Le monde de l'édition > Bibliothèques > Actualité

Hommage au bibliothécaire, héros des temps modernes

Que ferait-on sans elle ou lui ?

Le mardi 24 décembre 2013 à 10:33:47 - 2 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Bien que très sinon trop discret, le/la bibliothécaire a un rôle charnière dans le monde du livre, preuve que les vrais héros des temps modernes sont rarement ceux que l'on croit. En cette fin d'année, il est temps de lui rendre un hommage mérité. Les bibliothèques aussi bien traditionnelles que numériques sont largement couvertes par les médias, mais qu'en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? 

 

 Daring_Librarian_Angels

The Daring Librarian, CC BY SA 2.0

 


Depuis la Révolution française, date de création des premières bibliothèques municipales (avec les livres confisqués à la noblesse et au clergé), le bibliothécaire s'échine comme il peut, avec beaucoup de conviction et très peu de moyens, dans toutes sortes de bibliothèques aussi bien générales que spécialisées.

Après avoir été, durant de nombreuses décennies, une activité confiée aux historiens locaux et aux dames tricoteuses, la profession obtient enfin les statuts qu'elle mérite, après des mois sinon des années de discussions menées à l'échelon local, départemental, régional, national et international. 

 

Arrive l'an 2000. Le bibliothécaire franchit tête haute le cap du 21e siècle en tentant de lire des livres numériques (appelés aussi ebooks) sur son ordinateur (appelé aussi PC)

 


Signe qu'elle colle à son époque, l'image de la bibliothèque évolue elle aussi. Souvent rebaptisée médiathèque, la bibliothèque contemporaine comprend non seulement une salle de référence et un service de prêt, mais aussi une discothèque, une vidéothèque, une artothèque, une salle d'exposition, une salle de conférences (pouvant être utilisée pour des rencontres, débats, signatures et concerts, si ce n'est pour des séances de yoga ou de tai-chi), une salle pour l'heure du conte, un espace multimédia et un cyberespace. Et, bien sûr, une bibliothèque numérique souvent appelée bibliothèque virtuelle. Et, dans le meilleur des cas, un café plutôt qu'une simple machine à boissons sous l'escalier.

 

Arrive l'an 2000. Le bibliothécaire franchit tête haute le cap du 21e siècle en tentant de lire des livres numériques (appelés aussi ebooks) sur son ordinateur (appelé aussi PC), son assistant personnel (appelé aussi PDA), son smartphone (appelé aussi téléphone intelligent) ou sa tablette dédiée (appelée aussi liseuse). Avec plus ou moins de conviction les premiers temps, histoire d'être dans le coup, avant d'être totalement séduit par ces nouveaux supports.

 

 

Affiche campagne Libqual+ à Angers

marlenedd, CC BY 2.0

 

 

L'ebook se met toutefois à souffler en tempête sur le livre imprimé au risque de provoquer un tsunami dans un modèle économique ayant plus de cinq siècles alors que ce dernier rejeton n'a que quelques années. Alors le bibliothécaire, tel David contre Goliath, emploie toute son énergie à cimenter le monde du livre en rassemblant autour de lui les autres corps de métiers : l'auteur, l'éditeur, le libraire, le diffuseur, le distributeur, l'imprimeur, le traducteur, l'illustrateur, le photographe, le relieur, etc., et bien sûr le lecteur. L'important est l'œuvre, rappelle-t-il sans relâche, et non le support. Aimer, c'est regarder dans la même direction.

 

Grâce aux efforts surhumains du bibliothécaire pour poursuivre envers et contre tout l'œuvre de Gutenberg sans voir imploser la grande famille du livre, tout le monde cohabite désormais en paix lors du Salon du Livre annuel (à Paris et ailleurs), et les tablettes font bon ménage avec le livre imprimé (mais espèrent toujours le supplanter).

