Actualitté - Une page de caractère http://www.actualitte.com Les dossiers - Actualitté - Une page de caractère fr Copyright 2008 Actualitte. Tous droits réservés. contact@actualitte.com (contact actualitte) contact@actualitte.com(contact actualitte) Fri, 04 Jul 2008 12:44:35 +0200 http://www.actualitte.com/gfx/logo88x31.gif Actualitté - Une page de caractère http://www.actualitte.com 88 31 Interview de Jean-Marc Godès, le photographe des livres

Il y a quelque temps nous vous faisions part de notre coup de coeur pour le travail de Jean-Marc Godès. Nous avons pris contact avec lui et le photographe des livres a bien voulu répondre à nos questions.

ActuaLitté.com :
Quel est votre parcours ? Plus précisément qu'est-ce qui vous a amené à ce projet « Photolivre » ?

Jean-Marc Godès : Le lien entre mon parcours et mon langage artistique actuel, je le cherche encore. Je suis né en 1958 en Guadeloupe, où j’ai vécu ma petite enfance, d’un père d’origine russe et d’une mère pied-noir. D’emblée moi et les miens étions « des étrangers ».

De l’âge de 16 ans à ces dernières années, ma vie professionnelle a été entièrement tournée vers les dispositifs d’éveil et de construction des personnes ; animateur de centres de loisirs et de classes d’environnement, formateur, conseiller en insertion. En gros, j’ai essayé de savoir comment fonctionnent les autres et les groupes humains organisés. Apprivoiser et être apprivoisé.

« Les livres se sont substitués à la guidance que je n’ai jamais eue.
Ils m’ont montré des chemins
»

Le livre et la lecture ont marqué ma vie. Littérature, histoire, poésie… J’étais l’étranger partout où je suis passé. Sans racines liées à un territoire particulier, ma vie prenait un tour universel. Ce lien, cette recherche de raison d’être et d’équilibre, je l’ai trouvé en partie grâce aux livres de nombreux auteurs de différentes nationalités que j’ai dévorés. Ils m’ont permis de passer du singulier au pluriel en découvrant, au travers des fenêtres que leurs livres m’ont ouvert, la condition humaine dans sa diversité, la révolte, l’espoir, la mort, l’amour. Les livres se sont substitués à la guidance que je n’ai jamais eue. Ils m’ont montré des chemins.


C’est cela que j’essaie, à mon humble niveau, avec des moyens dérisoires, de restituer. Avant la réalisation des photolivres, je n’ai presque pas photographié. La photo m’ennuyant un peu. Je n’y trouvais pas là un plaisir essentiel. Photos de famille, d’animaux, de paysages, ce n’était pas pour moi.

L’an dernier, après y avoir beaucoup réfléchi, je me suis fixé le défi de créer mon propre langage en partant de mon amour pour les livres et de mon admiration pour les écrivains, pour les poètes et les musiciens.

« Ma démarche est déterminée par le ressenti d’images qui me viennent chargée d’émotions »

ActuaLitté.com : Dans votre Blog, on peut lire que vous êtes un artiste intuitif. Pouvez-vous nous dire comment se définit un artiste intuitif selon vous ?

Jean-Marc Godès : Artiste car j’essaie de déclencher chez l’autre ainsi que chez moi une réaction émotionnelle en composant des scènes, des tableaux numériques, mêlant réalité et irréalité, en pénétrant dans le champ symbolique, en puisant dans l’onirisme et l’imaginaire. Parce que je construis photo après photo les contours mouvants d’une vision d’un monde dominé par la poésie à l’intérieur duquel « l’homme, la vie et le réel » ont une place centrale.


 
Intuitif pour dire que ma démarche est déterminée par le ressenti d’images qui me viennent chargée d’émotions que j’essaie de restituer par la photographie. L’intuition chez moi l’emporte sur la raison. Ce qui est beau, émouvant, vient forcément du plus profond. La technique photographique, le calcul, la raison, ne sont que des moyens contribuant à la restitution de cette image mentale. L’intuition autorise l’expression d’une dimension créatrice pleine et entière. Elle est une vision chargée d’émotion qui nous situe en dehors d’une totale maîtrise, d’une totale compréhension de nous même en prenant, sans en connaître la portée ni les conséquences, le risque d’être soi.

« Je ressens une grande proximité, une sorte de fraternité avec le monde du livre
qu’il soit de musique, poésie, romance…
Je ne ressens rien de tel avec le monde de la photographie.
Il m’est encore inconnu
»


ActuaLitté.com : Pourquoi ce projet ?

