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Éditorial : Votre manuscrit a été refusé

À l'attention de notre (d'ordinaire et sauf cas exceptionnel) lectorat, ActuaLitté.com ne publie pas de manuscrits. N'insistez pas.

Par Nicolas,Le lundi 31 mars 2008 à 09:00:00 - 2 commentaires

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Depuis quelques jours maintenant, notre boîte email s'est remplie d'un courrier d'un genre nouveau. Jusqu'à présent, dès le démarrage des machines, le flot continu de communiqués de presse, de spams, d'encouragements ou de désapprobations constituait l'essentiel de notre courrier. Bien sûr, papa et maman nous abreuvent également d'un message par-ci par-là, mais lundi dernier, une pièce jointe nous a prêté à sourire.

On n'aurait pas dû... Par mesure de politesse autant que par respect de l'anonymat de la personne, je vous en retranscrirai cependant la teneur :

« Chère actualité.com, je m'appelle B. et j'ai tenté par tout les moyens de fair e éditer mon manuscri. Mai les éditeurs sont pouris et perosnnne en a voulu. Comme tu as l'ère de travailler dans les livres, je te le confie et comme sa, il pourra être publié. Et essaie pas de le publié sous ton nom, j'ai fait protégé les droits d'autreus. »

Notez tout d'abord que nous ne sommes pas rancuniers, quand bien même le nom du site est écorché... Quant à l'emploi du féminin pour s'adresser à nous, eu égard à la présence de Cécile dans nos rangs, nous la passerons pour une galanterie excessive. Passons également avec bonhomie sur les fautes de frappe, ou les erreurs orthographiques qui parsèment le texte, pour ne jeter à quiconque la première pierre.

Était jointe une version d'un manuscrit intitulé Fleur d'or. Nous l'avons évidemment parcouru, mais la décence nous interdit d'en reproduire tout ou même partie. L'angoisse de voir son auteur recourir à un avocat dans le cas peu probable d'une citation de son oeuvre nous a également conduits à ne pas vous en fournir d'extrait. Et l'affection que je dois à ma mère, qui m'a, avec mon papa, élevé dans le respect de la laïcité et de la langue française.

Quoi qu'il en soit, M. B. a récidivé, le mardi, voyant que nous n'avions pas réussi à placer son manuscrit : « Tu vas pas em la joué à l'anvers, Acutalité. J'ai envouyé mon manuscri hier, et j'ai rien reçue aujourd'hui. Faut que tu te bouge parce que j'aimepas attendre. »

Inquiets, mais sereins, nous avons cru bon de faire les morts et de ne pas répondre aux sollicitations de B., tablant sur sa lassitude inévitable devant notre mutisme. Erreur... Jeudi matin, nouvelle attaque : « J'ai tou comrpi, tu veux me volé mon livre. Je te demande de me renvoyé mon email avec le livre et d'effacé le fichier, parce que j'ai plus confiance en toi. Tu m'as fait croire que tu publierez le livre et t'a rien fait. T'es qu'un connard. » Et je vous assure que nous ne modifions rien de la littérarité du texte.

Jeudi soir, réunion au sommet entre nous : que faire du texte de B. ? Lui renvoyer en lui renouvelant notre bonne foi et en certifiant que nous ne ferons ni mauvais usage, ni usage tout court (à moins de vouloir décrédibiliser complètement notre magazine) de son ouvrage. Peut-être quelques conseils à ce jeune auteur seraient également de bon aloi ? Lui indiquer quelques ficelles et lui proposer de ne pas faire de copier-coller de livres qu'il a pu trouver sur le net, par exemple.

De sa voix de stentor, Victor a tranché : « Il commence à me courir sérieux sur le haricot, celui-là ! » Et tout le monde se l'est tenu pour dit. Email renvoyé, avec lettre d'excuses priant B. de comprendre que nous n'avions rien pu faire pour lui, joignant quelques commentaires et conseils, et la promesse que nous avions effacé le fichier en question.