 

En plus de ses tâches habituelles (achat, inventaire, catalogage, indexation, rangement, prêt, réponse aux questions, et j'en passe), le bibliothécaire gère maintenant des blogs et des wikis tout en alimentant de manière continue ses multiples comptes sur des sites sociaux, sans oublier son mur Facebook et son fil Twitter. Certains deviendraient fous à faire autant de choses à la fois. Mais, à force de volonté personnelle doublée de séances de relaxation, le bibliothécaire a appris depuis longtemps à gérer son stress, tout en luttant au sein de son syndicat pour que les heures supplémentaires soient optionnelles, et payées le triple. 

 

Le bibliothécaire était déjà là pour mettre de l'ordre dans ce que Gutenberg et ses successeurs imprimaient. Le bibliothécaire était toujours là pour promouvoir la lecture publique auprès de générations de petits et grands lecteurs.

 

 

La nuit, en cas de sommeil agité, le bibliothécaire non technophile rêve de l'époque où l'internet n'avait pas encore envahi la planète en général et les bibliothèques en particulier. Pendant ce temps, le bibliothécaire technophile rêve au papier électronique, sans très bien savoir de quoi il s'agit exactement, puisqu'il est encore dans les éprouvettes des chercheurs, mais qu'il ne devrait pas tarder à en sortir malgré un lancement régulièrement reporté d'année en année. Certains bibliothécaires technophiles rêvent même de leurs futures Google Glass.

 

 

lost in the stacks

library_mistress, CC BY SA 2.0

 


Après cette courte digression nocturne, on terminera en soulignant avec force le rôle pivot du bibliothécaire - en version classique et en version 2.0 - dans un monde du livre en pleine mutation.

Le bibliothécaire était déjà là pour mettre de l'ordre dans ce que Gutenberg et ses successeurs imprimaient. Le bibliothécaire était encore là pour organiser les premières bibliothèques municipales. Le bibliothécaire était toujours là pour promouvoir la lecture publique auprès de générations de petits et grands lecteurs.

 

Maintenant le bibliothécaire gère non seulement du papier, mais aussi des disquettes, des CD, des CD-Rom, des DVD, des pages web, des fichiers texte, des fichiers audio et vidéo, des ebooks et moult autres documents numériques, tout en checkant ses mails et ses tweets et en répondant aux commentaires qui fusent sous le dernier post de son blog.

Vu le nombre de documents et la multiplicité des supports, la tâche devient de plus en plus rude. Mais, depuis cinq siècles que le bibliothécaire est d'attaque sur tous les fronts, un pari de plus (et un salaire en conséquence) ne lui fait pas peur.

Pour approfondir

photo Lebert Marie

   

Journaliste "nomade" des technologies pour le livre et les langues. Quelques années à San Francisco. En Europe pour le moment. http://marielebert.wordpress.com/

 

Mots clés :
bibliothécaire - évolution du métier - promotion de la lecture - avenir du livre



Réactions

Publié par murielle

 

oui, heu, pour le salaire en conséquence, il y a encore du travail, mais pour le reste, oh oui !

Écrit le 09/01/2014 à 14:20

Répondre | Alerter

Publié par Hun des cotres

 

Gloire à Super Biblos !
Longue vie à sa Grande Bibal !
Et que Borges protège ses nuits agitées !

Écrit le 18/01/2014 à 16:49

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Mon nom est Dieu, Pia Petersen

Présentation de l'éditeur : Jeune journaliste à Los Angeles, Morgane devrait a priori se méfier de ce SDF dépressif et [...]

La tête sous l'eau

Le corps, une fois dans l'eau et en profondeur, remonte toujours à la surface. Il est comme une bouée, un ballon : il [...]

Index des articles parus sur les ensablés depuis 2011 – réouverture du blogue fin août

Chers lecteurs, voici les vacances et l'occasion de lire, découvrir ou redécouvrir des auteurs oubliés. Vous trouverez [...]

Livre numérique gratuit

Sondage

Un abonnement pour les livres numériques, en illimité, ça vous inspire quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com