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L'impertinence d'un été, de Pellejero et Lapière

Par Nicolas Ramirez,Le mardi 18 mai 2010 à 09:22:49 - 0 commentaire

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ISBN : 9782800147260

Prix eBook :

Prix papier : 14,50 €

Pages : 52

Editeur : Dupuis - Aire Libre

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Voici venu le temps des flirts et des bécots, sur les bancs et dans les parcs : les amoureux vont aller ensemble et se découvrir. Ils croisent des gens sans les voir, qu’importe, insouciants, ils touchent du bout des doigts le bonheur. L’été, pour Pellejero et Lapière, est un moment dans une vie, qui, comme la saison, suit le printemps et précède l’automne et l’hiver.

Photographe américain, fondateur du groupe f/64, Edward Weston marque l’histoire de l’art avec son approche dite pure. Cette présentation succincte n’épuise pourtant pas l’épaisseur d’une vie tournée vers la recherche de la place de l’art dans la société, les voyages incessants entre le Mexique et les Etats-Unis, et surtout sa quête de l’amour. Les auteurs ouvrent donc une page blanche sur cette petite histoire, qu’ils ont badigeonnée de couleurs vives, d’écrits furtifs, tout en distillant l’épaisseur du temps qui passe dans un récit courant sur deux tomes. Le premier posait le décor comme un printemps, à la fois doux et chaud, balayé de quelques vents frais. L’été est là, dans ce second tome, la chaleur aussi, des cœurs et des gestes, révolutionnaires toutes les deux.

 
Le Mexique des années 30 fut une époque propice aux rencontres, entre politiques révolutionnaires armés de flingues et artistes en tout genre, comme Frida Kahlo ou Diego Rivera, Ed Weston et Tina Modotti. Ils se croisent lors des cocktails d'une microsociété à l'abri des conflits qui agitent la rue, discutent d'art et de désir, refont le monde et tentent de trouver des mécènes. Tina, elle aussi photographe douée, s'essaye à un petit boulot pour éviter  cette fameuse fin du mois qui revient sept fois par semaine. Elle tient une matinée avant de s'apercevoir que son idéal de vie est incompatible avec le commerce et le capitalisme. Je ne veux pas travailler, je veux seulement oublier, et puis je fume...
Ce second opus est la conclusion d’un adieu aux continents perdus : le Mexique des idées libres, la jeunesse enthousiaste de Théo, l’art comme bras armé de la lutte. La Révolution s’immisce dans le récit, entoure de sa présence les personnages et bouleverse les choses établies, les amitiés sont achevées à coups de revolver, les larmes coulent sur l’irréparable. Le regard triste et mélancolique d’un Théo défait par l’alcool frelaté pointe sur une époque d’espoir profond, créant une première tension qui parcourt le récit de bout en bout, accompagnée par cette fracture d’amour entre Tina Modotti et Edward Weston. Les amours d’été, comme chacun le sait, finissent tôt et dans les larmes. Ce qui n’empêche pas de les apprécier, d’y croire et de s’oublier un temps.

On attendait ce volume pour conclure sur cette impertinence d’un été. Pas de déception, bien au contraire, dans ce diptyque qui se lit d’un trait ; il s’y dégage une esthétique du vide teintée d’une agréable tristesse. On en sort avec un sourire : rien de plus normal pour un récit totalement réussi.
 

Mots clés :
impertinence - ete - pellejero - lapiere



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