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En Espagne, l'ebook se prête mieux aux bibliothèques

Prestar, presto !

Par Antoine Oury,Le mardi 27 mars 2012 à 17:34:54 - 0 commentaire

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L'entreprise de numérisation espagnole Libranda vient de conclure un partenariat avec la plate-forme OverDrive pour proposer aux bibliothèques hispaniques un système de prêt d'ebooks simple et rapide. Même si la bibliothèque en ligne n'est pas exempte de défauts, les bibliothécaires devraient accueillir avec joie ce nouvel acteur, d'autant plus que leurs budgets d'acquisition ont été revus à la baisse.

 

On n'insistera jamais assez sur l'importance des équipements en bibliothèques pour la promotion de la lecture numérique : en mettant à disposition de leurs usagers des lecteurs ebook, les établissements peuvent non seulement séduire un nouveau public, mais aussi jouer pleinement leur rôle de démocratisation de la culture.

 

Mais ce serait contempler uniquement l'endroit du décor que d'ignorer les soucis logistiques auxquels sont confrontées les bibliothèques désirant prêter des livres numériques. Dans la jungle des protections électroniques diverses et variées, les structures se retrouvent vite prises au piège des sables mouvants de l'interopérabilité, soit le fait de pouvoir lire un ebook sur n'importe quel support. De plus, les éditeurs imposent bien souvent des périodes spécifiques de prêt aux bibliothèques, ce qui fait évidemment désordre.

 

 

 

En Espagne, Libranda vient de mettre en ligne iBiblio, une plateforme réservée aux bibliothécaires, et qui vise à leur simplifier la vie. Côté interopérabilité, la case est cochée : les ebooks seront lisibles sur ordinateur, lecteurs ebook, tablettes ou encore smartphones. Libranda propose aux bibliothèques d'acheter l'un des 300 000 livres, disponibles en espagnol ou en anglais, via une « licence numérique annuelle », dont le montant est 15 % inférieur à celui du livre vendu dans le commerce.

 

Ensuite, pour accéder aux ouvrages numériques, l'usager aura le choix entre deux possibilités : le téléchargement de l'oeuvre, ou bien sa lecture via le cloud. Bien entendu, le fichier téléchargé est accompagné d'un paquet-cadeau en forme de DRM, un verrou numérique qui interdira l'accès au fichier après la période de prêt (entre 21 et 30 jours au maximum, selon les titres). Libranda a également annoncé qu'il développait un lecteur ebook dédié, qui pourra être personnalisé selon les bibliothèques.

 

De nombreuses critiques se sont fait entendre à la suite du lancement d'iBiblio, financé à hauteur de 1,3 million par le précédent gouvernement espagnol : d'après ses détracteurs, le modèle de la plateforme serait uniquement tourné vers les grandes bibliothèques, aux budgets suffisamment confortables pour faire provision d'ebooks. Les autres, limitées dans l'achat de titres, garderont des catalogues minces comme du papier à cigarettes qui lasseront vite les usagers. Les libraires sont aussi préoccupés par l'offre d'iBiblio, qui empiète sur leurs propres ventes d'ouvrages aux bibliothèques, déjà en berne (- 43% en 2011).

 

D'autres modèles de location auraient pu être envisagés, comme l'avance le site Antinomias Libro, avec par exemple l'achat « à perpétuité » d'un livre par la bibliothèque à prix égal, deux fois, ou trois fois supérieur à celui du commerce. Ou encore l'achat d'un ebook à un prix normal, suivi par le versement d'une somme minime à chaque prêt. L'abonnement au catalogue d'un éditeur pourrait également être envisagé, mais cette méthode interférerait probablement avec la diversité qui est de mise dans les catalogues des bibliothèques.

 

En France aussi, l'accès des bibliothèques aux catalogues des différentes plateformes est problématique : au Salon du Livre, le SerdaLab a ainsi présenté une étude qui révèle que dans les bibliothèques publiques ou de recherche, « le principal frein à l'achat du livre numérique reste la complexité et l'instabilité du modèle économique, partagé selon les ouvrages entre l'achat ou l'abonnement ». (voir notre actualitté)

Sources : La Informacion , GoodEreader , Antinomias Libro

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