Actualitté - Une page de caractère http://www.actualitte.com Les dossiers - Actualitté - Une page de caractère fr Copyright 2010 Actualitte. Tous droits réservés. contact@actualitte.com (contact actualitte) contact@actualitte.com(contact actualitte) Fri, 12 Dec 2009 13:52:35 +0200 http://www.actualitte.com/gfx/logo88x31.gif Actualitté - Une page de caractère http://www.actualitte.com 88 31 Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas Ce matin, la radio annonce que pour la première fois depuis dix ans, on franchit à nouveau la barre des dix pour cent de chômeurs. Un tiers, soit un million, des personnes qui vont perdre l’indemnisation de Pôle Emploi ne toucheront plus aucune allocation à titre individuel.

À côté de la sécheresse de ces chiffres qui s’ajoute à la litanie des chiffres catastrophiques qui nous assaillent tous les matins, nous submergent et finissent par nous anesthésier, on peut choisir de lire le très émouvant livre, témoignage, reportage de Florence Aubenas, au titre si poétique : Le quai de Ouistreham.

Florence Aubenas, journaliste bien connue du Nouvel Observateur, dont le portrait a été affiché en quinze mètres sur quinze pendant les cinq mois de sa captivité en Irak, a décidé qu’un récit valait mieux qu’un reportage. Au cours d’un entretien lors d’une émission de la Grande Librairie de France 5 (toujours consultable dans les archives en ligne de l’émission), la journaliste faisait l’aveu de la limite des articles et des reportages auprès du public saturé d’information. Elle disait que, par exemple, le film d’Audiard, le Prophète, avait fait beaucoup plus pour la dénonciation des conditions de détention en prison que les milliers de mots qu’elle avait pu aligner dans ses articles.

Forte de cette conviction, Florence Aubenas a pris la décision de se mettre dans la peau des travailleuses précaires. Incognito, elle s’inscrit au Pôle Emploi de Caen, annonce un bac en poche et une absence complète d’expérience professionnelle après vingt ans passés auprès d’un compagnon qui l’a subitement quittée. Nous suivons donc son parcours de demandeuse d’emploi dans le monde kafkaïen et grotesque de Pôle Emploi motivé par la seule consigne : faire baisser les chiffres du chômage et qui n’hésite pas, pour ce faire, à convoquer les demandeurs d’emploi à des réunions ridicules, sachant que statistiquement une partie d’entre eux ne se rendront pas à la convocation et seront donc radiés.

Décrochant des heures de ménages auprès de sociétés de nettoyage qui n’hésitent pas à vendre des contrats d’une heure pour des travaux qui en nécessitent le triple, sachant que c’est la travailleuse qui, craignant de perdre cet unique contrat, n’hésitera pas à consacrer tout ce temps, non payé, à la réalisation de cette tâche harassante, Florence Aubenas nous emmène avec elle au cours de ces six mois de la vie d’une femme. À la fin des missions, ne sentant plus ses bras, la tête lourde, humiliée et aliénée par ces emplois précaires, Florence Aubenas partage la vie, les rires, les douleurs et les souffrances de ces femmes sans voix, invisibles, aux aguets.

Il est impératif de lire ce livre pour mesurer un tant soit peu la vie de ces hommes et de ces femmes que l’on côtoie tous les jours et que l'on ne voit pas. Florence Aubenas a le très grand mérite d’avoir su nous rendre concrets ces moments minuscules qui font une vie : l’attente des appels des employeurs, les entretiens de recrutement humiliants, les visites au supermarché, les manifestations, les moments d’échange avec d’anciennes militantes de l’époque où les syndicats relayaient (partiellement) la voix de ces travailleurs.

En contrepoint, le récit rappelle l’époque de la gloire industrielle de Caen, dont les usines les unes après les autres se sont vidées, ont été détruites. Moulinex, la SMN (Société Métallurgique de Normandie)…

On termine ce livre le cœur gros. On a envie de continuer à suivre ces femmes, Marilou, Françoise et les autres. Mais certaines disparaissent d’un jour à l’autre quand il est devenu évident que ce travail qui garde ici son sens étymologique de tripalium, instrument de torture, ne vaut pas la peine et la souffrance que l’on y met. Toujours loin de la jérémiade et de la plainte, le récit se termine par une très belle scène d’amitié qui, on l'espère pour Florence et pour Marguerite, pourra continuer à vivre, au-delà de cette frontière abyssale qui sépare une journaliste parisienne d’une travailleuse précaire caennaise.

