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Les usagers de bibliothèques empruntent et achètent des ebooks
C'est une force, pas un ennemi !
Par Nicolas Gary,Le jeudi 15 novembre 2012 à 17:10:57 - 0 commentaire
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Dans l'offre légale attractive, il aura fallu quelques temps avant de comprendre que cela ne signifiait pas nécessairement ‘commerciale' à destination du public. Si aujourd'hui, il semble incontestable - encore qu'un travail de persuasion important reste à faire - que les bibliothèques sont le pivot de la lutte contre la contrefaçon, les éditeurs réfractaires se ramassent à la pelle. Aux États-Unis, deux acteurs ont décidé de mettre les moyens pour les convaincre.
chris howard author (CC BY-NC 2.0)
Ainsi, OverDrive, service de diffusion de livres numériques pour les bibliothèques et l'American Library Association ont commandé une étude, réalisée auprès de 75.385 personnes affectionnant les livres numériques et usagers de bibliothèques. Des clients qui en moyenne achètent 3,2 livres numériques ou papier chaque mois. Ceux qui empruntent des livres dans les établissements sont également des clients, et leurs achats de livres numériques ont sensiblement augmenté au cours des six derniers mois.
L'étude a été menée en juin et juillet, avec une grande majorité de femmes, 78 %, gagnant plus de 50.000 $ par an (75 % d'entre elles). Elles ont également 40 ans ou plus (72 %) et une grande partie a fait des études universitaires (73%). Bien. Mais une fois que l'on a indiqué cela, les véritables festivités débutent.
Ainsi, 83 % des personnes assurent acheter en moyenne 3,2 livres par mois et tant dans l'emprunt de livres que dans l'achat, l'apparition du format numérique a fait augmenter leur consommation, pour respectivement 60 % et 44 %. Ou à défaut, est resté stable, pour 33 % et 44 %.
L'autre point majeur, est que les personnes sont 64 % à n'avoir pas acheté le livre dont elles ont emprunté la version numérique. Une importante majorité, qui, si elle ne trouve pas de version numérique à consulter dans l'établissement où elle se rend, pourrait très bien se rendre sur internet, chercher sur les réseaux de partage illégaux, et alors, se faire une opinion, en téléchargeant illégalement un fichier numérique. CQFD.
Un outil stratégique et promotionnel
« La découverte d'un livre et sa promotion ont pris une plus grande place chez les éditeurs et les auteurs à mesure que se poursuit la transition numérique, et cette étude qui confirme la valeur des bibliothèques publiques. Avec la hausse du trafic web et les améliorations apportées aux sites internet des bibliothèques, les établissements publics deviennent des éléments essentiels dans la stratégie marketing pour les éditeurs », explique David Burleigh, directeur marketing d'OverDrive. Bien évidemment partisan...
Ou du moins, devraient le devenir. Mais c'est encore loin d'être le cas.
Pour compléter l'étude, on découvre que les Kindle, Nook et Sony Reader sont les plus importants, à 84 %. Le PC de bureau ou le portable ne représente que 20 % des usages, contre 19 % pour les smartphones et 18 % pour les tablettes. Pour Carrie Russel, directrice du programme OITP « les bibliothèques de prêt encouragent les gens à expérimenter de nouveaux auteurs, des thèmes, des genres, tout ce qui est bon pour la lecture, et l'écosystème de l'édition tout entier. »
Le rapport, présenté par Bowker, coûte 800 $, et servirait probablement d'outil immanent dans la compréhension de l'écosystème. Les bibliothèques ne peuvent plus être les parents pauvres de l'édition numérique...
L'implication évidente, nécessaire et tardive
Une étude néerlandaise sur les habitudes de consommation avait déjà démontré que les consommateurs se tournent vers les versions pirates dès lors qu'ils ne peuvent pas accéder aux ouvrages légalement. Mieux : les clients seraient disposés à acheter, si on leur en donnait les moyens.
Et pour aller plus loin encore, une autre étude, datant cette fois de juin dernier, toujours pour le compte de l'ALA, par Pew Internet, montrait que les internautes usagers de bibliothèques n'hésitent pas à acheter les livres. « Les emprunteurs d'ebooks qui achètent est un phénomène qui est aussi vérifiable dans le monde de l'imprimé. Nous connaissons ce point et ces données montrent un constat important pour nous », précisait Molly Raphaël, présidente de l'American Library Association.
En France, la ministre de la Culture elle-même, Aurélie Filippetti, assurait que l'offre de prêt d'ebooks en bibliothèque constituait un point primordial, à l'occasion de rencontres, organisées à la SGDL, fin octobre. « Il s'agit d'un enjeu capital à mes yeux, comme à ceux des élus des collectivités territoriales attachés à la pérennité de la politique de lecture publique », expliquait la ministre. Sauf que la rue de Valois se trompe allégrement d'outils.
« Le projet d'exploitation numérique des livres indisponibles que les auteurs mènent depuis deux ans avec les éditeurs, la Bibliothèque nationale de France et le ministère est exemplaire de ce point de vue », rajoutait en effet la ministre, alors même que la loi sur la numérisation des oeuvres indisponibles fait scandale chez les auteurs.
Sources : GoodeReader , The Digital reader
Pour approfondir
Mots clés :
bibliothèques -
prêt d'ebooks -
livres numériques -
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