Jean-Marc Godès : Je ne sais pas écrire, je suis intimidé et je manque d’idées dans ce domaine. Par la « photolivre », ce langage particulier que j’essaie d’affirmer et d’affermir, je tente de faire un clin d’œil et de tendre la main aux femmes et aux hommes de cette communauté universelle qui conservent, entretiennent et alimentent notre mémoire collective ; les écrivains ! Je ne me sens franchement pas photographe. Je ressens une grande proximité, une sorte de fraternité avec le monde du livre qu’il soit de musique, poésie, romance… Je ne ressens rien de tel avec le monde de la photographie. Il m’est encore inconnu.

Ce projet, c’est ma façon d’écrire une histoire imagée et de rendre hommage aux auteurs passés, présents et à-venir. Mais la vraie réponse, en toute honnêteté, est surtout que je n’en sais rien mais que j’aimerai qu’il en soit ainsi !


Les titres des photos de cette page sont :
En haut de gauche à droite: Apparition photo N° 129 et Le marcheur d'eau photo N° 112 sur le blog.
En bas de gauche à droite : Ombre et lumière photo N° 128 et Mouvements photo N° 130 sur le blog
.ActuaLitté.com : Comment créez-vous les photos ? Est-ce une idée que vous voulez mettre en scène ? Est-ce un livre qui vous porte vers la photo ? Ou encore est-ce un lieu ?

Jean-Marc Godès : En fait c’est soit une idée qui me vient, soit un lieu ou un objet qui déclenche mon envie. Ce n’est jamais un titre de livre ou rarement un livre en tant que tel (sauf les nº 48 & 53 sur le blog) qui m’inspire car, au maximum, je cache le titre. J’évite de faire la promotion d’un livre en particulier. D’où l’absence de couverture sur beaucoup de mes photos. Exemple, la photo que j’ai intitulée Le champ (nº 113 sur mon blog), je l’ai traîné dans ma tête durant des semaines. J’avais tout sauf le lieu. Lorsque j’ai vu ce champ de coquelicots, j’ai consulté la météo pour le temps et le vent. Le lendemain, j’y étais. Autre exemple, la photo intitulée Le lac des songes (nº 38 sur mon blog), c’est en découvrant l’endroit un jour de promenade, l’arbre et ses racines au travers de l’eau transparente que j’ai immédiatement compris la photo qu’il me fallait faire et que j’ai faite dans la foulée.
« En fait c’est soit une idée qui me vient,
soit un lieu ou un objet qui déclenche mon envie
»

ActuaLitté.com : Le chapitre II vient d'arriver sur votre blog, avez-vous prévu beaucoup de chapitres ? Qu'est-ce qui vous amène à changer de chapitre ?

Jean-Marc Godès : Au début, avant de numéroter les photos, l’idée de « chapitre » était de pouvoir suivre l’évolution d’une histoire comme dans un livre. Le projet central était aussi d’en faire un livre. Maintenant, j’ai malheureusement aboli les chapitres pour me repérer ainsi que les personnes qui me contactent. Le numéro, c’est plus froid mais plus efficace pour trouver la photo dont on me parle car j’ai dépassé les 120 œuvres et le nombre ne peut qu'aller en croissant.


ActuaLitté.com : Quels sont vos projets ? Des expositions sont-elles prévues ?

Jean-Marc Godès : J’ai des tas de projets. Mon projet central serait de pouvoir me consacrer un jour prochain entièrement à mon art. Sinon, je poursuis mes expositions dans des salons et festivals du livre. Pour 2008, je suis programmé sur 10 salons. À ce jour, il me reste celui de Chatel-Guyon en août, Gaillac et Amnéville en octobre puis La Rochelle en décembre. Je participe aussi en septembre à la foire internationale d’art contemporain ARTéNÎM grâce à la galerie d’art L’Écusson de Montpellier. Je poursuis ma recherche d’éditeur afin de pouvoir faire publier un livre de mes photos-livre. Je recherche aussi des galeries d’art dans d’autres régions et pays pour exposer et vendre mes œuvres. Je travaille sur un projet d’atelier d’écriture partant de mes œuvres à l’attention d’un public scolarisé (ados et pré-ados). Ma démarche photographique est conçue pour ne pas se limiter à la France. La Suisse m’a déjà fait un bon accueil. Plusieurs personnes m’ont fait remarquer que mes photos pourraient, si elles étaient connues et les titres traduits, être appréciées dans beaucoup de pays.


