Lignes d'Horizons, ou quand les prix littéraires ont une âme

Rédigé par Mimiche, le samedi 22 novembre 2008 à 16h07

Ce sont des créateurs, des artistes qui ont atterri dans l’édition comme d’autres atterriraient en peinture. Ces « martiens » sont venus à l’édition par les chemins détournés d’une mise au chômage ou d’une licence d’Histoire ! Depuis quelques années, ils tissent un réseau, une toile dans laquelle de nombreux auteurs aimeraient bien être pris. Mais ils sont exigeants, les bougres !

 

Ce sont des artisans qui croient à la beauté de l’objet et à son rapport avec le lecteur (« L’éditeur est responsable de l’aspect du Livre : l’auteur sait écrire, mais sait-il peindre pour faire une couverture ? »), qui ont une approche sensorielle du Livre (« Je ne crois pas au livre numérique (…) : avec le livre, il y a un rapport carné ! Il faut le corner. ») et un profond respect de la langue et du lecteur (« Les coquilles sont insupportables »).
 

« L’éditeur est responsable de l’aspect du Livre :
l’auteur sait écrire, mais sait-il peindre pour faire une couverture ? 
»

 

Ce sont des êtres de conviction qui publient ce qu’ils aiment, laissent très peu de place à la mode dans leur catalogue et ne reculent pas devant des livres « difficiles » : qui aujourd’hui ose réellement éditer de la Poésie ? Des êtres qui créent des relations fortes et personnelles avec leurs auteurs (« Même si cela s’avère parfois compliqué avec les écrivains du XVe siècle » !!!…). Mais ce sont aussi des hommes qui louent les talents des traducteurs avec lesquels ils travaillent et qu’ils considèrent comme des écrivains eux-mêmes quand ils s’attaquent à la « version » (au sens de traduction) d’une poésie portugaise contemporaine ou d’un texte du Moyen Âge.

 

Finalement, celui qui en aura dit le moins (et qui le revendiquait ouvertement, comme il revendiquait la mise en page de son livre d’où était absente toute séparation en paragraphe, ce qui a beaucoup interpellé les lecteurs), c’est Jean Paul CHABRIER qui considérait n’avoir rien à ajouter une fois posé le point final de « Vers le Nord » ! Après « deux années pleines » d’écriture, n’avait-il pas épuisé le sujet ou, en tous cas, écrit tout ce qu’il avait à dire ?! 

 

Les échanges avec les lecteurs se sont longuement poursuivis et auraient duré bien plus encore tant il y avait à échanger.

 
Le grand gagnant est : ....
 
Danièle GAY remet à Charles-Henri LAVIELLE le « Prix Lignes d’Horizons 2008 »

Finalement, Danièle GAY a présenté les résultats du vote des lecteurs. Ceux-ci (37 votes validés au total, ce qui n’est quand même pas rien !) ont donné leur préférence au « Secret de Caspar Jacobi » d’Alberto ONGARO (qui collaboré avec Hugo PRATT pour la BD de Corto Maltese) et c’est Charles-Henri LAVIELLE qui a reçu symboliquement des mains de Danièle le trophée revenant à « Anacharsis » : une « œuvre » originale autant qu’artisanale réalisée par un artisan saujonais, lui même lecteur !

 

La soirée s’est ensuite poursuivie autour de quelques amuse-bouche et un verre de l’amitié en poursuivant les échanges dans une conversation-brouhaha animée ! Danièle nous a promis qu’elle recommencerait l’année prochaine. Certainement avec d’autres idées tout autant originales. Rendez-vous est pris ! Mais, en tout cas, merci Danièle de nous avoir fait partager, après ces moments de lecture, ces instants de convivialité, de vous démener ainsi pour faire découvrir tant de belles choses.

 

Et bravo à tous les compétiteurs : il est heureux qu’ils aient une telle passion à partager.


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