Bd , mangas et comics > Critiques BD
Du zombie pour tronçonner votre sapin
Par Nicolas Ancion, le samedi 10 décembre 2011 à 18:59:32 - 0 commentaire
12
On sait que les zombies sont à la mode mais Jerry Frissen avait un peu d'avance. Passionné de séries B et d'hémoglobine défraîchie, ce scénariste tout-terrain, né en Belgique, s'est installé pour de bon au pays de l'Oncle Sam, en Californie il y a plus de dix ans, là où il fait chaud et où les jeunes filles en maillot font la file devant les studios de cinéma. C'est donc tout naturellement qu'il fait appel à un dessinateur américain, Guy Davis, pour illustrer ses historiettes crépusculaires, délirantes et sanguinolentes.

Nous sommes dans un futur proche, en 2064, le monde que nous connaissons n'a pas complètement disparu mais les lieux qui nous sont familiers doivent désormais être partagés entre les humains de chair et d'os et leurs confrère morts-vivants. La cohabitation n'est pas très organisée, chacun se débrouille comme il le peut et comme il le sent. On réserve aux personnes revenues à la vie les tâches subalternes, tandis que les vivants doivent s'accommoder de ces nouveaux Terriens, plus bêtes et plus lents encore que les anciens, ce qui, dans le monde de Frissen où les abrutis sont légion, n'est pas peu dire.
Dans ce décor assez peu banal, on suit plus particulièrement le chemin louvoyant d'un frère et d'une sœur, Karl et Maggie Neard, puis de leur copain belge, Freddy Merckx, peut-être bien la créature la plus stupide que l'univers ait jamais engendré. Borné et abruti mais doté d'une force colossale, le Belge ne se fait pas prier pour dézinguer du zombie. A côté de lui, le frère et la sœur passent pour des lumières, et pourtant, ils enfilent mauvaise idée sur mauvaise idée, comme les bouts de viande sur un pic à brochette.

On le devine, l'humour est omniprésent et il s'agit ici d'une forme particulièrement noire de grotesque délirant. On tire au fusil à canon scié, on écharpe et découpe, on ressuscite si nécessaire, dans un grand bordel réjouissant où la seule morale est de n'en avoir aucune.
Loin de respecter le genre du récit de zombie, Frissen nous offre des histoires par épisodes dans l'exercice de style qu'il préfère : le dérapage contrôlé. Multipliant les personnages barges et allumés, il n'hésite pas à repousser, chapitre après chapitre, les limites du mauvais goût qu'il a lui-mêmes fixées. On sent qu'il s'amuse et ce plaisir est contagieux. Publiées à l'origine en albums aux Humanos et en format comics aux USA, ces histoires ressortent aujourd'hui aux Humanoïdes Associés sous forme d'intégrale de petit format à un prix totalement écrasé. L'occasion est belle, pour tout ceux qui ont loupé la sortie en format original, de rattraper le temps perdu et de se marrer un coup.
Avec « Les zombies qui ont mangé le monde », l'indigestion est assurée. Et pourtant, on en redemande.
Par Nicolas Ancion, le samedi 10 décembre 2011 à 18:59:32 - 0 commentaire
Mots clés :
Zombies -
AteTheWorld -
Frissen -
Davis
Reportages
"Bob Stein : lecture, écriture, 'Il nous faut construire un écosystème neuf'"
Penseur - panseur - de l'édition numérique
Interviews
"Nicci French : « Si on commence à se sentir en sécurité, il est temps d'arrêter »"
Pour la sortie de Lundi Mélancolie, Nicci French laisse pénétrer une intimité du double, de la fragilité et de la solitude. Avec ce qu'il faut d'humour.
Interviews
""Satellite Sisters est mon premier vrai thriller de science-fiction" (Maurice G. Dantec)"
Le retour d'un grand auteur
Interviews
"Jean-Daniel Magnin : "Je suis passionné par la question du monstre""
L'homme qui voulait écrire Matrix sans le voir...
Précédentes Suivantes
Suivez-nous
Actus
Société
Plantu met en vente des dessins originaux pour son association Cartooning for Peace
Une vente aux enchères organisée par la maison Piasa.
Acteurs numériques
Pour son application Lecture, Nokia fait appel aux services de Numilog
Avec, à la clef, 50 000 titres en français.
Scolarité France
L'Education nationale va rendre publics 17 rapports maintenus cachés
De la transparence.
Société
Disparition de la romancière Muriel Cerf
Une grande voyageuse qui s'en va.
Comics
Urban Comics réédite V pour Vendetta
Une façon de faire mieux connaître l'original.
Sondage


























Publier un commentaire