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Prêt d'ebooks : Dilicom amorce le Projet Numérique en Bibliothèque

Point d'étape.

Par Nicolas Gary,Le lundi 03 décembre 2012 à 18:41:43 - 5 commentaires

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Le Projet Numérique en Bibliothèque, impulsé par Dilicom, et évoqué durant les Asisses du livre numérique, n'a pas manqué d'attirer l'attention. Alors que les établissements sont demandeurs d'une solution complètement unifiée, les moyens manquent et l'offre disposant d'un catalogue global est encore à construire. 

 

Or, Vincent Marty, directeur général de Dilicom, au cours des Assises, avait justement esquissé le PNB, parlant d'un « prototype de hub mis en place pour l'accès au livre numérique en bibliothèque, avec un investissement de départ assuré par Dilicom, puis assumé par le même système que pour le livre papier ». (voir notre actualitté) Aucune autre information n'avait filtré depuis, sinon que l'on ne découvrirait le projet qu'à compter du mois de mars, durant le Salon du livre de Paris.

 

Projet numérique en Bibliothèque : nom de Code Rhino

 

Aujourd'hui, quelques nouveaux éléments sont apportés par Vincent Marty, qui présente plus en détail le mode de fonctionnement de cet outil. « Les bibliothèques pourront offrir un accès aux livres numériques qu'elles auront achetés auprès des librairies, avec une lecture en streaming et en téléchargement in situ et hors les murs. Il sera d'ailleurs possible d'emprunter et de procéder à une restitution anticipée, pour retourner plus tôt l'ouvrage. »

 

robo automatique

Les Robots rêvent-ils de prêts d'ebooks ?

ActuaLitté (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

En revanche, un titre disposera d'une période de prêt maximale, avec probablement un DRM chronodégradable à la clef, pour rendre la lecture impossible. Concrètement, la bibliothèque affichera donc l'offre dont elle dispose, après acquisition auprès d'un libraire, comme cela se fait actuellement pour les ouvrages papier. À ce titre, la Sofia devrait intervenir et ponctionner pour partie la transaction, dans le cadre de son activité de société de gestion des droits. 

  • Les distributeurs transmettent à DILICOM la description des offres définies par les éditeurs.
  • Les offres sont intégrées dans le Fichier Exhaustif du Livre (FEL) et diffusées aux libraires raccordées au Hub.
  • Les libraires présentent les offres des différents distributeurs aux collectivités à travers leur site professionnel.
  • Les bibliothèques procèdent à leurs acquisitions auprès des libraires qui passent leurs commandes via le Hub.
  • Les livres numériques sont mis à disposition des usagers des bibliothèques dès que le libraire a validé la commande auprès des distributeurs.
  • L'hébergement des fichiers est assuré par les distributeurs.
  • Le Hub archive les transactions afin de garantir aux collectivités la pérennité de l'accès aux ressources achetées.

De son côté, Dilicom servira bien d'intermédiaire pour l'ensemble de l'opération. L'établissement va ainsi acquérir ses ebooks auprès d'un ou plusieurs libraires, « dans les conditions habituelles des relations contractuelles entre bibliothèques et librairies ». Dilicom fera la mise en relation entre les acteurs, recevant les commandes passées par la bib à la librairie, qui enverra à Dilicom, avant de recevoir les liens pour le téléchargement des ebooks. 

 

Dans les offres, on devrait trouver tout à la fois des bouquets et des offres unitaires, et plusieurs acteurs sont d'ores et déjà attendus, comme Dialogues, Mollat, Le Divan, et d'autres edistributeurs, tels Eden Livres, Immatériel, Iznéo ou encore ePagine, qui intervient à titre de prestataire pour les libraires...

 

Entre le 10 décembre et le 1er janvier, débutera la publication du format utilisé pour la description des offres numériques puis celle des spécifications techniques sur les API. La phase de test avec les pilotes. La mise en production et le déploiement de la phase pilote débuteraient au 15 mars, avec en juin 2013, un premier bilan sur cette période. 

 

L'offre commerciale : ça vous gratouille ou ça vous chatouille

 

Stéphane Michalon de la société ePagine, nous précise : « Techniquement, réaliser cette offre est simple. Le problème vient plutôt du modèle de facturation pour les livres, de sorte que tout le monde puisse s'y retrouver. Le projet part d'un présupposé évident que les librairies peuvent offrir le même service pour le numérique que les livres papier. Mais encore faut-il définir les conditions de cette offre. »

 

En effet, on peut distinguer déjà deux pans : une offre en streaming et une autre en téléchargement - avec un DRM chronodégradable pour gérer la fin du prêt. Cependant, d'autres éléments interviennent : comment se facture la vente d'un livre numérique ? Elle ne peut être la même pour un usage unique (un seul utilisateur par ebook) et 1000 usagers qui pourraient simultanément profiter du même livre. 

 

Et c'est surtout là que le bât blesse. « Les offres ne sont pas encore fixées », nous précise une source anonyme. « Nous, éditeurs, avons la volonté d'expérimenter, mais cela ne peut pas se faire dans n'importe quelles conditions. » Une prudence excessive qui entraîne alors à... ne rien faire. 

