Le monde de l'édition > Bibliothèques > Actualité

Prêt d'ebook en bibliothèque : la simplicité de Smashwords séduit

Une victoire sur les lourdeurs contractuelles ?

Par Nicolas Gary,Le lundi 07 janvier 2013 à 17:42:12 - 0 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

La course au prêt de livres numériques vient de prendre un étrange virage, alors que la semaine passée, c'est un accord entre Smashwords et la Douglas County Library, qui vient de se nouer. L'établissement a en effet annoncé avoir acquis 10.000 titres numériques du distributeur spécialisé dans les ouvrages d'auteurs autoédités et d'éditeurs indépendants. Un signe des temps, dont la conclusion pourrait coûter cher, note Peter Brantley. 

 

 

E-book from Apple, 1984

L'ebook, version disquette Apple

Martiis, (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Dans un billet publié sur Publishers Weekly, Peter Brantley cofondateur de l'Open Book Alliance, explique que les enjeux viennent de basculer : devant la résistance des éditeurs traditionnels à s'ouvrir au prêt d'ebooks, et pour répondre à la demande des usagers, les établissements se sont adaptés. En tout cas, la Douglas County Library n'y est pas allée par quatre chemins. 

 

Concrètement, l'accord passé entre Smashwords et l'établissement est net : 10.000 ebooks achetés, et dont l'établissement peut se servir selon son bon vouloir. Ici, pas de licence d'accès, ni de vente de livres numériques à 84 $, voire plus, comme le pratiquent certaines maisons. Les petits prix des ouvrages de Smashwords, en moyenne tournant autour de 4 $, permettent d'enrichir un catalogue de manière plus importante que lorsqu'il faut traiter avec des éditeurs classiques. 

 

Et le tout, sans contrat de 330 pages avec différents avenants, raille Peter Brantley. 

 

L'achat permet en effet de disposer d'un catalogue comptant désormais 21.000 titres, et Peter s'attend clairement à ce que d'autres établissements emboîtent le pas à la Douglas County. Un exemple particulièrement efficace de ce programme d'achat que le programme Smashwords Library Direct permet.

 

Mais surtout, Smashwords constate que les auteurs, qui ont la possibilité de fixer le prix de vente qu'ils souhaitent pour les bibliothèques, proposent assez systématiquement des tarifs moins élevés. Chose qui « reflète la valeur ajoutée qu'ils accordent à la visibilité et la promotion en bibliothèques » de leurs titres, souligne Brantley. 

 

Mais selon lui, c'est surtout la simplicité de l'accord, et la simple validation d'un document PDF qui fait toute la force de cette annonce : les bibliothèques s'engagent à respecter le copyright américain, et point barre. En somme : on prête des ebooks achetés, et l'établissement ne s'amusera pas à réaliser des films, des traductions ni d'autres dérivés de l'oeuvre initiale. Et si un auteur considère qu'il préfère retirer son ebook, alors Smashwords en formulera la demande simplement par mail auprès de l'établissement. 

 

En février 2012, c'est sous sa casquette de directeur de la Digital Library Federation que Peter Brantley donnait de la voix : selon lui, les bibliothécaires se sentaient « nettement moins charitables envers les grandes maisons d'édition » depuis que Penguin « l'une des plus grandes maisons des États-Unis, était prête à faire subir des dommages collatéraux aux bibliothèques dans une échauffourée à laquelle elle n'a pas choisi de participer ».

 

L'éditeur avait en effet choisi de supprimer tous ses ebooks des programmes de prêts, considérant que les mesures de sécurité n'étaient pas suffisantes.

 

Ici, foin de contractualisation lourde : un simple accord, sans restrictions qui ajoutent une dose de complexité inutile. « J'espère que d'autres éditeurs seront disposés à mettre en place une Compréhension Commune, et son principe, comme une base pour établir des relations plus solides et de réelle confiance. »

 

Avis, avis...

 

Pour approfondir

Fracture ou plaie béante dans les bibliothèques autour de l'ebook

2013, l'année zéro pour le prêt d'ebooks ? 

 

 

Pour approfondir



Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date, de...

La logique du grain de sable: Galtier-Boissière (1891-1966) ou de l'utilité des ensablés dans les commémorations, de Carl Aderhold

Les commémorations ont ceci de paradoxal que bien loin de nous ramener à l'événement commémoré, elle nous renforce...

Voyage au bout du livre #1 : L'éditeur, passeur professionnel

Voyage au bout d'une livre, c'est le titre de l'une des rubriques que je propose désormais sur la plateforme Les...

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com