Retrouvez Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas, en librairie
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Big fan, Radiohead, la fin du monde et moi de Fabrice Colin Vous ne rêvez pas du futur album de Radiohead ? Vous n'avez pas écouté 1111 fois Idiotheque ? Vous êtes en danger. Bill Madlock était un big fanatique. Convaincu que « Radiohead jouait pour sauver le monde » (p.216) et que Thom Yorke est un prophète. Celui que l'on surnommait « gros tas », « gros lard », « Hippo » ou encore « Gros Bill », est un solitaire qui s'est projeté dans un culte sans borne pour le quintet de Thom Yorke.

Dans Big Fan, 3 histoires se chevauchent. Il s'agit de la biographie du groupe Radiohead, formation rock alternative incontournable aux 30 millions d'albums vendus, de lettres de Bill Madlock adressées à Fabrice Colin, une des rares personnes (en dehors d'irréductibles écumant les forums dédiés à Radiohead sur lesquels l'auteur a pris connaissance du cas Madlock) à s'être focalisée sur Bill Madlock.

Ce dernier avait tiré deux balles au dessus de la foule lors d'un concert de Radiohead le 25 juin 2008 au Victoria Park de Londres. Il pensait que la police du Karma menaçait même Thome Yorke et les siens et a grièvement blessé une personne. Madlock a été interné en psychiatrie, à Grendon. Un troisième récit reconstitue donc logiquement l'itinéraire de Bill Madlock. Big Fan contient une postface de Fabrice Colin, particulièrement éclairante et bienvenue.

Le discours de Bill Madlock est ahurissant. D'ailleurs, Fabrice Colin est légitimement bien incapable d'expliquer la naissance d'une telle folie : Peut-être que Madlock n'a pas pardonné à sa mère d'être une adepte des Beatles. Sans doute a-t-il perçu un écho aux romans apocalyptiques qui peuplaient ses phantasmes de fins du monde dans les textes de Radiohead. Incapable du moindre discernement, Bill Madlock aurait très bien pu porter son attention sur Public Enemy ou sur Chantal Goya, les interprétations tirées de ses écoutes, auraient donné un résultat tout aussi surprenant. « Thom Yorke est le fils caché de George Orwell, de Franz Kafka, de William Burroughs et de Jim Morrisson, chers amis. Transcrite en alphabet morse, la ligne de batterie de Reckoner diffuse un message d'une étonnante clarté, enjoignant tous les Tories d'Angleterre à un suicide de masse. » (p.164)

A cet égard le rapprochement de 1984 d'Orwell et de la chanson Karma Police constitue le matériau de base sur lequel Bill Madlock a édifié des théories exclusives, aussi abracadabrantes qu'irréfutables. Buvant les paroles de Radiohead, vivant au rythme de la musique du groupe originaire d'Abingdon, le décès de sa compagne Karen, elle-même amante de Radiohead, a consolidé l'univers clos habité par Madlock. Il a ainsi assemblé un magma de fabulation rendant la lecture de Big Fan aussi effrayante qu'un tueur en série lâché dans un supermarché, un samedi après-midi.

La biographie de Radiohead rédigée par Colin conserve les annotations apportées par Bill Madlock. Ainsi on peut lire, entre autres : « Ne continue pas à lire ce livre. N'essaie pas de le publier. C'est mon avis, mec. Tu donnes du groupe une image faussée : une image bourgeoise, coincée, hésitante. […] Si c'est pour écrire de telles inepties, tu peux tout aussi bien te lancer en politique ou devenir testeur de somnifères. Vous êtes vivants et je suis mort, ce genre. » (p.136) Ceux qui connaissent bien l'histoire de Radiohead ne trouveront pas forcément de révélations fracassantes dans cette biographie. D'autant plus que la biographie s'arrête à Kid A. Serais-je d'accord avec Bill Madlock ? Est-ce grave docteur ?

L'auteur de Dreamericana et de Sayonara Baby livre avec ce Big Fan une écriture racée, parfaitement maîtrisée qui se paie même le luxe d'une biographie de Radiohead bourrée de clichés journalistiques n'ayant pas échappés à Madlock ! Big Fun ! Sous la plume de Fabrice Colin, Bill Madlock a assurément des airs de Patrick Bateman. Parfois, il nous terrifie autant que Jack Torrance ! Difficile de croire que Radiohead est derrière tout ça.
Retrouvez Big fan ; radiohead, la fin du monde et moi de Fabrice Colin en librairie
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Le retour de Mary Poppins, de Pamela Lyndon Travers Elle avait disparu depuis plus de quarante ans, emportée par le vent d’Ouest cinématographique. Il ne nous restait que sa légende figée dans le sourire de Julie Andrews. Mais elle est de retour. Qui ça, «elle» ? Mais Mary Poppins bien sûr !

Le fait est curieusement méconnu en France, mais le Mary Poppins de 1964 ne fait pas exception aux grands succès de la Walt Disney Company : il est l’adaptation d’un roman. Mieux encore, ce roman a une suite et elle est truculente.

