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Divins mortels : la mythologie en s'amusant
Par Nicolas Ancion,Le lundi 17 octobre 2011 à 09:01:52 - 0 commentaire
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Pas facile de trouver un bon sujet en bande dessinée d'humour. Les sports sont déclinés sous toutes les coutures, les métiers également, il y a tant d'albums consacrés à l'univers scolaire qu'il faudrait être fou pour s'aventurer sur ce terrain, ne parlons même pas de la famille, encore moins des roux, des blondes ou des belles-mères, les anachronismes et les ancêtres de toutes les époques ont été maltraités à de nombreuses reprises...
Le casse-tête semble insoluble pour un scénariste qui se lance. Il faut donc saluer l'idée brillante de Wouzit, qui se propose une BD d'humour sur la mythologie grecque.
Le projet pourrait sembler casse-gueule pour le lecteur moyen qui, je l'imagine volontiers, ne connaît guère plus que moi ces histoires de déesses, de mortels et de demi-dieux. Il n'en est rien, pourtant : Wouzit parvient à la fois à nous rendre familières ces histoires qu'on connaît mal et à délirer en nous les racontant.
La première histoire commence au comptoir d'un bar coloré (simplement dénommé l'Olympe), où Ouranos et Zeus devisent en vidant leurs consommations. Plus tard, on les croisera au self de la cantine, tout comme Dédale, qui vit dans un pavillon de banlieue et qui se fait cuisiner par des flics à lunettes fumées très californiens. Wouzit raconte les mythes, certes, mais à sa façon.
Tous ses personnages, d'ailleurs, semblent sortis d'un épisode des Simpsons plus délirants que les autres, où les coloristes auraient eu accès, après des années de routine, à une palette enfin plus étendue. C'est sans doute le reproche que je ferais à cet album : le dessin est très influencé par celui de Matt Groening.
Pour les foules de fans de la série animée, cela servira peut-être d'argument de vente, pour moi, cela donne surtout envie de voir ce dont serait capable ce dessinateur s'il prenait ses distances vis-à-vis de son modèle.



Tout le spectre des mimiques, sourires gênés, ricanements, airs ahuris et autres collent à ceux d'Homer et sa descendance. Évidemment, me rétorquera-t-on avec malice, associer Homère et la mythologie grecque allait de soi... Je ne suis pas convaincu que l'homonymie soit une excuse suffisante.
Reste un album qui se lit avec le sourire, où les dieux passent pour des abrutis et des nigauds, quand ils ne se laissent pas aller à leur goût prononcé pour la violence gratuite et définitive. Et quand on a des dieux pareils, il ne faut pas espérer grand chose de bon des simples mortels qui grouillent dans leur entourage.
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