« J’ai dépassé les 120 œuvres
et le nombre ne peut qu'aller en croissant
»
 
ActuaLitté.com : Les gens du livre et de la musique, vous ont déjà reconnus comme un artiste mais ceux de la photographie et des arts plastiques semblent plus discrets. Comment l'expliquez-vous ?

Jean-Marc Godès : C’est ma faute en partie. D’abord je n’ai pas frappé aux portes dans cette direction. Puis mon parcours en art plastique se résume à 3 mois de beaux-arts à 16 ans. Je n’en possède ni le langage, ni la culture. Idem pour la photographie. Je n’ose m’en approcher car je ne tiendrai pas le cap des 30 secondes de conversation technique sur le cadrage, le matériel ou la prise de vue. Néanmoins, ma première rencontre avec un galeriste qui m’a repéré, m’a comblé d’aise. Je m’affronte à de nouveaux regards issus d’angles culturels différents. Je change et ne suis pas hermétique. Je ne sais où me mènera le chemin que j’emprunte mais c’est une aventure passionnante que je ne compte pas arrêter de si tôt.


Les titres des photos de cette page sont :
En haut à droite : L'oeuvre du temps photo N° 53 sur le blog.
Au milieu de gauche à droite : Romance photo N° 125 et Sortilège photo N° 60 sur le blog.
En bas de gauche à droite : Les vieux photo N° 48, Le Lac des songes photo N° 38 et Le champ photo N° 113 sur le blog.

]]>
http://www.actualitte.com/dossiers/224-photolivre-Jean-Marc-Godes-photos-livres.htm http://www.actualitte.com/dossiers/224-photolivre-Jean-Marc-Godes-photos-livres.htm mario.g@actualitte.com (Mario) Dossiers Mon, 04 Aug 2008 13:04:00 +0200
Line Karoubi : 'Le Petit Laousse inscrit dans la mémoire collective' ActuaLitté : Bonjour Mme Karoubi. Pourriez-vous nous expliquer votre poste chez Larousse ?

Line Karoubi : Je suis directrice des Dictionnaires & Encyclopédies, c'est-à-dire des dictionnaires de langue française et bilingues, ainsi que des encyclopédies tous supports : papier, DVD et internet, sur notre nouveau site larousse.fr

ActuaLitté : Vous signez le mot de l’éditeur en disant du Larousse 2009, qui sort le 10 juillet, et je vous cite : « Bien plus qu’un dictionnaire ! » Qu’est-ce à dire ?

Line Karoubi : Le Petit Larousse a fêté son centenaire en 2005... Ce n’est pas un dictionnaire parmi d’autres, il est inscrit dans la mémoire collective de millions de lecteurs, qui disent d’ailleurs souvent un Larousse pour désigner tout autre ouvrage dictionnairique.

« Le Petit Larousse est inscrit
dans la mémoire collective de millions de lecteurs
»

ActuaLitté :
Parmi les noms propres ajoutés cette année, certains amusent, étonnent voire choquent. Comment procède-t-on pour choisir ?

Line Karoubi : Nous votons à partir de listes de recommandations de conseillers extérieurs, chacun dans son domaine établit une liste qui sert de point de départ aux discussions

  ActuaLitté : Les planches pour les animaux se présentent encore sous la forme de dessins – et très bien faits d’ailleurs – mais pourquoi ne pas passer à d’authentiques photos ?

Line Karoubi : Dans l’histoire du Petit Larousse, il y a eu par le passé des planches d’animaux en photos. Il s’avère que visuellement elles vieillissent plus vite que le dessin. Le dessin fait davantage appel à l’imaginaire qu’une photo. De plus, ces planches font partie de la spécificité du Petit Larousse, et le public a plaisir à découvrir chaque année les nouvelles arrivantes, depuis notamment les magnifiques œuvres d’art réalisées par Adolphe Millot. Il y a une magie du dessin, qui plaît aux petits comme aux grands.
 
« Il y a une magie du dessin, qui plaît
aux petits comme aux grands. »

ActuaLitté : En arrondissant grosso modo, on compte peu ou prou 90.000 entrées pour un dictionnaire qui pèse 2,4 kg. Quel mot vous semble le plus lourd à porter ?

Line Karoubi : Aucun ! quel mot serait lourd à porter dans un dictionnaire, l’ouvrage par excellence fait-tout exprès pour les accueillir, les définir, leur donner vie à travers des exemples ? Nous ne sommes pas là pour censurer des mots dont nous regretterions qu’ils existent même s’ils témoignent d’une réalité qu’on déplore...

