Découvrez la bibliothèque numérique d'Actuallité avec Google books


Le monde de l'édition > Critiques

Histoire Des Dechets Du Moyen Age A Nos Jours, Catherine de Silguy

Par Mimiche, le mardi 02 février 2010 à 10:00:00 - 0 commentaire

12

  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Imprimer
  • Envoyer à un(e) ami(e)

illustration

ISBN : 9782749112152

Prix eBook :

Prix papier : 18 €

Pages : 225 pages

Editeur : Cherche Midi

Traduit de :

Traduit par :

Du Moyen Âge à nos jours, Catherine de SILGUY explore le contenu de nos poubelles et s’évertue à tracer l’évolution progressive de l’attitude des hommes à leur égard.

De la rue en terre battue où il ne faisait pas bon se promener en son milieu au risque soit de prendre sur la tête un seau d’aisance vidé par une fenêtre avec ferveur et sans quasi crier gare par quelque matrone en mal de ménage matinal, soit de patauger dans une rigole malodorante, gluante et glissante que seules les pluies intenses parvenaient à nettoyer quelque peu (mais longer les façades n’était pas pour autant dénué de risques, car n’importe quelle carriole pouvait largement vous éclabousser en roulant dans ce ruisseau continu de merde !), en trottoirs d’aujourd’hui encombrés de bacs roulants de toutes les couleurs dans lesquels les moins avisés (voire les moins civilisés) peinent parfois à déterminer avec certitude laquelle doit recevoir quel type de produit, elle nous fait faire un séjour salutaire au pays de la récupération, du recyclage, de la valorisation.

Certes les initiés n’y trouveront qu’un compte réduit, car le sujet reste convenu et circonscrit à des sentiers déjà largement battus pour qui s’y intéresse de près, mais le néophyte y trouvera une bonne synthèse d’une évolution dont le Préfet Poubelle reste une icône.

Certes également, l’auteur ne résiste pas à vanter l’actuel politiquement correct qu’est le recyclage à tout prix. Mais elle a au moins l’honnêteté de laisser transpirer de son propos que le « Bilan Vert » qui devrait être fait en prenant l’ensemble des composantes des différents processus menant à la valorisation matière et au recyclage de certains produits, pourrait ne pas apparaître si évidemment positif. Que dire, en effet, de ces plastiques issus de nos bacs de collectes sélectives qui finissent leur chemin en Chine sous forme de granulés avant de nous revenir sous forme de « polaires » ! Pas sûr que le fameux « Bilan » soit si écologique qu’on voudrait bien nous le faire admettre.

Certes, son cursus professionnel au sein de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) ainsi que sa formation d’Agronome, sont autant d’expérience qui ont peut être tendance à lui laisser voir la valorisation agronomique de nos déchets comme une voie royale alors qu’il est constant, au cours des cinquante dernières années, que la part de l’organique ne cesse de diminuer au fond de nos poubelles. Ce qui ne veut pas dire que son propos soit dénué de bon sens, au contraire : retourner à la terre ce qui en vient est une bonne chose. Sauf que ramener dans les îles, un terreau produit à partir des peaux de banane consommées à Paris, doit légitimement mener à une interrogation. Ce retour à la terre se fait-il à l’endroit où celle-ci en a le plus besoin ?

Certes, elle a peut être un peu tendance à s’emballer avec tout le monde devant les procédés dits « nouveaux » en vouant aux gémonies la perfide incinération source de tous les maux, et certainement aussi de pas mal de fantasmes maintenant que des règles draconiennes régissent leur exploitation. Faut-il rappeler (ce qu’elle ne fait pas ) que les émissions de ces fameuses dioxines par les foyers domestiques individuels alimentés au bois sont source de plus d’émissions, en France, que toutes les usines d’incinération d’aujourd’hui réunirent ? On peut simplement regretter qu’elle n’énonce pas la complémentarité de toutes les filières aujourd’hui disponibles comme étant la meilleure des solutions considérant que tous les volets sont nécessaires pour optimiser le résultat ! Y compris le stockage des déchets ultimes.