Hier matin sonna le coup de grâce. « Je vous d"teste, vouds êtes comme les autres. C'erst toput pour votre gueule et rien pour les jeunes comme mois qui ont rien dans leur vie que leur sytlo pour vivre. Je cous souhaite de crever. »

Il nous fallait répondre, c'en était trop...

Mon petit B., comment te dire ? Si tu n'as que ton stylo pour vivre, peut-être pourrions-nous t'encourager à changer d'instrument de travail. Ou du moins à reprendre le cours de tes études pour t'assurer une expression écrite décente et un contenu qui ne serait pas l'oeuvre d'un vulgaire plagiat. À ce titre, Clément propose la truelle, Mario la pelle et Cécile le canapé. J'imagine que cette dernière pense que tu perdrais moins ton temps assis devant la télé qu'à nous harceler.

Par ailleurs, nous n'éditons pas de manuscrit, pour l'unique raison que nous ne sommes pas une maison d'édition. Si tu vois traités dans nos colonnes des éléments relatifs à tel ou tel éditeur, sache que nous n'y sommes pour rien, nous nous contentons de traiter les informations qui en émanent.

Cependant, reçois tous nos encouragements, pour la suite de tes recherches. Nous tenons à ta disposition des sites de confrères qui n'éditent pas non plus de livre, et qui sont journalistes, mais que tu ne manqueras pas d'amuser. De même, ne t'aventure pas dans l'édition à compte d'auteur, tu risquerais d'y perdre des plumes. Et beaucoup d'argent...

Respectueusement,

L'équipe d'ActualiTTé.com J'espère tout personnellement que les deux "t" ne te perturberont d'ailleurs pas trop, sache que c'est n'est pas une faute d'orthographe. Juste une licence poétique...

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
édition - livre - mnuscrit - refuser



Réactions

Publié par Un auteur

 

Eh bien moi, j'ai une aventure peu commune à raconter.

En 2007, j'ai envoyé un manuscrit au comité de lecture de nombreuses maisons d'édition.
Je n'ai reçu que des refus ; un certain nombre d'éditeurs n'ont tout simplement pas répondu à cet envoi, parmi lesquels ?Les Éditions du Bord-de-l'Eau?, sises dans le sud-ouest de la France.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, quelque temps après, sur le blog de cet éditeur, un éloge de mon manuscrit par le directeur de cette maison, M. Dominique-Emmanuel Blanchard :

« J?ai noté que ça arrivait souvent comme ça : après des semaines d?indigences littéraires surgissent, deux, trois manuscrits qui m?enchantent.
Hier c?était ?Malateste?, aujourd?hui c?est ?Apostrophe aux contemporains de ma mort?.
Que l?on ne s?y trompe pas : il s?agit d?une ?uvre réjouissante malgré son titre. À commencer par son style.
L?ai-je assez déplorée cette pauvreté du style dans ce qui tombe dans la boîte postale et sur les messageries de BDL !
Et voilà que coup sur coup le style renaît, ne cesse de renaître de ses cendres (je vous épargnerai le cliché du Phénix, enfin, presque).
Voulez-vous un exemple de ce fameux style dont il m?arrive de rebattre les oreilles des incrédules ? Oui, n?est-ce pas ?
Voici donc :
?Ensuite je ne sais plus, j?ai un trou de mémoire. Je crois que les événements se sont précipités. Qu?on sache seulement que d?assis je me suis retrouvé couché sur le dos, qu?il n?était plus à côté de moi, mais sur moi, et que de paroles entre nous il ne pouvait être question, car il s?affairait à rendre la chose impossible à lui comme à moi.? »

http://domi33.blogs.sudouest.com/archive/2007/12/20/deb-le-style-bordel.html />
Je n'ai jamais eu de nouvelles de cet éditeur. (Heureusement j'ai trouvé il y a peu un autre éditeur).

Publié par Seba

 

http://refusdediteurs.webs.com/liste_des_editeurs.html

Écrit le 09/07/2010 à 22:35

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