« Nous ne sommes pas là pour censurer des mots
dont nous regretterions qu’ils existent »

ActuaLitté : Comment se porte l’encyclopédie en ligne depuis son lancement ? Quelles évolutions sont prévues ?

Line Karoubi : Larousse.fr est un véritable creuset. Plus de 6000 contributeurs en un peu plus d’un mois, une vitalité et une curiosité du public que nous n’aurions pas imaginées aussi grandes. Pour le moment, nous travaillons beaucoup sur l’enrichissement permanent des contenus encyclopédiques Larousse... avant d’autres surprises pour la rentrée

« Un mot qui n’a pas eu de chance une année
refrappe très souvent à la porte l’année suivante »

ActuaLitté : Pour cette édition 2009, avez-vous des regrets ? Des entrées manquantes ou des noms propres absents ?

Line Karoubi : Vous savez, un mot qui n’a pas eu de chance une année refrappe très souvent à la porte l’année suivante et c’est un peu la même chose pour les personnalités auxquelles nous devons parfois renoncer parce qu’il faut bien faire un choix. Vous connaissez la maxime « Toujours sur le métier... », je crois que nous l’avons adopté depuis longtemps pour notre plus grand plaisir !
]]>
http://www.actualitte.com/dossiers/204-Petit-Larousse-2009-dictionnaire-Karoubi.htm http://www.actualitte.com/dossiers/204-Petit-Larousse-2009-dictionnaire-Karoubi.htm clements@actualitte.com (Clément S.) Dossiers Tue, 08 Jul 2008 09:00:00 +0200
Interview de Catherine Tanvier, pour Le tour de ma vie ActuaLitté : Bonjour Catherine. Suite à ‘Déclassée’, vous sortez maintenant un roman ‘Le Tour de ma vie’ qui traite à nouveau du monde du tennis ; pourriez-vous nous l’expliquer brièvement ?
Catherine Tanvier : Hmm, c’est pas évident. C’est une joueuse de double, d’origine australienne, de famille très stricte et pratiquante qui se lance seule dans l’aventure des tournois, pour échapper au carcan familial, mais également pour se libérer elle-même. Ses parents vont d’ailleurs la renier, parce qu’elle est lesbienne. Ainsi, elle se retrouve confrontée à l’insécurité financière des tournois, la solitude profonde et un désir fulgurant de vivre. C’est ainsi qu’elle va trouver son équilibre.

L’histoire est très inspirée d’une amie australienne [NdR : Louise, dans ‘Déclassée’]. Cette fille me racontait ses histoires, elle vivait pleinement, comme si elle était avide de liberté et voilà dix ans, je lui ai dit que ses aventures méritaient un roman. Je ne pensais alors pas l’écrire (sourire). En tout cas, de ce que les journalistes m'en ont dit, ils ont pris le livre avec une grande violence.

[NdR : Catherine parle de ce livre avec passion, comme si une part d’elle-même y était contenue. Fine élancée, gracile « alors que je me suis fait opérer du genou », explique-t-elle, ses rares sourires sont des instants de grâce.]


ActuaLitté : Justement, on sent votre implication dans ce livre, mais vous n'y êtes pas toute entière...
Catherine Tanvier :
D'abord, je n’ai rien voulu montrer ! Juste parler des choses que je connais bien. Les ¾ des joueuses vivent dans une indigence financière terrible, sans argent pour se payer un coach et affrontent brutalement la vie, seule au bout du monde pour gagner des points. Ce qu’il y a de moi dans ce livre, c’est une part d’expérience, oui. Mais je suis propriétaire du vide. J’écris pour combler un manque et arrêter la panique qui m’entoure.

 Dans le livre, je souhaitais mettre à jour les conditions drastiques dans lesquelles mon amie a évolué, et comment elle s’est ouverte vers le monde, comment le terrain est devenu sa famille. Elle me fascine quelque part, probablement parce que je n’ai pas connu cette extériorisation. Je me suis repliée sur moi-même, et surtout Jacques Tanvier ne m’a jamais été une aide [NdR : Son père. Biologiquement, en tout cas.]. Nous sommes très opposées toutes les deux, mais probablement complémentaires.

(Un appel. Elle me regarde, grands yeux bleus… Je l’invite à décrocher, ce qu’elle fait avec une certaine gêne.)