Dommage que, en plus, elle n’insiste pas avec plus de force sur le seul mode de traitement qui soit le plus efficace même s’il n’est pas celui que l’industrie du gaspillage préconise, bien au contraire ! Car le seul bon déchet dont le traitement soit garanti comme étant d’une totale innocuité à tous égards, c’est le déchet qui n’a pas été produit. C’est le suremballage qui n’a pas été utilisé. C’est le sac-poubelle qu’une tortue marine n’avalera pas en croyant faire un festin de méduses.

Le livre se termine sur un chapitre original qui fait la part belle à l’avenir artistique des déchets dont nombreux sont les promoteurs : depuis César et ses compressions en passant par des artistes plus anonymes qui soudent, collent, assemblent des produits hétéroclites pour leur donner une nouvelle vie toute symbolique. Certes, cette valorisation est originale et peut même sublimer quelques rebuts de nos vies de consommateurs parfois compulsifs, mais il faut bien reconnaître que cette valorisation restera, de toute façon, encore à cent lieux de la seule dimension du marginal.

Après ces périodes de fêtes terminées, ce livre ne peut que nous inciter à un peu de retenue, ce qui, déjà, sera un bien. Car lorsqu’on voit ce dont nos valeureux dirigeants de la planète ont été capables d’accoucher à Copenhague, il y a quand même intérêt à ce que le peuple d’en bas prenne les affaires en main et montre qu’il est moins nul que les pantins à qui nous avons donné les rênes du pouvoir.


Retrouvez Histoire des déchets du Moyen Age à nos jours de Catherine de Silguy, en librairie

Par Mimiche, le mardi 02 février 2010 à 10:00:00 - 0 commentaire

Mots clés :
histoire - dechets - jours - Catherine

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Focus flux rss

Forces et faiblesses de la librairie indépendante en Languedoc Roussillon

Reportages

"Forces et faiblesses de la librairie indépendante en Languedoc Roussillon"

L'association Languedoc Roussillon livre et lecture (LR2L) a dévoilé lundi 6 février un rapport présentant un état des lieux de la librairie dans la région, issu de rencontres avec 70 % de ces entreprises.

Lire la suite...

La campagne Sempé contre la hausse de la TVA se poursuit

Tribunes

"La campagne Sempé contre la hausse de la TVA se poursuit"

Rappel de la campagne Sempé contre le relèvement de la tva, elle se poursuit et prend une dimension à la mesure des impacts négatifs qui paraissent semaine après semaine.

Lire la suite...

Numérisation à la BnF : dégradations, retards et scandales

Reportages

"Numérisation à la BnF : dégradations, retards et scandales"

Dans le cadre d'un marché public, la société Jouve a pris la main pour la numérisation de 70.000 oeuvres chaque année durant trois ans. Mais après quelques mois à peine, la question de la réalisation du marché se pose lourdement...

Lire la suite...

Pandas et libraires, une histoire de survie pour espèces menacées

Reportages

"Pandas et libraires, une histoire de survie pour espèces menacées"

Pour une fois que l'on ne parle pas de moteur de recherche ni d'algorithme avec cette histoire de bestioles...

Lire la suite...

Précédentes Suivantes

pub

Suivez-nous

Désinscription

Actus

Usages

Le fils de John défend le pré Carré du livre papier

Tout est une question d'usage

Economie

Amazon France recrute plus de 100 CDI pour 2012

Mais pas les voleurs, hein !

International

Hemingway : le vieil homme à la mode

Un océan de nouveautés - vieil homme, toujours tu chériras la mer...

Humour

Hollande : Ne pas condamner ceux aiment la princesse de Clèves

Sous prétexte que l'un d'entre nous n'y est pas parvenu...

Comics

Comics numérique : le chiffre d'affaires du marché triple

Sans Batgrappin !

pub

Sondage

Trop cher, mon livre numérique ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

design background

© 2012 - actualitté.com