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Code Source, William Gibson
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Certains codes sources sont dits « propriétaires », donc on ne peut pas les modifier ni les connaître, d'autres sont « libres », et donc ajustables. Voir par exemple Internet Explorer contre Firefox. En gros.
Seconde précision puis j'arrête de vous embêter avec mes considérations. Pour être certain de percer ce livre, peut-être faut-il demander à William himself de nous en livrer le code source libre, justement. « Il n'est plus nécessaire de tenter une percée dans l'avenir, en science-fiction, pour écrire des livres intéressants. Le présent est largement suffisant, et regorge d'éléments à explorer, ô combien complexes. » Ne vous attendez donc pas à un cyberespace ou une réalité virtuelle transcendantale.
Bien. Cela posé, voyons de quoi qu'il en retourne.
Hollis Henry. Elle a quitté le groupe de rock Inchmale depuis quelques années, et se retrouve aujourd'hui engagée par un magazine mystérieux d'origine belge, Node. Un Noeud. Elle doit rencontrer des cyberartistes d'un genre nouveau, qui créé des phénomènes dans un espace virtuel géré par un quadrillage géolocalisé. Et le chef de file de ce mouvement, ou du moins son chef d'orchestre se nomme Bobby Chombo. Journaliste free-lance, immergée dans un milieu plutôt intrigant.
Tito. Fils d'un agent ayant travaillé à Cuba dans la guerre froide, il est agent. Pas réellement secret, mais oeuvrant pour les Oncles, ramification d'une forme de mafia d'Amérique du Sud. Et impliquée dans un recel d'informations. Le savoir est une arme. Qui contrôle le trafic des informations maîtrise ainsi le savoir. Lui remet des iPod contenant des données géospatiales, indiquant la localisation d'éléments.
Milgrim. Kidnappé par un allumé nommé Brown travaillant pour son compte, cet homme est accro. Un toxico dépendant d'une drogue de synthèse, mais il est en mesure de décoder le volapük, un langage crypté s'appuyant sur l'alphabet cyrillique, entre autres. Et Brown tente d'intercepter les messages en volapük qui transitent entre une organisation et un destinataire. Tout concerne un container.
Le container. Objet de toutes les convoitises, transitant sans jamais être repéré, invisible presque intangible, ce container est le centre de toutes les attentions. Pas forcément ce qu'il contient. Non. C'est surtout son existence qui inquiète.
Alors quoi ? Roman d'anticipation ? De S-F ? Univers parallèle légèrement en avance sur notre époque ? Un peu de tout ça. Gibson a trouvé une brèche dans l'espace-temps de la littérature et vous y engouffre. On y retrouve le visionnaire, le concepteur d'univers qui a bel et bien saisi au vol nombre d'éléments contemporains pour les extrapoler. L'Art, l'espionnage nouvelle génération, l'information qui « coule comme un robinet ouvert sur internet », mais que l'on doit apprendre à remonter, décoder et retranscrire. Pour s'en servir et la comprendre.
Tous les thèmes de William sont présents, toutes ses ficelles habituelles, mais employées pour nous révéler une autre réalité. Nous plongeons dans une littérature du « Et si... » typique de la SF et qui fait mouche. Et si un cyberartiste devenait l'élément central d'une organisation visant à contrecarrer le blanchiment d'argent ? Et si, et si, et si...
Peut-être n'est-ce pourtant pas là le meilleur de William, on sent des ficelles parfois un peu trop visibles, la convergence des trois univers, des trois personnages principaux s'anticipe assez vite, et l'on avance sans réelles surprises. De même, les personnages n'ont pas tous un traitement égal, dans leur profondeur et leur interaction. Normal, évidemment, mais à plusieurs endroits regrettables.
Code source n'en reste pas moins un nouveau coup de sonde dans notre monde, un violent coup de piolet qui ne se contente pas d'effriter la réalité, il l'éclate littéralement.
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