ActuaLitté :
Heureux appel ?
Catherine Tanvier : Oui, c’est pour un film dans lequel je vais jouer. Suite à un article du Nouvel Obs pour ‘Déclassée’, Jean-Luc Godard a contacté Panama - l’éditeur - et a dit qu’il voulait que j’incarne une mère de deux enfants dans une trilogie qu’il réalise. Mais le cinéma n’est pas une orientation. J’ai trop de respect pour les véritables acteurs. D’autant que je ne sais pas jouer, mais Godard m’a dit : « Je veux juste que tu sois toi-même. »

ActuaLitté : Bon, donc écriture, cinéma... Et le futur, comment se composera-t-il ? Vous êtes écrivain, maintenant ?
Catherine Tanvier : (sourire, à la limite du rire… dommage) Eh bien je viens de remettre un livre à mon éditeur. C’est le premier jet. Il s’agit d’une histoire de famille, ou du moins qui prend sa source dans ma famille. Ça parlera de Touaregs, et bien sûr d’une quête identitaire. Mais vous savez, je viens de remettre le manuscrit, alors rien n’est fait. Et puis pour ce qui est d’être écrivain…


Depuis ‘Déclassée‘, depuis que j’ai pu tout extérioriser, j’ai envie de m’exprimer. Trop d’années durant, je me suis murée dans le silence, supportant, endurant, subissant. Maintenant, si par exemple mes revenus d’auteurs me le permettent, j’aimerais bien apprendre à jouer de la guitare. Pas pour faire des disques, non (rire franc), mais juste pour savoir jouer.
 
Là encore, et plus que pour le cinéma, j’aime trop Patty Smith et surtout Bob Dylan pour me croire en mesure d’être une chanteuse. Bob Dylan, c’est une immense part de ma vie. Il me donne des frissons rien qu’à en parler. Ses chansons, à écouter les paroles, à les comprendre, il n’avait que 20 ans, et il écrivait déjà des choses que seul un adulte de 45 peut avoir connues. Vous connaissez ?

ActuaLitté : … Euh, mal (sourire).
Catherine Tanvier : Tenez écoutez (elle sort son iPod). C’est ‘Ain’t Talking’. Une chanson de 8 minutes. Vous allez adorer…

ActuaLitté :
Merci. Et merci pour ce moment.
Catherine Tanvier : (rêveuse, songeant à Dylan ?) De rien.

Le tour de ma vie est disponible chez Panama, 19 €.

]]>
http://www.actualitte.com/dossiers/190-Catherine-Tanvier-tennis-Panama-tour.htm http://www.actualitte.com/dossiers/190-Catherine-Tanvier-tennis-Panama-tour.htm nicolas.g@ctualitte.com (Nicolas.G) Dossiers Mon, 23 Jun 2008 11:00:00 +0200
Hachette : Les négociations sont ardues avec Amazon UK ActuaLitté : M. Blunden, bonjour, vous êtes directeur de la communication chez Hachette livres : voilà quelques jours, nous apprenions qu’Hachette UK et Amazon UK connaissaient quelques tensions . Qu’en est-il exactement ?

Ronald Blunden : Eh bien, oui. Il y a actuellement des négociations ardues entre Amazon UK et Hachette UK, et même pourrait-on dire assez difficiles. Mais il ne s’agit pas seulement d’Hachette. Aujourd’hui, du fait de sa montée en puissance récente et spectaculaire, de ses parts de marché [NdR : plus de 10 % en Angleterre] et de son taux de progression [NdR : entre 20 et 25 %], le cyberlibraire demande en effet des remises à la hauteur de ses prétentions. Et forcément, ça crée des tensions. [NdR : le montant des négociations n’a pas été dévoilé].
 
« Aujourd’hui, du fait de sa montée en puissance récente et spectaculaire,
le cyberlibraire demande des remises à la hauteur de ses prétentions. »

Cela a mené pour le moment au retrait de la page de vente de certains auteurs, comme Kate Mosse, dont on ne peut plus acheter les livres neufs, édités par Hachette UK, mais simplement les exemplaires d’occasion proposés par les clients d’Amazon UK. Bien évidemment, les auteurs s’inquiètent de la situation.

ActuaLitté : Quels sont les enjeux entre Amazon et les éditeurs ?

