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Afghane dérive, Jean-Luc Camilléri
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Bamiyan, Afghanistan, mai 2001. Bamiyan, c’est cette ville où trônaient , au milieu d’une campagne verdoyante, les deux immenses bouddhas qui avaient franchi les siècles et partageaient maintenant depuis longtemps le quotidien de cette population musulmane qui les respectait malgré tout.
Ce matin-là, des cavalcades de véhicules 4x4 transportaient des barbus gesticulants et armés au pied des statues sur lesquelles des pains de dynamite étaient installés. Malgré les propositions financières reçues pour tenter de sauvegarder ces vestiges ancestraux, les talibans préparaient le feu d’artifice.
Sur l’estrade, face au spectacle attendu, Majrouh, le dernier médecin encore présent à Bamiyan, imprégné de respect pour cette culture qui n’était cependant pas la sienne, demeuré dans cette zone dangereuse et survoltée pour continuer à soigner ses compatriotes (et aussi pour espionner un peu pour le compte de Massoud), désolé de cet acte de barbarie programmée, a tenté, faiblement, de suggérer une autre issue provoquant ainsi le courroux des fanatiques enturbannés.
Aussi, quand les explosions ont commencé leur œuvre destructrice, a-t-il été abattu, lui aussi, par un cloporte ne tenant sa légitimité que des balles contenues dans le chargeur de sa kalachnikov. Les derniers mots de Majrouh, à l’attention de Ghôlam, un chef de clan respecté qu’il connaissait, seront pour recommander sa femme à sa protection, Nafissa-Marie, une Française rencontrée pendant ses études de médecine en France, convertie à l’Islam par amour, et son épouse légitime.
Et Ghôlam a promis à cet homme, mourant dans ses bras.
Voilà l’ouverture, le premier chapitre d’un livre qui, immédiatement m’a fait penser à cet autre ouvrage, écrit par Y. KHADRA, Les Hirondelles de Kaboul. Un ouvrage parti dans la même direction pour nous faire pénétrer dans les tréfonds de ce pays qui nous interpelle tant il est à des années-lumière de nos raisonnements d’occidentaux. Un livre destiné potentiellement à nous esquisser quelques clefs pour pénétrer un pays qui a fait reculer l’Armée rouge, qui a subi les talibans, qui recommence à cultiver l’opium sans n’avoir réellement jamais cessé de le faire, et qui ne plie pas devant les hélicoptères américains surarmés. Un pays de montagnes d’où nous viennent quelques images d’un autre temps et quelques noms à la limite de l’icône comme, par exemple, Massoud.
Ami lecteur, je t’arrête tout de suite ! Si c’est un peu de cela que tu cherches, tu vas faire fausse route en plongeant dans ce livre. En fait, Jean Luc CAMILLERI a choisi un autre thème. Celui de l’amour qui aplatit toutes les montagnes, fussent-elles afghanes.
Autour d’une mission internationale qui a de la peine à trouver quelque consistance, s’enroule un scénario digne des meilleurs dessins animés de Disney où le bon, traversant indemne toutes les épreuves, va arriver à ses fins et gagner, au bout du compte, malgré quelques immanquables dommages collatéraux destinés à donner un peu de dramaturgie au roman qui reste cousu de fil blanc.
Je suis très déçu : le démarrage prometteur ne fait pas long feu. La plume, de leste devient lourde et insipide. Le scénario perd de la consistance au fil des pages. Trop de personnages (pour un livre finalement assez court) empêchent l’auteur de trouver le temps de leur donner une vraie dimension. Le roman d’amour et quelques clichés sur la corruption des fonctionnaires font office de description de la société afghane. Le road-movie déroule les kilomètres sans y prendre garde et sans regarder le paysage. Quelques bombes explosent de-ci, de-là pour le frisson ou le drame.
Bref, un roman d’amour digne des collections spécialisées où seul le décor est afghan. Dans ce désert, on a du mal à trouver le sociologue qu’est Jean-Luc CAMILLERI dont on ne peut que penser qu’il a manqué de matière et de réelle et documentée connaissance du pays dans lequel il a planté son décor pour arriver à lui donner la profondeur dont on pouvait rêver à l’issue des premières pages.
Je ne suis pas convaincu du fait que cet ouvrage puisse contribuer à une quelconque amélioration de l’appréhension de la complexité de la situation socio-politique de l’Afghanistan, mais il devrait faire rêver quelques jeunes filles en fleur.
Retrouvez Afghane dérive, sur Place des libraires
Publié par Jean-Luc Camilleri (et non Camilléri)
Afghane Dérive ne mérite une critique aussi méchante. Du FIEL !!!
Mon roman n'est pas une bleuette mais un conte orientaliste.
Peut-être, Mimiche a-t-il (ou a-t-elle) été choqué(e) pa mon héros rabelaisien qui n'aime pas "les pédés de la mode" ???
Mais ce n'est pas mon cas. Moi, j'aime tout le monde sauf les imbéciles.
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