
On le sait, cette fameuse affaire dite du SMS envoyée ou non à Cécilia, qui aura répondu, ou pas, a fait couler beaucoup d’encre. Mais une telle effervescence journalistique pouvait –elle ne pas intéresser les éditeurs ? Et s’il y a de quoi faire grincer des dents, reste que la parodie politique, à défaut
des livres politiques eux-mêmes, gardent pignon sur rue dans les étals des libraires.
Danger Public s’est également offert son petit livre sur les SMS présidentiels et le livre nous est tombé dans les mains comme un saint sacrement tombe dans celles d’un enfant de chœur.
Jauger de la qualité d’un tel livre, c’est avant tout répondre à la question : est-ce drôle ? Un point délicat, qui nécessiterait d’évaluer, avec Desproges, si l’on peut rire de tout. Mais comme il le dit lui-même, oui, on peut rire de tout. Alors, concluons non sans brio que le livre, oui, est drôle.
D’ailleurs, en plus des pointes qui font souvent mouche, le livre ne manque pas d’à propos concernant l’actualité des boulettes et autres méprises gouvernementales en général, et présidentielles en particulier.
Mettant en scène les différents acteurs qui gravitent dans le champ d’activité de notre Roi Soleil de président, ça fait mouche régulièrement.
Concrètement, sur chaque page, on trouve un petit SMS, avec un destinataire célèbre et un expéditeur fameux. Et entre deux, on se régale d’une illustration de Stéphane Neildhardt, qui a réalisé quelques modèles de téléphones portables pour donner une impression plus sympa de réalité. Sauf que bien entendu, «
ces SMS n’ont ÉVIDEMMENT jamais existé ». Mon œil, oui, y’en a certains qui sont super réalistes pour de la fiction.
Ce Stéphen Ribeiro, qui se dit le prétendu auteur des SMS recueillis dans le livre a plutôt le profil de la taupe rudement bien infiltrée et prête à tout pour vendre du scandale et traîner dans la boue les personnalités les plus éminentes du star système politique.
Reste qu’il manque tout de même des acteurs de premier ordre, et que quitte à publier les textos que Bigar envoie au président, autant y ajouter ceux de Delanoé, Lang ou Bayrou. Et de Benoît XVI, Paco Rabanne et Laëtitia…
En somme un petit livre sympa, qu’on offre pour se marrer, et qui ne manquera pas de faire son petit effet.
À ce titre, on appréciera encore plus la dédicace : «
Et un grand merci à Ségolène Royal pour avoir perdu les élections et sans qui ce livre n’aurait jamais pu exister. »
Pourquoi ? Elle envoie pas de texto, Ségo ?