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Fermeture des bibliothèques britanniques : nouvelle polémique

Au Royaume-Uni, certains propos passent mal

Le vendredi 15 février 2013 à 14:38:50 - 1 commentaire

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Le psychodrame britannique autour de la question des bibliothèques publiques, dont les fonds ont été largement amputés, connaît un nouvel épisode. Terry Deary, auteur de livres jeunesse, a lancé un (gros) pavé dans la mare en affirmant que défendre les bibliothèques relevait du sentimentalisme. Étonnant quand on sait que les livres de l'intéressé arrivent en septième position des livres les plus empruntés. Pendant ce temps, les autorités de Moray, en Ecosse, comme de Newcastle, annoncent de nouvelles fermetures.

 

 

Books in Chetham's Library

BinaryApe, CC BY 2.0

 

 

Avis tranchés au sujet de la défense des bibliothèques

 

Il va sans dire que ses propos n'ont pas rencontré un accueil favorable, à l'heure où les bibliothèques outre-Manche ferment à tour de bras. L'auteur dit même avoir été insulté. Soit, mais il ne fallait pas appuyer là où ça fait mal, surtout en période de crise. 

 

Les mots qui ont mis le feu aux poudres sont les suivants : « Le temps des bibliothèques est révolu. Il s'agit d'une idée de l'époque victorienne et nous sommes désormais dans un âge électronique. Les bibliothèques doivent changer et s'adapter ou bien s'en aller. » Et de conclure en expliquant que l'attachement aux bibliothèques n'est que pur sentimentalisme. 

 

Alan Gibbons lui a répondu sur son blog en parodiant le titre de l'une de ses séries les plus célèbres, Horrible Stories, en jugeant sa déclaration horrible, et en rappelant, à juste titre d'ailleurs, que la fréquentation des bibliothèques est en hausse. Il voit les déclarations de son confrère comme un moyen d'attirer l'attention, expliquant qu'il a un penchant certain pour les formules excentriques. 

 

En effet, Deary a une obsession pour ce qu'il considère comme des concepts victoriens. Il en va ainsi de l'école, autre vieillerie inutile selon lui. Il avait avancé que les écoles n'avaient aucune utilité au 21e siècle et qu'on ferait mieux d'envoyer les enfants travailler à partir de l'âge de 11 ans (mais pas dans les mines, avait-il ajouté). 

 

Enfin, concernant les bibliothèques (ou ce qu'il en reste), il en a remis une couche en déclarant : « Je n'ai jamais attaqué les bibliothèques, j'ai dit qu'il fallait réfléchir comment les gens accèdent à la littérature. Je ne vois pas des pauvres dans les bibliothèques, je vois des gens de la classe moyenne les bras pleins comme des voleurs. » Bon, on vous laisse vous faire votre propre opinion, plus nuancée sans nul doute.  

 

Nouvelles fermetures en Ecosse

 

Les autorités du Moray, qui projettent d'économiser 30 millions de livres au cours des trois années à venir, ont décidé de fermer 7 bibliothèques sur les 15 actuellement actives dans la région. En parallèle, le conseil prévoit également de supprimer son budget alloué au financement du développement des arts.

 

Tandis que la planification a été approuvée ce mercredi, Alan Wright, leader du conseil, a déclaré que les restrictions touchant au service bibliothécaire et aux loisirs ne s'arrêteraient possiblement pas là.

 

A Newcastle, même combat, les autorités ont évoqué l'idée de fermer 10 bibliothèques sur les 18 encore en service, et de supprimer la totalité de son budget dévolu aux arts et à la culture. Nouveau coup dur pour un secteur qui n'est « pas en crise », selon les dernières prises de position du gouvernement britannique.

 

 

Sources : Sunderland Echo , Telegraph , The Times , The Independent , Melville House

Pour approfondir

photo Thomann Xavier S.

   

Journaliste ActuaLitté. Littéraire et observateur (de la Porte Brancion). Cinéphile averti. Sans frais. A retrouver sur http://tribunelitteraire.wordpress.com

 

Mots clés :
Terry Deary - Bibliothèque - Angleterre - Fermeture



Réactions

Publié par François Xavier

 

Ce qui est "amusant" c'est de voir que chez moi, dans le Var, à St Raphaël, un projet vient d'aboutir (deux ans) pour créer une communauté d'intérêt avec comme épicentre St Raphaël et comme satellites pleins de petits villages de l'arrière-pays : on vient de créer une gigantesque bibliothèque itinérante (avec création d'emplois) en mettant en commun tous les livres et en les faisant tourner via un mini-bus qui déplace les stocks d'un village l'autre...
Comme quoi, ce n'est JAMAIS une question de budget mais d'envie et d'idée(s) !!
En Angleterre les autorités veulent rendre les gens encore plus esclaves du numérique, pour mieux les contrôler... C'est vrai que donner à lire donne surtout à réfléchir, ce qui dérange souvent les politiques...
Merci donc aux élus varois de cette belle initiative !

Écrit le 15/02/2013 à 14:46

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