La Barricade de livres : de la Commune de Paris aux livres
18 mars 1871, à Paris et dans d’autres villes de France, commence ce que Karl Marx qualifiera de première insurrection prolétarienne : la Commune (voire l’article de Wikipédia pour se rafraîchir la mémoire).

Près de 130 ans plus tard, un groupe d’irréductibles libraires de l’Est parisien souhaite remettre un peu d’ambiance dans le XXe arrondissement, et tout particulièrement place Gambetta, sur le parvis de la mairie. En choisissant cet endroit, situé non loin du cimetière du Père Lachaise, c’est en effet un hommage rendu aux « lieux où se sont déroulés les derniers combats en mai 1871 pendant la semaine sanglante ». De 11 heures à 18 heures, différentes interventions étaient prévues pour rappeler cette période, mais également pour l’association de libraires Libr’Est, l’occasion de remplacer les pavés et les balles des enfants de la balle par des livres.


Une estrade est placée devant les portes de la mairie, et un attroupement s’est formé en hémicycle tout autour. Derrière eux, se dresse, sur une vingtaine de mètres de long, une barricade d’un genre assez inattendu ; dans des cartons, des livres. Le genre de slogan qui claque tout de même moins que sous les pavés la plage, mais enfin l’initiative a été suivie.

La barricade n’est pas agressive : elle s’élève sur 1,5 mètre environ, sur toute sa longueur et mesure peut-être 80 centimètres d’épaisseur. Pêle-mêle, on y trouve tous les livres que les émeutiers sont venus déposer. Et aux émeutiers se mélangent les badauds, pour certains circonspects. Mauricette, 63 ans, retraitée et souriante, nous explique : « C’est bien que les jeunes fassent des choses comme ça. La fille m’a dit que c’était pour envoyer les livres dans des pays d’Afrique, et qu’ils forment des gens aussi. Bravo, c’est très intelligent. »


La fille, c’est Anna, membre de l’association Bibliothèques sans frontières . Crée depuis un an, elle a été contactée par Libr’Est pour venir récupérer les livres, à la fin de la journée, mais cela n’en restera pas là. « Nous allons monter un partenariat sur l’année, avec eux et d’autres librairies, probablement. C’était notre premier contact avec des librairies de quartiers, mais on reproduira l’événement », se réjouit-elle.


Leur mission première est de soutenir l’accès au savoir partout dans le monde. Et l’UNESCO, reconnaissant là une intention des plus appréciables, ne s’y est pas trompé, puisque l’association a reçu son soutien pour une prochaine mission destinée à archiver et créer un centre d’accès à la culture Téké, à Mbé, au Congo Brazzaville.


Rédigé par Nicolas.G / AuréHylien, le lundi 19 mai 2008
Editeur : N/A

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