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Réseaux sociaux et bibliothèques : Paris livre son expertise

Se rapprocher de l'utilisateur, hors des murs

Le dimanche 21 juillet 2013 à 09:56:19 - 0 commentaire

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Avec l'équipement en outils informatiques, les bibliothécaires sont désormais capables de gérer une grande quantité de documents plus rapidement : mais l'arrivée des ordinateurs et d'une connexion Internet invite également les professionnels à s'emparer des différentes plateformes sociales et de promotion des contenus pour adapter leur médiation aux usages et modes de communication des usagers.

 

 

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La bibliothèque de la Canopée (Florent Darrault, CC BY-SA 2.0)

 

 

C'est l'équipe de la bibliothèque de la Canopée, dont l'ouverture est prévue pour le 1er semestre 2015, qui est à l'origine de cette étude du marché des réseaux sociaux : des plus connus, comme Facebook, à ceux connus du seul public ultra connecté, comme Who art'you ou Pheed, l'étude se veut exhaustive. 

La bibliothèque de la Canopée souhaite assurer une forte présence sur les réseaux sociaux. Il en est de même pour la bibliothèque en préfiguration du Carré Saint-Lazare. Cette étude à un instant T doit servir de base pour déterminer quelles sont les plateformes sociales les plus intéressantes dans une bibliothèque de lecture publique.

 

« Le cadre de la préfiguration de la bibliothèque de La Canopée nous a laissé un peu de temps pour nous pencher sur ce qui sera un pan important de notre projet » explique Romain Gaillard, bibliothécaire responsable de la préfiguration. Dans l'équipe à venir au sein de l'établissement, une personne verra probablement l'essentiel de sa fiche de poste consacrée à la supervisation des contenus mis en ligne sur les réseaux sociaux.

 

« Pour mon précédent poste à la bibliothèque Couronnes, je m'occupais de l'animation sur Facebook et Twitter avec 5 ou 6 collègues : cela apporte de plus de diversité dans les posts, et permet aussi de renforcer un esprit d'équipe en interne. Mais il faut aussi s'attendre à quelques minutes prélevées sur son temps personnel, pour les activités sur les réseaux. »

  

 

Une présence à développer sur le Web ?

 

 

Quand on évoque la présence des bibliothèques sur le Web, les premières pensées sont généralement pour les catalogues en ligne et autres portails. « Les portails et newsletter représentent une sorte de communication à l'ancienne qui n'est parfois pas transportable sur les mobiles, alors que les usages avec ces appareils se développent dans la population », explique Romain Gaillard, en soulignant que la présence sur les réseaux sociaux s'est répandue ces 2 ou 3 dernières années.

 

« Mais, souvent, la présence sur les réseaux se limite à Twitter et Facebook, avec la transposition d'une communication traditionnelle, quand de nombreuses autres approches peuvent être développées. Dans l'étude, nous nous sommes donc concentrés sur l'usage de la plateforme, et pas simplement sur une liste des offres. »

 

Près d'une cinquantaine d'entre eux ont été abordés, et classés en différentes catégories, selon les contenus, médias partagés et usages en vigueur sur les différentes plateformes (les « Facebook », la musique, les partages de photos et vidéos, l'épinglage...). 15 critères ont été utilisés par les bibliothécaires pour noter les différents réseaux, en faisant évoluer les notes au fil de leurs découvertes de nouveaux sites.

 

Pour les premiers réseaux, où il serait donc particulièrement pertinent qu'une bibliothèque se trouve, les auteurs de l'étude relèvent sans surprise Facebook et Twitter, mais Google + et Peuplade.fr, un site français spécialisé dans les réseaux locaux. Au même rayon que Twitter, la future bibliothèque de la Canopée attend avec impatience la version française de Pheed.

 

 

 

 Le classement final...

 

 

Quand il s'agit de publier des photos et des vidéos, l'étude comparative note qu'Instagram, application mobile dotée de fameux « filtres », pourra être complétée à l'usage par Flickr, afin d'y développer une galerie plus pérenne que le flux ininterrompu d'Instagram. Pour les vidéos, Vimeo serait recommandé, car mettrait mieux en valeur les contenus.

 

 

Faire revenir les "abandonnistes"

 

 

On le sait, s'accorder du temps pour visiter son établissement de prêt n'est pas forcément évident, et les écueils sont nombreux sur la route de la bibliothèque, tant les sollicitations se multiplient... sur les réseaux sociaux justement. Face à la concurrence, les bibliothèques peuvent faire valoir sur les réseaux médiation et curation, et c'est même sur ces deux types d'activité que Romain Gaillard voit tout le potentiel des réseaux sociaux.

 

À ce propos, l'épinglage que permettent certains sites, et qui consiste en une sélection variée d'articles ou de contenus (vidéos, musique...), se rapproche des médiation et curation que l'on associe généralement aux bibliothécaires. Sur ce point, Scoop.it et Tumblr tirent leurs cartes du jeu. Netvibes et Symbaloo se présentent, eux, comme des agrégateurs, et autorisent un bon travail de curation, couplés avec Facebook et Twitter.

 

En somme, faire revenir les publics dits "abandonnistes" dans le jargon, qui manquent de temps pour s'arrêter en bibliothèque ou participer aux événements. Ces derniers « peuvent évoluer d'une autre manière, et l'action culturelle disposer d'une forme nouvelle, comme avec les live tweets qui peuvent considérablement médiatiser un événement si l'usage des hashtags est bien calibré, ou encore faire participer les usagers, avec leurs interventions ou le partage d'un contenu ».

 

Enfin, notons que les réseaux sociaux du livre sont finalement peu plébiscités, à l'exception de Babelio et Sens Critique, car ils nécessitent « un engagement ponctuel, mais important, avec l'écriture de critiques, par exemple ». Les plateformes d'autoédition ne sont pas représentées, car leur usage « doit s'inscrire dans un projet sur le long terme, comme un atelier d'écriture », explique Romain Gaillard sans exclure de s'y intéresser.

 

L'étude a été menée par Pierre-Marie Augereau, Cyrille Engel, Romain Gaillard, Ophélie Hamot-Béchay, Capucine Liébeaux (préfiguration Canopée) et Soizic Cadio (préfiguration Saint-Lazare). 

 

 

Pour approfondir

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
réseaux sociaux - bibliothèques - étude comparative - usages et médiation



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