Le monde de l'édition > Bibliothèques > Actualité

Médiation autour du numérique, l'arme secrète des bibliothèques

Manque encore quelques munitions

Le jeudi 07 février 2013 à 12:02:32 - 3 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

La médiathèque de Jaude, à Clermont-Ferrand, s'impose comme l'une des plus grandes de l'agglomération, avec ses 1.300 m² : certains usagers n'y passent pourtant qu'en coup de vent, sur le retour du travail. Pour tous, mais peut-être encore plus pour ces publics, le bibliothécaire assume alors le rôle du phare dans l'océan culturel (120.000 documents) qui les emporte.

 

 

Extrait de la brochure Bibliothèques et médiathèque de Clermont Communauté

 

 

Poésie. Contemporaine. Numérique. Ce repoussoir complet pour les vendeurs de produits culturels s'est installé dans la médiathèque de Jaude, pendant un an, au sein du catalogue Publie.net. « Notre abonnement s'est interrompu, car l'objectif est désormais de passer à un accès pour tous les usagers de l'agglomération » explique Yann Duphil, bibliothécaire : la consultation pourrait reprendre plus vite que prévue, avec une candidature d'ores et déjà déposée pour l'opération 50 EPUBs 100 bibs de l'éditeur.

  

Ce dernier fait malheureusement toujours office de franc-tireur, ou prêteur : « Nous sommes en demande, sans offre en face. Nous sommes obligés, légalement, de passer par des réseaux comme les offres publiques, où les éditeurs sont absents, car concentrés sur la vente aux particuliers. Publie.net est l'un des rares à s'intéresser à la situation des bibliothèques et à la gestion des fichiers » poursuit Duphil.

 

La source des soucis pour la médiathèque de Blanzat, inaugurée samedi : « On se bat avec les bibliothèques Adobe et les DRM » confie Laetitia Wystrach, responsable des ressources numériques sur le bassin de lecture Nord (200 titres payés, 1200 gratuits). Un combat d'autant plus incompréhensible que les verrous se lèvent pour les particuliers, pas pour les établissements de prêt. « Nous passons par ePagine et piochons dans leur catalogue, mais il faut gérer les achats avec des identifiants Adobe, des adresses mails et des sessions Windows, le tout limité à 6 supports seulement... Je vous laisse imaginer. »

 

Ce que la bibliothèque ajoute au livre

 

De leur côté, les bibliothécaires ont pourtant la médiation : des actions très ciblées pour des publics qui le sont tout autant, histoire de faire mouche à coup sûr. « Nous avons travaillé avec plusieurs classes de lycée, sur la poésie contemporaine de publie.net », explique Yann Duphil : même les documentalistes ont découvert ce que le numérique changeait dans l'écriture, la lecture, l'édition de poésie aujourd'hui, à partir des textes de quelques auteurs. 

 

Ce travail s'exécute en collaboration avec les équipes pédagogiques, et permet de renforcer des actions à grande échelle, comme les Escales Littéraires que la région Auvergne organise avec son réseau de lycées professionnels. Dans les bibliothèques et médiathèques de l'agglomération, les lycéens ont pu profiter d'une offre papier, mais également numérique. Quand les catalogues bugguent et refusent d'afficher les liens vers les EPUB, les bibliothécaires bricolent des « livres fantômes » marqués d'un QR Code : « Qu'est-ce que c'est ? » revient souvent, admet le bibliothécaire.

 

« On a raté un certain nombre de virages au sein des bibliothèques, je pense aux MP3 ou aux DVD devenus obsolètes, et se positionner sur le livre numérique est important » explique Yann Duphil. Les établissements se fédèrent autour de la BPI, via le consortium Carel qui cherche à promouvoir le prêt numérique en bibliothèque, ou même à distance. « Le téléchargement hors établissement ne nous inquiète pas : plus l'offre grandit, plus on devient indispensables » : ce n'est pas de la prétention, juste de la médiation.

 

Pour approfondir

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
médiation du livre - bibliothèque - publie.net - livre numérique



Réactions

Publié par Lou

 

Il est important de noter dans un premier temps que cet article n'est que la vision de deux bibliothécaires et pas forcément une réalité.
Il est bien triste de voir qu'aujourd'hui seul un son de cloche sur le sujet est diffusé, montrant LA bonne direction à suivre, alors qu'il y a débat... Et un débat important.
Le fameux virage du MP3 a été fort heureusement raté ! Je dis heureusement, car aujourd'hui, on voit bien que ce format périclite et en grande partie à cause de sa piètre qualité. Laisser supposer que le cd meurt en bibliothèque est un mensonge pur et simple. C'est le cas lorsque les sélections des discothécaires sont mauvaises. Dès qu'un vrai travail de création d'un fonds de référence est mis en place, les gens répondent présent.
Quant aux dvd obsolètes, c'est, je crois, une vision faussée de la réalité en médiathèque, à savoir que c'est le format le plus emprunté. Alors oui, en effet, le bluray commence gentiment à s'installer, mais penser remplacer l'un par l'autre serait une grave erreur quasi élitiste car encore bien peu de foyers sont équipés et, de plus, le catalogue bluray est encore bien léger.
Bref, ne creusons pas bêtement nos tombes en ayant peur d'être hasbeen car quand les bibliothèques auront disparu suite à de mauvais choix faits par peur d'être ringard (et dieu sait que l'on en fait beaucoup en ce moment), le numérique sera peut-être bien passé de mode et on sera passé à autre chose.

Rappelons-nous que le public, qui se nourri au numérique toute la journée est bien content, lorsqu'il peut se poser cinq minutes, d'ouvrir un vrai livre sur un vrai fauteuil, d'écouter un vrai disque dans une vraie chaîne...

Écrit le 08/02/2013 à 09:52

Répondre | Alerter

Publié par Mediamus

 

Attention : Très loin d'être un support obsolète, le DVD est un support très emprunté, avec un taux de rotation deux fois supérieur aux autres supports (livre et CD). Comme le souligne le mémoire de Xavier LOYANT "Les collections audiovisuelles de fiction en bibliothèque publique" http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-48217 J'en profite pour rappeler que le CD que l'on dit lui aussi dépassé et ce depuis plus de 5 ans, a toujours un taux de rotation supérieur à celui de l'imprimé.

Écrit le 10/02/2013 à 12:56

Répondre | Alerter

Publié par Daffodil

 

Content de voit une réflexion un peu construite sur ces sujets qui font l'objet de tant de bavardages ! Longue vie au livre numérique en bibliothèque publique !

Écrit le 10/02/2013 à 22:01

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton

Présentation de l'éditeur : Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date, de...

La logique du grain de sable: Galtier-Boissière (1891-1966) ou de l'utilité des ensablés dans les commémorations, de Carl Aderhold

Les commémorations ont ceci de paradoxal que bien loin de nous ramener à l'événement commémoré, elle nous renforce...

Livre numérique gratuit

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com