Ronald Blunden : Voilà, en Angleterre, il s’agit d’acheter le moins cher possible pour pouvoir vendre le moins cher possible. Je vous rappelle qu’en Angleterre, le livre ne dispose pas d’un prix unique comme en France. Aux États-Unis, c’est un autre problème que rencontrent les éditeurs : il s’agit des coûts de fabrication. L’apparition du service de Print on Demand, par lequel on est obligé de passer pour certains livres [NdR : il s’agit de BookSurge], sous peine de voir disparaître son livre des étals d’Amazon pose des questions plus inquiétantes encore.

ActuaLitté : Aujourd’hui, certains redoutent qu’Amazon ne perce directement dans le monde de l’édition et bouleverse quelque peu le milieu (voir notre dossier). Qu’en pensez-vous ?

Ronald Blunden : Cette crainte n’est pas absurde et peut aisément se comprendre. Simplement, il faut rappeler que le métier d’éditeur ne se résume absolument pas à prendre un livre, le mettre en ligne et le rendre disponible, à travers un service d’impression à la demande. En ce sens, Amazon ne sera pas éditeur de sitôt.

« Le métier d’éditeur ne se résume pas à prendre un livre, le mettre en ligne
et le rendre disponible, à travers un service d’impression à la demande. »

En revanche, il existe une possibilité qui n’a pas encore été envisagée. Amazon pourrait réaliser un contrat d’exclusivité avec un auteur en proposant un contrat sur le prochain livre d’un auteur déjà confirmé. Vous savez, un auteur de best-seller, c’est parfois un investissement d’une dizaine d’années, il ne sort pas de nulle part. Aussi, Amazon ne peut en créer tel quel. Mais en offrant une somme forte, contre mettons trois mois d’exclusivité, on pourrait voir se créer des buzz médiatiques.

Reste que les agents n’ont pas intérêt à ce que cela arrive, étant donné que leur auteur pourrait se brouiller avec les éditeurs réguliers. Mais cette situation n’est peut-être pas à exclure des prochaines initiatives d’Amazon.

ActuaLitté : L’issue de cette situation se profile ?

Ronald Blunden : (rires) Eh bien, non pour le moment, nous n’avons aucune information sur ce point.

ActuaLitté : Merci de nous avoir répondu.

Ronald Blunden : Je vous en prie, excellente fin de journée.
]]>
http://www.actualitte.com/dossiers/164-Amazon-Hachette-negociations-remises-contrats.htm http://www.actualitte.com/dossiers/164-Amazon-Hachette-negociations-remises-contrats.htm clements@actualitte.com (Clément S.) Dossiers Mon, 26 May 2008 12:30:47 +0200
Interview d'Alexandre Moatti, de Wikimedia France ActuaLitté : Alexandre Moatti, bonjour, pouvez-vous nous présenter votre place au sein de Wikimedia et votre mission ?

Alexandre Moatti : Je suis depuis février 2008 administrateur de l’association Wikimedia France, association d’une centaine de membres qui a pour objectif de promouvoir et soutenir les projets de la fondation Wikimedia en France : l’encyclopédie en ligne Wikipedia bien sûr, mais aussi la bibliothèque numérique Wikisource, les cours en ligne Wikiversity, les citations Wikiquote, le dictionnaire Wiktionary, etc.

ActuaLitté : Aujourd'hui, l'encyclopédie en ligne est un objectif pour chaque éditeur, quels sont les avantages de Wikipédia sur les autres ?

Alexandre Moatti : Wikipedia est le seul site d’accès à la connaissance parmi les dix sites les plus visités au monde, avec plus de 10 millions d'articles : il faut se réjouir de cette formidable réussite. Aucun site d’encyclopédie commerciale n’atteindra une telle audience. La bataille, si bataille il y a eu, est déjà gagnée : mais gardons-nous de tout triomphalisme, et expliquons inlassablement notre démarche. Je soulignerai pour ma part un avantage parmi les nombreux que présente Wikipedia par rapport aux encyclopédies traditionnelles, fussent-elles en ligne, c’est celui de la pluralité d’auteurs.

« Aucun site d’encyclopédie commerciale n’atteindra une telle audience. »

On a tendance à la surestimer pour un article Wikipedia donné, elle constitue néanmoins un avantage, par rapport aux articles d’encyclopédie traditionnels écrits par un seul auteur. En matière de sciences par exemple, à peine un article sur 20 peut donner lieu à points de vue divers (un article sur les « nombres de Liouville » en mathématiques ne prêtera pas à discussion !). Le point de vue dominant y occupe la place dominante, c’est bien ainsi, mais c’est bien aussi que le lecteur ait une idée des autres points de vue, présentés comme point de vue minoritaire. C’est une manière qui est donnée à l’internaute de forger son jugement, d’aiguiser son raisonnement, ce qui s’apparente à une démarche d’investigation scientifique.

