 2012 à 09:19:10 - 3 commentaires

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La politique tarifaire de la vente d'ebooks par les éditeurs aux bibliothèques n'en est pas à son premier rebondissement. L'éditeur HarperCollins avait été le premier à s'attirer les foudres des bibliothécaires, en mettant en place des modalités déraisonnables. Puis, Random House avait suivi le mouvement, en augmentant le prix de vente des ebooks de près de 300 %, selon les ouvrages. 

 

 

Will Kindle Kill Libraries?

Elizabeth Thomsen CC BY-NC-SA 2.0

 

 

Et l'explication de l'éditeur avait suit de près : « Nous estimons que notre nouvelle politique tarifaire des ebooks reflète la valeur accordée à la pérennité des prêts et la simultanéité de la disponibilité de nos titres. Naturellement, chaque bibliothèque aura son propre point de vue sur le sujet, et nous sommes prêts à écouter, apprendre et nous adapter, le cas échéant. » (voir notre actualitté)

 

Pour Random House, le papier, qui contrairement à l'ebook, finit toujours par se dégrader, constitue, dans le cadre des bibliothèques, un apport financier considérable. Sauf que concrètement, les hausses allaient jusqu'à 300 % du prix de vente, et quelques titres atteignaient alors le prix immodéré de 100 $. 

 

Le cas tranché à la hachette

 

Pour sa part, le Hachette Book Group avait toujours été réticent à se lancer dans cette aventure. Manque d'un modèle économique solide, grandes réticences motivées par la crainte du piratage... Tout cela n'augurait rien de bon, même si en mars dernier, l'American Library Association annonçait qu'une expérimentation était en cours. « Hachette voit dans les bibliothèques des partenaires solides en raison de nos atouts, tout à la fois clients directs et distributeurs de leurs titres, et on reconnaît la place des bibliothèques en tant qu'institution pleinement intégrée aux communautés, qui doivent être soutenues. » (voir notre actualitté)

 

Mais voilà : l'information a fuité, et à compter du 1er octobre, Hachette distribuera ses livres numériques via les différents prestataires - dont OverDrive qui, dans un courriel, envoyé par le prestataire à ses clients bibliothécaires, les informations commerciales sont dévoilées. Les établissements qui achèteront leurs ouvrages avant le 1er payeront un prix classique. Celles qui viendront par la suite devraient payer 220 % du prix traditionnel.

 

Un peu moins, donc, que Random House, bien entendu, pour un catalogue de 3500 livres numériques, sortis après avril 2010. Et OverDrive, dans son courriel, assure en effet que les commandes réalisées avant la date fatidique seront bien facturées à l'ancien tarif en vigueur. Cette révision tarifaire est un lourd tribut à payer pour disposer des oeuvres publiées par Hachette. Mais quelques précisions ont été apportées sur les modalités. Il n'y a aucune limite sur les prêts de livres numériques de l'éditeur, et Jeremy Greenfield, responsable du livre numérique chez Hachette estime que «  ces conditions proposent une image fidèle de la valeur pour le client de la bibliothèque ».

 

À lire

États-Unis : Big Six et Bibliothèques autour de la table

 

 

Cette révision tarifaire intervient donc après l'opération pilote lancée plus tôt cette année, et tous les partenaires distributeurs avaient été informés que de nouvelles conditions seraient posées. 

 

Ce qui permet de poser le constat suivant, pour ce qui est de l'offre d'ebooks dans les bibliothèques américaines, au travers des six grands groupes d'édition. Hachette et Random House ont des prix de vente très élevés, tandis que Macmillan et Simon & Schuster ont préféré ne pas avoir d'offre du tout. Penguin a décidé de bloquer volontaire l'offre au format Kindle et HarperCollins impose de racheter le livre numérique après 26 prêts. 

 

Le PDG de Hachette, Arnaud Nourry, avait expliqué à ActuaLitté, en mars 2012, que le prêt de livres numériques n'était pas une priorité. (voir notre actualitté) Nous attendons une réaction du groupe sur cette nouvelle information. 

 

Sources : Digital Book World , Info Docket , The Digital Reader

Pour approfondir



Réactions

Publié par jel

 

L'information mériterait d'être plus détaillée.
Sur le prix : 220% de quoi ?
Sur le fond, en l'absence de précision, il est difficile de se faire une idée.
Sauf erreur, un livre acquis par une bibliothèque (?), un DVD destiné à la location, … sont vendus plus cher (afin d'augmenter les droits versés)
Le problème potentiel, vient du fait que la législation prévoit également un versement de droits lié au nombre de prêts (via Sofia).
Si cela est exact, il y aurait alors 'double' facturation.
À vérifier… et compléter.

Écrit le 14/09/2012 à 11:37

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Publié par hbdp39

 

Non, les bibliothèques n'achètent pas leurs livres plus chers que le prix public, elles ont même une remise (plafonnée à 9%) 6% du prix public étant reversé par les libraires à la SOFIA qui ne gère le droit de prêt que pour les livres papier.

Les CD aussi bénéficient de remises (ce qui donne au bout du compte des prix très divers selon les fournisseurs). Par contre, oui, les DVD (et les CDROM) sont vendus BEAUCOUP plus cher aux médiathèques avec un droit de prêt (voire de projection dans certains cas). Et le catalogue disponible pour les médiathèques est bien moins fourni que celui du grand public, en fonction des négociations des fournisseurs avec les éditeurs.

Mais ça, le public n'en sait rien, et ça ne fait pas couler beaucoup d'encre, même électronique... Cette indignation contre le prix du livre numérique à la hausse pour les bibliothèques prête donc légèrement à sourire (jaune...) !

Écrit le 15/09/2012 à 11:39

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Publié par pierre

en réponse à jel  

Précisons donc :
les livres ne sont pas vendu plus cher aux bibliothèques mais la remise qui leur est consentie est plafonnée.
Les droits de prêt perçus par la sofia concernent les livres à l'exclusion de tous autres supports.

Écrit le 15/09/2012 à 15:46

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