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La lumière du rat, Patrick Grainville
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Pourquoi insister sur ce point ? Parce qu’il est difficile de dire ce qui dans ce livre pourra intéresser toute autre personne que l’amateur de rongeur.
Clothilde a 20 ans, environ, ou plus, et étudie Mallarmé à l’université. Dans son corps d’adolescente fluette et très réservée, elle oscille entre une libido lesbienne inavouable, et focalisée sur le mannequin d’un photographe, et une hétérosexualité incompatible avec son déni de la chair. Au moins, elle danse, et ce rapport de force entretenu avec son être la maintient hors d’atteinte des contingences humaines. Hors d’atteinte, certes, mais sûrement pas hors de portée.
Dans son entourage, Salah, bisexuel libéré, qui intervient dans des cités en qualité de médiateur, Carine, danseuse sans grâce, qui recherche l’agilité et souplesse pour les marier avec sa combativité. Évoquons Fabrice, qui apparaît peu, mais prend une grande place. Ainsi qu’Armelle, la sœur de Clothilde, jouisseuse de tous plaisirs, qui seule trouvera la fuite loin du cocon familial, dans un épanouissement fugace.
Et puis il y a Dante. Le rat (voyez, on y vient…). Intelligent, rusé, dressé par le père de Carine, Dante arpente chaque jour les coins et recoins d’un labyrinthe géant façonné par son maître et dans lequel les pièges abondent. Charge au rat de les contourner, les évincer. D’apprendre et de se perfectionner, pour acquérir plus d’intelligence, encore plus. Mais dans l’alcôve de son dédale, l’animal reste plus protégé qu’en pleine nature. Que se passe-t-il quand on ouvre la porte d’un animal inadapté vers l’extérieur ? Quel point commun entre Dante et Clothilde ? Chéri, où ai-je mis mes chaussettes ?
Que d’interrogations ! Que de doutes ! En somme… que de banalités ! On appréciera le rôle du critique qui de temps à autre, prend la peine de lire un livre qui n’a rien de folichon pour préserver son lecteur de tout insultant achat. Et regrettable.
Car si l’on trouve sans peine des éléments de profondeur psychologique – et c’est à se demander si ce n’est pas le rat qui en bénéficie le plus amplement – l’histoire, elle, se ratatine à mesure que l’on progresse, pour sinuer finalement vers une fin attendue dès les premières pages. Et pourtant, nous sommes loin d’un thriller. Ce n’est donc pas le but recherché. Les post adolescents vivent une vie faite de petits riens, de réjouissances, de jouissances (et quelle place accordée à la sexualité, mère de tous les vices !) que l’on verrait comme réelle. Transcription d’un imaginaire trop peu exacerbé, ou d’une platitude sans forme, on se gratte l’occiput en tournant autour du tombeau…
Sexualité, d’abord. Cela va crescendo, avec un déballage de détails qui plonge dans un voyeurisme crasseux. D’abord allusif et évoqué, le sexe prend une part démoniaquement importante au fil du livre, jusqu’à nous plonger dans la culotte de Clothilde, limite à recenser ses poils pubiens. Voire le diamètre de son vagin. Armelle, instrument explosif, en fait même son cheval de bataille, et revendiquant son être et sa raison de vivre, au sortir… d’une masturbation en bonne et due forme. Bref, l’étalage dérange sans s’intégrer réellement au cours du récit, malgré une certaine logique. Seulement, pourquoi cette orgie dans les dernières pages du livre ?
Le Rat. Peut-être l’unique raison de se procurer le livre. Ce rat est divertissant. Décrit par un narrateur omniscient, qui nous fait plonger dans ses pensées, on accède à une vision du monde à quatre pattes, plutôt plaisante. On explore, on découvre, et finalement, on regrette juste que Clothilde et ses amis réapparaissent de temps à autre, entre deux excursions du rongeur.
Certes les parallèles ne manquent pas et pour qui en aura le goût les interprétations et les rapprochements afflueront sans peine. Nous préférons taire sur ce point nos conclusions et envisager plus sereinement que le Lumière du rat n’a pas éclairé grand-chose. Et qu’effectivement, sur un marché de 1,3 milliard d’âmes, la Chine offrira peut-être un lectorat…
Par Nicolas, le mardi 11 mars 2008 à 11:00:00 - 0 commentaire
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