De la même manière que, pour un contributeur, les débats qui existent (qu’on peut lire en toute transparence dans les « pages de discussion ») constituent une école d’écoute et de respect de l’opinion d’autrui, avec ses nuances, l’article Wikipedia est une école d’entraînement à la démarche et au raisonnement scientifiques pour l’internaute lecteur.

« Il y a ainsi plusieurs niveaux possibles pour acquérir des connaissances sur un concept. »

ActuaLitté : Quelle concurrence peut-il exister entre une encyclopédie gratuite et des solutions payantes ?

Alexandre Moatti : Encore une fois, il ne me semble pas Wikipedia et les encyclopédies payantes jouent dans la même catégorie. Pour Wikipedia, c’est un mouvement mondial qui s’est développé, à comparer avec le développement du réseau Internet. Forte de 650 000 articles en français, Wikipedia offre une granularité à laquelle ne peut prétendre une encyclopédie traditionnelle. Cette granularité, c’est la possibilité de trouver des articles que vous ne trouverez jamais sur une encyclopédie traditionnelle, et des articles qui sont néanmoins utiles. Cette granularité, c’est aussi la possibilité d’approfondir certaines notions : tout en restant dans le même concept, on peut l’aborder de manière beaucoup plus fine en se reportant à des articles connexes. Il y a ainsi plusieurs niveaux possibles pour acquérir des connaissances sur un concept.

ActuaLitté : Renouvellerez-vous des initiatives comme la vente d'un CD ?

Alexandre Moatti : Le Cd-rom Wikipedia en français, comme il s’est fait en plusieurs langues, est à destination de publics, en France ou en Afrique ou en Asie, qui n’ont pas accès régulier à Internet. Il constitue une base encyclopédique solide, cela dit ce n’est pas le projet principal porté par Wikimedia.

ActuaLitté : La récente annonce d'un don de 3 millions $ a fait la Une des journaux. Comment cette somme pourrait-elle être utilisée ?

Alexandre Moatti : La Fondation américaine Alfred Sloan, fondation de mécénat du nom d’un ancien dirigeant de General Motors, a annoncé fin mars qu’elle allait doter la fondation Wikimedia de 3 millions de dollars. Ce soutien vient s’ajouter aux dons individuels reçus régulièrement, et qui assurent le fonctionnement annuel de Wikimedia au niveau mondial pour 4,7 millions de dollars : il montre le soutien et la confiance que des institutions apportent aux projets de Wikimedia. Ce don exceptionnel, le premier d’une telle ampleur, permettra de conforter le fonctionnement de la fondation.
ActuaLitté : On critique le système de libre contribution sur l'encyclopédie : quelles mesures seront prises pour améliorer la fiabilité ?

Alexandre Moatti : Le système repose sur la validation permanente du contenu par les contributeurs et les visiteurs. En cas de conflit, c'est la pertinence et la solidité de l'argumentation qui doit primer. Environ 3 000 contributeurs actifs suivent chacun 200 à 300 pages en moyenne : ainsi les articles importants (disons par exemple un article qu’on trouverait dans une encyclopédie traditionnelle ; par exemple Newton, la relativité, Arago, le théorème de Fermat), comme d’autres articles de moindre notoriété sont suivis par cinq à dix contributeurs actifs qui ne laissent pas passer de vandalisme ou de données approximatives.

Par ailleurs, des scientifiques de référence dans leur domaine, notamment en astrophysique, en mathématiques, ou en histoire des sciences, participent en tant que contributeurs ; nous réfléchissons à la façon dont le soutien et la participation de la communauté scientifique à Wikipedia pourraient être mieux connus, une sorte de « coming-out » des scientifiques soutenant ou contribuant activement à Wikipedia..

« Soit, tout en critiquant Wikipedia, ils s’en servent – donc doit exister une forme d’utilité pour eux ;
soit ils ne l’utilisent pas – dans ce cas, sur quelles bases repose leur critique ? »

Enfin, la démarche critique de certains vis-à-vis de Wikipedia mérite d’être décortiquée : soit, tout en critiquant Wikipedia, ils s’en servent – donc doit exister une forme d’utilité pour eux ; soit ils ne l’utilisent pas – dans ce cas, sur quelles bases repose leur critique ? S’il y a une étude sociologique des usages wikipediens à faire (et de telles études existent), il y a à n’en pas douter une analyse – au sens freudien – des rumeurs et du comportement anti-Wikipedia, moins représentative, mais bénéficiant encore d’une caisse de résonance.

