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Dark Eyes : Vivre dans la rue ou affronter un père mafieux russe ?

Le mardi 22 janvier 2013 à 17:09:42 - 0 commentaire

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ISBN : 978-2-226-24274-7

Prix eBook :

Prix papier : 15 €

Pages : 363 pages

Editeur : Albin Michel

Traduit de : l'anglais

Traduit par : Raphaële Eschenbrenner

Retrouver Dark Eyes de William Richter sur la librairie de ActuaLitté

Adoptée dans un orphelinat de Russie, la petite Wally n'est pas bien vieille quand elle quitte le territoire pour les États-Unis. Quinze ans plus tard, après avoir vécu dans une famille américaine, et new-yorkaise, aisée, l'adolescente est une rebelle qui a choisi de vivre dans la rue, avec d'autres jeunes de son âge. Comparée un brin hâtivement à Lisbeth Salander, l'héroïne de la saga Millenium, elle n'en a pas moins un caractère bien trempé. 

 

Avec Ella, Tevin et Jake, trois autres ados, elle vit de petits commerces pour survivre. Mais Wally n'est pas vraiment le stéréotype de la jeune fille paumée : débrouillarde et futée, elle a préféré quitter la maison de sa mère adoptive, qui se morfond de savoir ce que devient sa fille. Simplement, comme tous les enfants adoptés, Wally souffre d'un manque d'appartenance : elle a opté pour la rue, en croyant qu'elle s'y constituerait une famille et une vie qui soit la sienne. 

 

C'est d'ailleurs presque par hasard que son passé va lui tomber dessus, alors qu'elle découvre une enveloppe, dans un commerce du quartier russe de New York, qui lui est destinée. Des documents, quelques archives de presse et une alexandrite, pierre précieuse et rare... un fil ténu pour remonter le temps. Et surtout, la découverte d'un homme, son père biologique, qui veut la tuer. 

 

La course-poursuite peut commencer. D'autant que ledit géniteur est assez mécontent d'apprendre, depuis l'autre bout d'un camp de prisonniers russes, que l'alexandrite a été vendue à un bijoutier, et qu'elle est désormais sur le marché. Ce qui signifie que son bien est dilapidé, que son ex-femme est toujours vivante... et que sa fille aussi.

 

Les chiens sont lâchés.

 

Wally est tout de même difficile à cerner, comme jeune fille. Une ado assez représentative de ce que peut être la crise d'adolescence, la rébellion contre l'autorité, les parents, qui plus est adoptifs, et ainsi de suite. Le lecteur a même du mal à s'y attacher, tant la représentation est assez bien vue, et pourtant exacerbée. Partie à la recherche de sa mère biologique, Wally va se comporter comme un bulldozer, prenant cependant le soin d'écraser le moins possible ses amis. 

 

Reste qu'en tant que thriller, Dark Eyes est convaincant, avec sa petite note de mafia russe qui n'a peur de rien et arbore un caractère meurtrier sans merci. Les touches d'angoisses et le rythme sont assez bien dosés, suffisamment pour donner une atmosphère prenante. Sauf que...

 

Russian mob

L'art de la poupée russe orpheline

donpep, (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Comme tout le récit est centré sur Wally, son caractère assez désagréable ne rend pas la lecture très facile pour autant, et finalement, les personnages aux alentours manquent de relief et de véracité, tant Wally monopolise tout l'espace narratif. L'histoire d'amour qu'elle va brièvement vivre avec Tevin est à l'image de l'ensemble du roman : un peu attendu, certes, peu expansif et surtout très éphémère.

 

Et puis, à certains égards, cette amourette n'est pas particulièrement utile. Un rebondissement de plus, à vrai dire, qui aurait pu ne pas trouver sa place. 

 

Evidememnt, tout laisserait comprendre que de nouvelles aventures de Wally verront le jour, et qu'avec le temps, l'adolescente va grandir et son personnage s'affiner. On y trouvera peut-être de plus amples développements des relations avec les autres protagonistes, chose qui manque particulièrement : l'action a largement pris le pas sur les émotions, les échanges ou les relations, et tout se fait avec un certain mécanisme qui nuit à l'affect.

 

Sans doute, Dark Eyes est un roman correct, assez prenant et certainement très accrocheur. Peut-être qu'un public ado s'y laissera plus facilement prendre...

 

photo D. Florent

   

Libraire invité de ActuaLitté. Dans une vraie librairie. Peut-être dira-t-il un jour laquelle...

 

Mots clés :
adolescentes - vivre dans la rue - mafia russe - héritage un peu lourd



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