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Japon : le Journal d'Anne Frank vandalisé en bibliothèques

Tokyo désarmé devant un acte de vandalisme contre les livres liés à la jeune adolescente

Le vendredi 21 février 2014 à 13:30:30 - 0 commentaire

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Une centaine d'exemplaires du Journal d'Anne Frank ont été vandalisés dans des bibliothèques publiques de Tokyo, annoncent les autorités. Des pages arrachées, et sans trop d'explications pour l'heure, on dénombre en tout 265 ouvrages liés au Journal qui ont également été pillés. Un groupe américain de représentant des communautés juives a demandé que soit ouverte une enquête de police. 

 

 

 

 

 

Devenu symbole de l'Occupation allemande et de la souffrance des juifs, traqués par les nazis, durant la Seconde Guerre mondiale, le Journal d'Anne Frank est aujourd'hui l'un des livres les plus vendus au monde. Satomi Murata, directeur du Conseil des bibliothèques du Japon, a expliqué à l'AFP que les actes de vandalisme ont été constatés dans cinq quartiers de la ville de Tokyo.

 

« Nous ne savons pas pourquoi cela est arrivé, ni qui en est à l'origine », reconnaît-il. Dans le même temps, Toshihiro Obayashi, fonctionnaire de l'établissement de Suginsami, situé dans l'ouest de la ville, est formel : « Chaque livre qui se rapporte au Journal d'Anne Frank a été endommagé dans notre bibliothèque. » 

 

La localisation géographie de ces incidents suggère une forme d'organisation, comme pour « dénigrer la mémoire de l'assassinat de 1,5 million d'enfants juifs, par les nazis, durant l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale », estime Abraham Cooper, doyen du Simon Wiesenthal Center. C'est son organisation qui a demandé l'ouverture d'une enquête policière. 

 

Un acte comme pour 'dénigrer la mémoire de l'assassinat de 1,5 million d'enfants juifs, par les nazis, durant l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale'

 

« Anne Frank est étudiée et vénérée par des millions de Japonais. Seules les personnes débordant de sectarisme et de haine chercheraient à détruire les mots historiques d'Anne, son courage, son espoir et son amour, dans cette catastrophe imminente », ajoute-t-il. On a retrouvé dans les quartiers de Shinjuku, Nakano, Suginami, Toshima et Nerima, ces actes de vandalisme, ainsi que dans les villes de Higashi-Kurume et Nishi-Tokyo. 

 

Le livre compte, depuis 2009, dans le registre mondial des oeuvres recensées par l'ONU. 

Ce qui est plus troublant encore, c'est que le Journal apporte aux Japonais une forme d'identification - d'autant plus que l'oeuvre a été adaptée en manga, et fait l'objet, dans le pays, de nombreuses expositions, de musées ou encore par des initiatives pédagogiques. Selon des chercheurs, c'est toutefois moins la compassion pour les victimes de l'Allemagne nazie, qui s'exprime alors, qu'une forme de côté sombre, qui rappelle les victimes japonaises durant le conflit. 

 

 

 

 

Entre les bombes nucléaires américaines et l'oppression subie par Anne Frank, il existe un lien que les Japonais semblent avoir tissé, qui les rapproche de la jeune adolescente. 

 Au pays du soleil levant, peu nombreux sont ceux qui connaissent la Shoah. Une histoire bien trop lointaine pour les Japonais, malgré leur alliance avec le Troisième Reich. Ils ne semblent pourtant pas non plus bien connaître leur propre histoire : « La guerre, c'est horrible. Et nous en avons été les plus grandes victimes lorsque les Américains ont largué leurs bombes atomiques sur nous. », dit Makoto Otsuka, le directeur du mémorial à Anne Frank et à la Shoah, situé non loin d'Hiroshima et unique en Asie. Et c'est l'idée vague qui fait à peu près consensus au Japon. 

 

Arte a consacré une page entière à Anne Frank au pays du manga, proposant de découvrir un documentaire dans une BD interactive autour de cette oeuvre.

 

En Europe, Anne Frank est un symbole de l'Holocauste, mais les Japonais se raccrocheraient à cette histoire pour des raisons bien différentes. Si l'on se souvient d'Hiroshima et de Nagasaki, on comprend mieux comment le public de l'Archipel peut s'identifier à une jeune fille victime de la cruauté. La première traduction en japonais est arrivée en 1952, et aujourd'hui, les anciennes générations offrent le livre en manga à leurs enfants. 

 

La police de Tokyo a commencé ses investigations. Par mesure de précautions, certains établissements ont décidé de retirer les oeuvres de leurs étagères, afin de protéger les livres. Le porte-parole de la Japan library Association, Saeko Nishimura, reconnaît que, depuis janvier, les établissements publics ont constaté différents incidents. Et depuis ces dernières semaines, les actes constatés ces derniers jours seraient, selon l'Association, l'oeuvre des mêmes personnes.

Sources : Asahi , AZJewish , Forward

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
Anne Frank - Journal - actes de vandalisme - Bibliothèques de Tokyo



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