ActuaLitté : En vue d'améliorer la qualité des articles en général, que faire contre les entrées presque vides ? On reproche également à nombre d'articles français de n'être que des reprises/ traductions d'articles anglophones, qu'en pensez-vous ?

Alexandre Moatti : La qualité ne se mesure pas forcément à la quantité ! Les articles quasi vides concernent des sujets moins intéressants que d’autres. Et la connaissance, même traduite de l’anglais, apporte un plus : la science, elle aussi, est internationale et s’écrit souvent en anglais…

ActuaLitté : Que penser d'une initiative comme Conservapedia ?

Alexandre Moatti : Wikipedia – qui respecte un principe de neutralité – et les autres projets Wikimedia sont connus et en nombre limité. Ils n’ont rien à voir avec d’autres contenus dont le seul point commun est d’utiliser la technologie « wiki », c'est-à-dire la possibilité de modifier le contenu en temps réel (« wiki » signifie « vite » en langage hawaïen). La technologie wiki, comme les technologies de CMS (Content Management System) utilisées par les plateformes de blogs, peut être utilisée par n’importe qui. Il convient de ne pas mélanger les choses, et d’ailleurs les internautes ne les mélangent pas. Remarquons au passage qu’il n’existe pas de version francophone de Conservapedia – ce n’est pas un mouvement mondial.

ActuaLitté : Jimmy Wales a été plusieurs fois la cible d'attaques, l'une pour des retouches sur sa biographie, l'autre pour des pots-de-vin qu'il aurait touchés. Comment Wikipedia peut inspirer confiance, avec à la base de son fonctionnement, de tels éléments ?

Alexandre Moatti : Je fais partie d’une deuxième génération de wikipediens (2005, à comparer à 2001 pour la première !) qui connaît peu l’histoire de Wikipedia et de ses fondateurs, et ne s’en porte pas moins bien. En dehors du fait que ces attaques sont, là aussi, infondées, constatons que le succès des projets a largement dépassé le fondateur. Wikipedia est maintenant un bien commun de l’humanité, la personnalité de son fondateur n’est plus déterminante : créditons-le d’avoir su développer cette idée de génie !

« Savoir que Wikipedia existe donne confiance en l’avenir de l’humanité ! »

ActuaLitté : Quand on regarde à l'horizon, avec tout ce que le net peut comporter d'imprévisible, quels sont les projets à court terme ? Et sur 5 ans ? 10 ans ?

Alexandre Moatti : Les objectifs pour le projet mondial Wikipedia pourraient être : une meilleure compréhension du projet lui-même parmi nos concitoyens ; une implication plus grande encore de la communauté scientifique dans la rédaction des articles ; une meilleure connaissance par tous les internautes de la contribution des scientifiques à Wikipedia ; une implication plus forte du monde de l’entreprise et de ses ingénieurs dans la rédaction des articles techniques ; une pédagogie plus intensive sur la notion de contenus libres de droits, notamment pour les images et les photographies, et notamment dans certains organismes publics qui, paradoxalement, pratiquent une forme de rétention de contenus patrimoniaux.

ActuaLitté : Et personnellement qu'attendez-vous de votre poste à Wiki ?

Alexandre Moatti : J’ai des fonctions professionnelles et paraprofessionnelles par ailleurs, notamment dans le domaine de la diffusion de la culture scientifique, ce qui de fait m’a amené à Wikipedia. Mais j’ai souhaité m’investir dans l’association française, car je considère que c’est un engagement citoyen, comme tout engagement associatif, que de soutenir, promouvoir et lever les incompréhensions sur ce beau projet, ou plutôt cette belle réalisation toujours en marche. Savoir que Wikipedia existe donne confiance en l’avenir de l’humanité !

ActuaLitté : Merci beaucoup pour vos réponses.

Alexandre Moatti : C'est un plaisir.
]]>
http://www.actualitte.com/dossiers/148-Alexandre-Maotti-wikimedia-wikipedia-encyclopedie.htm http://www.actualitte.com/dossiers/148-Alexandre-Maotti-wikimedia-wikipedia-encyclopedie.htm clements@actualitte.com (Clément S.) Dossiers Wed, 14 May 2008 11:00:00 +0200