 

En outre « la demande de la part des bibliothèques n'est pas tout à fait claire », ajoute Stéphane Michalon. « Les médiathèques ne savent pas exactement ce qu'elles souhaitent, probablement parce que les offres ne sont pas encore définies par les éditeurs. » En l'absence de choix, l'immensité des possibles effraie...

  

Melody, Tempo, Harmony...

 

« Les établissements qui voudront un environnement de lecture cohérent nécessiteront d'harmoniser les offres : un outil de streaming qui servirait à untel, alors qu'un autre utiliserait un autre modèle, manquerait de confort. C'est un des éléments à harmoniser absolument pour ne pas perdre l'usager dans une multitude de solutions techniques », poursuit Stéphane Michalon.

 

A l'occasion d'une journée de conférence autour du thème L'écrit à l'ère du numérique, organisée par la Bibliothèque départementale de Saône-et-Loire,, la question de l'offre numérique en bibliothèque a été largement évoquée.

 

Benoît Roux, directeur des éditions Libel, situées, à Lyon, prônait un rapprochement plus fort entre bibliothèques et éditeurs, directement. « Nous avons besoin des bibliothèques pour faire découvrir nos ouvrages. Moi, je serai prêt à offrir gratuitement les livres numériques de ma maison aux établissements, pour qu'ils puissent les proposer en prêt. Je ne sais pas ce que pensent les grandes maisons d'édition, mais de notre côté, nous voulons que nos oeuvres soient lues, et les auteurs pensent de même... »

 

A ce jour, aucune offre aussi délirante que celles proposées outre-Atlantique ne semble avoir vu le jour - comme les 26 prêts imposés par HarperCollins avant de devoir racheter l'ebook, sous prétexte que 26 serait le nombre de prêts maximum avant détérioration d'un livre papier... Mais nous ne sommes à l'abri de rien.

 

Pour approfondir



Réactions

Publié par Gary Gaignon

 

Voilà qui est très significatif, selon moi, très tendance, mais pourquoi aussi "gratuitement", je veux dire à sens unique, alors qu'une intermédiation simple, directe, soulève surtout la question de réinventer le mode de rémunération des auteurs contemporains et de leurs prestataires? Il suffirait de mettre en oeuvre un système de redevances en ne retenant dans la chaîne du livre numérique que les acteurs essentiels à la source de tout, soit auteurs, éditeurs et bibliothèques électroniques: "Benoît Roux, directeur des éditions Libel, situées, à Lyon, prônait un rapprochement plus fort entre bibliothèques et éditeurs, directement. « Nous avons besoin des bibliothèques pour faire découvrir nos ouvrages. Moi, je serai prêt à offrir gratuitement les livres numériques de ma maison aux établissements, pour qu'ils puissent les proposer en prêt. Je ne sais pas ce que pensent les grandes maisons d'édition, mais de notre côté, nous voulons que nos oeuvres soient lues, et les auteurs pensent de même... »" Tenter de reconduire tels quels sur le plan technique, dans le monde numérique, les rapports de force économiques et culturels de la chose du livre papier actuel, est une pure absurdité qui ne fera qu'entraver le progrès, mais sera incapable de le stopper net.
il y a quelques secondes · Modifié · J'aime

Écrit le 03/12/2012 à 19:57

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Publié par mercure

 

Livre numérique :que veulent les bibliothèques publiques? Peut-être tout simplement commencer par les interroger et prendre l'avis de leurs organismes mandatés pour le faire.

Écrit le 04/12/2012 à 09:07

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Publié par Fieffé Goupil

 

Pourquoi ne pas envisager une liseuse "verrouillée" prêtée par le réseau des bibliothèques publiques ? ça résoudrait bien des soucis de droit, non ?

Écrit le 04/12/2012 à 14:25

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Publié par Rah

 

>En revanche, un titre disposera d'une période de prêt maximale, avec probablement un DRM chronodégradable à la clef, pour rendre la lecture impossible.

Et bim tout est dit : on a une réalité technologique qui nous permet, bibliothécaires, de diffuser plus, plus loin, plus large pour (sur le long terme) un coût pas déconnant mais surtout SURTOUT mettons des limites "pour rendre la lecture impossible".

Mon boulot, c'est de rendre la lecture possible, justement. Le leur, manifestement, est de la rendre impossible. Comme voulez-vous que l'on travaille ensemble ? Nous avons déjà perdu cette guerre. Demain, ce sont eux qui la perdront contre les usagers/lecteurs/clients.

Écrit le 04/12/2012 à 17:28

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Publié par Stardust

 

@Fieffé Goupil : Travaillant en bibliothèque sur les ressources numériques, j'y ai déjà pensé, et je sais qu'Immatériel aussi, en partenariat avec un fabriquant de liseuses. Mais pas simple d'avoir l'accord des éditeurs (notamment ceux qui ne lâchent pas leurs DRM). Sinon, comme on peut verrouiller une clé usb contre la copie et la suppression, on doit pouvoir faire pareil pour une carte SD insérée dans une liseuse. Faut tester...
@Benoît Roux des éditions Libel : Je le prends au mot, et vais le contacter pour qu'il m'offre des ouvrages pour les tablettes et liseuses de ma bib !

Écrit le 04/12/2012 à 23:47

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