Dans l’ouvrage comme à l’écran, Mary Poppins avait disparu au milieu d’un vol de cerfs-volants. Durant son absence rien ne va plus de nouveau chez les Banks et la panique règne en maître : le moment opportun pour notre nounou préférée de réapparaître.

Fidèle au premier opus, ce retour entraînera une suite ininterrompue d’aventures fantastiques, où, dans le désordre, un nouveau-né converse avec les oiseaux, le soleil est directeur de cirque, le printemps s’installe comme un décor de théâtre, un compotier devient un inquiétant terrain de jeux...

Si on retrouve l’ensemble des personnages familiers, de Bert à l’amiral Boom, en passant par Ellen, on y découvre également John et Barbara, les jumeaux cadets de Jane et Michael occultés par les scénaristes de Disney. Leur place dans l’ouvrage est cependant assez modeste.

Plus délirantes, mais aussi plus crues, les histoires du roman révèlent une Mary Poppins bien plus imparfaite que sa version cinéma. Sa mauvaise foi est parfois davantage extraordinaire que ses aventures (c’est dire), elle est terriblement coquette, vaniteuse et quelque peu lunatique.

Reste que la plume de Pamela Lyndon Travers est véritablement enchanteresse. Chaque morceau de ce livre est un petit bijou de poésie débordant d’imagination et de sensibilité. Pour petits ou grands, le 17 allée des Cerisiers reste un lieu de sublime évasion où même la maison s’inquiète en cas de calme persistant.

Pourquoi aura-t-il fallut attendre 2010 pour une traduction de ce second tome paru à Londres en 1935 (1934 pour le premier), et quid des 4 tomes qui suivent ? Mystère d’édition dont on laissera aux adultes le soin de la résolution. Quant à nous, gens raisonnables, rejoignons plutôt Mary Poppins tourbillonnante entre les étoiles.

Retrouvez Le retour de Mary Poppins, Pamela Lyndon Travers
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http://www.actualitte.com/dossiers/855-Mary-Poppins-Pamela-Lyndon-Travers.htm http://www.actualitte.com/dossiers/855-Mary-Poppins-Pamela-Lyndon-Travers.htm contact@actualitte.com (Adrien Aszerman) Dossiers Wed, 10 Mar 2010 10:00:00 +0100
La nuit du Vojd, Hervé Bel On dit toujours que pour réussir à capter l’attention pour un premier roman, il faut un titre qui soit Le/La xxx de/du/de la xxx. Hervé Bel vient d’ajouter sa pierre à cet édifice, à l’architecture soviétique, façon années goulag. Mais pas que. Parce qu’il développe un récit corrosif sur l’extermination de la pensée personnelle, et de toute forme d’individualisme, option asservissement volontaire à une figure paternaliste à laquelle toute une horde de fonctionnaires se voue : le Vojd.

L’histoire d’Ivan Zamiatine pourrait être celle de tout jeune diplômé d’une école qui va l’embarquer pour une carrière de cadre supérieur, avec pour mission la surveillance des activités de la société. Et surtout l’identification des personnes qui lui nuisent. Que ce soit par manque de conviction (d’aveuglement ?) ou plus généralement, de par un travail quotidien qui freine le développement. Ce sera justement la première mission d’Ivan, qui sera sous la responsabilité de V.

Une mission simple : un certain Grossman est d’ores et déjà accusé de saloper le travail dans l’usine dont il a la responsabilit
é. Pour V et Ivan, il suffit de se rendre sur place et de trouver les preuves. De toute manière, Grossman finira bien par avouer tôt ou tard. Et s’il ne le fait pas, ses collaborateurs et inférieurs hiérarchiques s’en chargeront. Quand on peut briller auprès des inspecteurs, le désir de séduire et de se rendre utile amène à raconter tout ce que l’on sait.

Ivan n’est pas dupe : ce travail, son père l’a effectué avant lui, il a travaillé pour le Vojd. Lui est différent. Il a gardé son sens critique. Il différencie le bien du mal, le travail du personnel. Ce qui est le plus beau avec les convictions, c’est qu’elles parviennent à nous aveugler au point qu’on les oublie. Pour devenir exactement, précisément, ce que nos supérieurs attendent. Et suivre les ruses qu’ils ont déjà ourdies pour que l’on se précipite dans la fosse aux lions…

C'est le 5 mars 1953 que l'authentique Vojd est mort. Un terme que l'on peut rapprocher de Fürher ou Duce. Et qui en avait tous les attributs despotiques. Le Vojd, c'était Staline. Et si celui du livre d’Hervé gouverne l’Organisation, sorte de caste de surveillants dédiés corps et âme, les rapprochements ne manqueront pas. D’ailleurs, le processus de déshumanisation d’Ivan ne trompe personne : un lavage de cerveau en bonne et due forme, et vous transformez toute personne auparavant douée d’un semblant de sens moral en futur bourreau qui ferait tout pour plaire à son maître. Ou son Guide. C’est là le sens fort de Vojd.

