Le monde de l'édition > Critiques
L'Eau à la bouche d'Anne Bert
12
Exit la pudeur. Au placard les pudibonds. Place nette à l’efflorescence des plaisirs charnels. L’eau à la bouche, le premier livre d’Anne Bert, est sans concession.
Qu’il soit mental, physique, tendre, violent, solitaire ou partagé, le désir est ici examiné sous toutes ses coutures. Pas de demi-mots, une multitude de situations licencieuses qui en explore toute la puissance. Page après page, les corps s’observent, se rejoignent. La tension est palpable, l’écriture électrisante.
Avec son recueil de nouvelles Anne Bert fouille les bas-fonds de nos pulsions, exhume nos fantasmes les plus inavouables. Ce sont vingt-trois leçons de séduction et de tentation. Vingt-trois histoires uniques déclinées sous le signe du désir.
C’est une étreinte fougueuse, silencieuse dans les toilettes d’un train ; un mari soumis aux désirs nocturnes de sa femme ; une rencontre inattendue à la bibliothèque et une traque secrète ; une masturbation déclinée du café au musée ; une femme disgracieuse, mante religieuse ; une prostituée enlevée par des pirates forcenés.
Ce qui fait la richesse de ce texte prometteur, c’est sa diversité. Le désir nous est donné à vivre tantôt par des yeux masculins, tantôt par des yeux féminins. Et, de l’intérieur à l’extérieur, il n’y a qu’un pas. Tous les points de vue sont sollicités, acteurs comme spectateurs. Ce sont autant de fragments d’intimité, de morceaux de vie privée, que nous sommes amenés à partager.
Le texte transpire le désir, ruisselle d’érotisme, mais flirte aussi dangereusement avec la pornographie. Ce qui est très troublant dans cette apologie du désir, c’est sa dualité. Il y a de nombreux fragments poétiques, érotiques, à l’image du Cantique des Cantiques.
Mais, le plus souvent, l’écriture bascule dans un registre plus cru, qui n’est pas sans nous rappeler celle d’un marquis bien connu. Désarçonné par cette ode à l’animalité décomplexée, on en serait presque excité.
Gardons tout de même à l’esprit que ce recueil de nouvelles s’adresse à un public averti. Pour tous les néophytes, c’est une belle entrée en matière. Quant aux amateurs du genre, ils seront à coup sûr rassasiés. Un bon aphrodisiaque. À consommer avec délectation et sans modération.
Retrouvez L'eau à la bouche d'Anne Bert, en librairie
Reportages
"Bob Stein : lecture, écriture, 'Il nous faut construire un écosystème neuf'"
Penseur - panseur - de l'édition numérique
Interviews
"Nicci French : « Si on commence à se sentir en sécurité, il est temps d'arrêter »"
Pour la sortie de Lundi Mélancolie, Nicci French laisse pénétrer une intimité du double, de la fragilité et de la solitude. Avec ce qu'il faut d'humour.
Interviews
""Satellite Sisters est mon premier vrai thriller de science-fiction" (Maurice G. Dantec)"
Le retour d'un grand auteur
Interviews
"Jean-Daniel Magnin : "Je suis passionné par la question du monstre""
L'homme qui voulait écrire Matrix sans le voir...
Précédentes Suivantes
Suivez-nous
Actus
Société
Plantu met en vente des dessins originaux pour son association Cartooning for Peace
Une vente aux enchères organisée par la maison Piasa.
Acteurs numériques
Pour son application Lecture, Nokia fait appel aux services de Numilog
Avec, à la clef, 50 000 titres en français.
Scolarité France
L'Education nationale va rendre publics 17 rapports maintenus cachés
De la transparence.
Société
Disparition de la romancière Muriel Cerf
Une grande voyageuse qui s'en va.
Comics
Urban Comics réédite V pour Vendetta
Une façon de faire mieux connaître l'original.
Sondage


























Publier un commentaire