Virgile fut celui de Dante dans son périple à travers les cercles de l’Enfer : Ivan possède lui deux guides, V. dont il tentera à tout prix d’obtenir des compliments, des signes de satisfaction à l’égard de son travail. Et au-dessus, règne le Vojd. Le Big Brother omniscient, omnipotent que seuls quelques élus connaissent et fréquentent. Mais qui fascine et contraint, de sa seule image – et des légendes dont il s’est auréolé.

Cette nuit n’a pas qu’une filiation directe avec des 1984 et consorts, elle exploite, dans un décor soviétique (ou presque) une nouvelle fois les principes évoqués par La Boétie dans son Discours sur la servitude volontaire, le fameux Contr’Un. Et Hervé Bel tire largement les enseignements de cette terrible sentence : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » Et dans son livre, la démonstration est formelle : l’alternative dominant-dominé puise son implacable force de ce que justement le monde de l’industrie nous incite à nous mettre à genoux devant des tyrans parfois plus que volatils.

La force de l’habitude nous fait aimer nos chaînes. On n’accorde jamais plus de pouvoirs à ceux que l’on admire sans en connaître les raisons. La nuit du Vojd ne se revendique pas comme un bête texte argumentatif sur ces thèmes. Ce roman est à l'image de ce que voulait dire Stendhal, un miroir que l’on promène au bord du chemin.

Un très bon miroir...

Retrouvez La nuit du Vojd de Hervé Bel en librairie
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http://www.actualitte.com/dossiers/854-nuit-Vojd-Herve-Bel-despote.htm http://www.actualitte.com/dossiers/854-nuit-Vojd-Herve-Bel-despote.htm ng@actualitte.com (Nicolas Gary) Dossiers Tue, 09 Mar 2010 10:00:00 +0100
Le Bureau vide, Frank De Bondt « Mon père n’a aucun respect pour ces cadres incultes qui n’ont que l’argent à la bouche. Il préfère les livres ». Le Bureau vide est un ouvrage mordant, en ces temps de crise où le capitalisme sauvage, pourtant donné moribond par certains politiques, continue de produire ses petits.

Marc Deleuze, Directeur des ressources humaines de la Maison (multinationale dont on ignore la spécialité) est mis un beau matin et sans préavis au placard. En 24 heures son bureau est vidé, sa porte déposée, sa personne ignorée. Loin de se laisser abattre en donnant sa démission, le narrateur décide de continuer à occuper les lieux, faisant de la moquette de son bureau un quartier général de résistance.

Disons le tout net : l’exercice de style auquel s’adonne l’auteur est périlleux. Le sujet ayant déjà été traité à moult reprises, tant en littérature qu’au cinéma, on tourne les premières pages l’oeil critique, guettant les éventuels lieux communs, les fautes de styles, les lacunes de l’intrigue. Mais de tous ces travers, nulle trace. L’écriture est vive et fluide, percutante et précise. Le récit est aussi rondement mené qu’il est finement conduit. Du PDG à la femme de ménage, chaque espèce de cette jungle est admirablement disséquée : Franck De Bondt s’en tire avec mention très honorable.

Il ne tait rien, traitant son sujet avec coeur et talent, rappelant la nature éphémère des responsabilités et de leurs privilèges afférents. La servilité des courtisans du pouvoir dans l’entreprise, qui oscillent sottement entre dévotion béate aux privilégiés et ignorance méprisante des désavoués.

Du suicidé, rayé consciencieusement des mémoires, car traître à l’entreprise, au paradoxe d’une société qui garde en ses murs un salarié sans l’occuper, Le Bureau vide dénonce l’hypocrisie maîtresse à tous les étages, le règne des connivents et des opportunistes.

Un cinquième roman réussi (et non troisième, comme l’affirme la quatrième de couverture), donc, dont on regrettera toutefois qu’il passe sous silence les causes pour ne s’attacher qu’aux effets. En ignorant l’analyse pour rester dans l’action, De Bondt ne pointe que le malaise sans aiguiller vers la remise en question. Une sorte de constat admirablement dressé, mais qui ne donne pas l’ombre d’une solution : peut-être pas assez d’acide pour dissiper le coton.

Retrouvez Un bureau vide de Frank De Bondt, en librairie
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http://www.actualitte.com/dossiers/835-bureau-vide-frank-Bondt-entreprise.htm http://www.actualitte.com/dossiers/835-bureau-vide-frank-Bondt-entreprise.htm contact@actualitte.com (Adrien Aszerman) Dossiers Mon, 08 Mar 2010 10:00:00 +0100